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Souccot: une semaine dans une résidence temporaire

Terresainte.net
1 octobre 2012
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Souccot: une semaine dans une résidence temporaire
Dans Méa Shéarim, un juif ultra orthodoxe se cache de l'objectif derrière les rameaux de la fête ©Yonatan Sindel/Flash90

Après la solennité de Roch Hachana et de Yom Kippour, la fête de souccot, commencée hier soir au coucher du soleil, offre au peuple juif une semaine de fête « pour se réjouir ». Sur les balcons, les terrasses des immeubles, sur les trottoirs les juifs ont planté leur tente. Promenade à Méa Shearim.


(Jérusalem/c.d.) – Mea Shearim est en pause. C’est aujourd’hui le premier jour de la fête juive de Souccot. Comme pour shabbat, les boutiques de ce quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem sont fermées. Des barrières de police interdisent l’accès aux voitures. Habillés de noir et de blanc, de – nombreux – enfants jouent dans la rue. Pelisse dorée, schtreimel, papillotes, les hommes vaquent à leurs occupations. Les familles du quartier ont construit des cabanes sur leurs balcons : des cabanes provisoires couvertes de palmes ou de branchages. A l’intérieur, elles sont décorées. Les juifs les utilisent pour y prendre le repas, voire selon le temps y étudier et pour certains y dormir. Ceux qui n’ont pas de balcon construisent leur soukka sur les trottoirs ou les terrasses des immeubles.

Les hommes vont et viennent du mur des Lamentations. Ils portent à la main les « quatre espèces » : un rameau de saule, un de myrte, un de palme de dattier et un cédrat (fruit qui ressemble au citron). Tous les jours (sauf le jour du shabbat), les juifs les utilisent pour se réjouir. Ils les agitent dans chacune des directions cardinales, en haut et en bas. Ils symbolisent ainsi l’omniprésence de Dieu.

Dans la prière juive, Souccot est « l’époque des réjouissances ». Au temps du second Temple, les juifs venaient à Jérusalem célébrer la fin de la dernière récolte. Et la générosité de Dieu pour son peuple.

La fête des tentes est aussi le souvenir des « colonnes de gloire ». Pendant 40 ans, elles ont protégé le peuple hébreu des dangers et des austérités du désert. Les cabanes représentent cet abri offert par Dieu. Les juifs renouvellent ainsi l’expérience du peuple sorti d’Égypte. Ils fêtent la prévenance de leur Protecteur. Ils s’en remettent à Dieu pour leur donner les biens matériels dont ils ont besoin.

Depuis hier à la tombée de la nuit jusqu’à dimanche prochain : la fête durera 7 jours au total. Elle a lieu tous les ans le 15 du mois de tishrei (selon les années, en septembre ou octobre). La règle est donnée dans le Livre du Lévitique (23, 33) : « L’Eternel parla à Moïse en ces termes : {…} le quinzième jour de ce septième mois, ce sera la fête des cabanes en l’honneur de l’Eternel, pendant sept jours. Le premier jour, il y aura une convocation sainte, vous ne ferez aucune œuvre servile. » Aujourd’hui est un jour chômé en Israël. Dans la diaspora, le jour de fête chômé par les juifs se dédouble sur le lendemain.

Dans La Terre Sainte (1), le Père David Neuhaus revenait sur l’absence supposée de la fête de Souccot dans la tradition chrétienne. Il fait remarquer : « Il y a trois fêtes de pèlerinage centrales {dans la tradition biblique}. Deux {la Pâques et la Pentecôte} sont reprises explicitement dans le Nouveau Testament et reçoivent une nouvelle signification». Pour la fête des tentes, il faut aller chercher un peu plus loin : « La croix peut aussi être comparée à une tente. {…} La croix de Jésus offre la tente véritable pour qui se réfugie en elle, fuyant le péché, élevant le regard vers le Fils de l’homme qui est resté totalement obéissant à la volonté de son Père céleste ». La fête de Souccot se perpétuerait ainsi dans la tradition chrétienne par la fête de la Croix glorieuse (14 septembre).

(1) La Terre Sainte, numéro de Septembre Octobre 2010, p.278

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