Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Sur la place de l’archéologie à l’École biblique de Jérusalem

Jean-Jacques Perennès, op
15 juillet 2022
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Lecteur régulier de Terre Sainte magazine que j’apprécie beaucoup, j’ai été consterné de lire dans le numéro de mai-juin un texte de Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef, mettant en cause de manière simpliste et sans nuances les orientations de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem. Une vérification et un croisement de sources auraient permis d’éviter un texte aussi partisan et discutable.

Il eût été possible d’exprimer de la gratitude pour le travail très apprécié du frère Dominique-Marie Cabaret, voire de dire l’étonnement devant la décision de son départ, sans se lancer dans cette charge fort peu documentée sur un soi-disant abandon de l’archéologie à l’École.

Le Maître de l’Ordre dominicain est le Grand chancelier de l’École biblique : c’est lui qui nomme chacun des frères envoyés à Jérusalem et il n’a pas à justifier ses décisions, surtout lorsqu’elles sont prises après consultation de la communauté. Aucun de nous ne doit considérer qu’il est inamovible ; chacun doit être prêt à répondre à un autre service que l’Ordre peut lui demander.

Rien n’autorise à parler d’abandon de l’archéologie et de la francophonie ou d’“auto-sabordage”. Bien au contraire, nous venons de faire approuver par le Grand chancelier de l’École un plan stratégique pour les années à venir, dans lequel nous souhaitons mieux intégrer l’archéologie à la vie de l’École, promouvoir un dialogue avec les études bibliques et mettre en formation plusieurs frères dominicains aptes à prendre la relève dans les années à venir. Nous ne souhaitons pas aboutir à une situation où l’archéologie serait concentrée dans les mains d’un seul, à un moment où, partout, l’on travaille en équipe et en synergie avec les autres disciplines. Française par sa naissance, sa langue au quotidien, sa liturgie, ses partenariats, l’École – dominicaine -, est aussi internationale. En cela, nous sommes fidèles à notre vocation depuis les origines de l’Ordre : plutôt qu’une menace, c’est une richesse.

Faut-il dire, en terminant, combien nous tenons à nos liens avec la Custodie de Terre Sainte ? Nous avons à Jérusalem une très belle collaboration académique et fraternelle avec le Studium Biblicum Franciscanum. Nous savons gré au custode de Terre Sainte, le frère Francesco Patton, pour le soutien clair apporté à l’École biblique dans ce pénible épisode. Heureusement tout passe. “Allons de l’avant et pensons à notre Sauveur” disait saint Dominique. Pace e Bene…

Dernière mise à jour: 01/05/2024 11:55

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