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Le jour d’une Jérusalem unifiée… sur le papier

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9 mai 2013
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Le jour d’une Jérusalem unifiée… sur le papier
Porte de Damas, des jeunes sionistes religieux expriment leur vision de la ville - Photo © Yonatan Sindel/Flash90

Le « Jour de Jérusalem », durant lequel les Israéliens célèbrent la réunification de la ville après lors de la guerre des Six Jours en 1967, a rassemblé hier dans les rues de la ville des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart sionistes religieux.


(Jerusalem – c.d.) – Le « Jour de Jérusalem »,  durant lequel les Israéliens célèbrent la réunification de la ville après lors de la guerre des Six Jours en 1967, a rassemblé hier dans les rues de la ville des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart sionistes religieux. Alors que les discours officiels ont été prononcés à l’ouest de la ville en présence de Shimon Peres, le Président de l’Etat d’Israël, et de ministres, les participants, venus des quatre coins du pays, ont défilé, chanté et dansé en plusieurs cortèges convergeant vers le Mur des Lamentations. Des milliers de policiers avaient été déployés pour éviter les heurts avec la population palestinienne de la Vieille Ville.

Depuis le matin, au Mur des Lamentations, des groupes de jeunes sionistes religieux alternaient danses et prières. Sur leurs t-shirts, des dessins de la destruction du Dôme du Rocher ou diverses représentations du troisième Temple bâti à la place du lieu saint musulman. Ce troisième Temple est au cœur des préoccupations des fondamentalistes messianiques juifs.

L’interpellation dans les premières heures de la matinée du grand mufti de Jérusalem ajoutée aux provocations de certains groupes fit monter d’un cran colère et frustration chez les Palestiniens. Tandis que le grand mufti  était entendu pendant près de six heures par la police israélienne pour son implication supposée dans des altercations qui ont opposé fidèles musulmans et visiteurs juifs sur l’esplanade des mosquées plus tôt dans la semaine, la colère montait.

En fin d’après-midi, avec l’arrivée massive des cortèges à la Porte de Damas, une porte qui donne accès au quartier musulman de la ville, eurent lieu quelques échauffourées.

En prévision de cette journée, de ces démonstrations et des provocations habituelles, l’immense majorité des Palestiniens avaient déserté les abords de la ville. Quelques-uns néanmoins se présentèrent pour « donner le change ». Les barrières de la police israélienne, la confiscation des drapeaux palestiniens, les fouilles et les arrestations des plus virulents n’étaient pas de nature à calmer ces jeunes qui vivent comme une humiliation la « confiscation » de leur ville, de leurs symboles et de leurs droits.

En marge du défilé, une jeune femme semble pleurer. « Qu’y a-t-il marqué sur votre écriteau ? » « Jérusalem appartient à tous ses habitants » répond-elle dans un sourire gêné. La conversation s’arrête là. Elle n’est pas là pour parler aux étrangers mais pour entrer en conversation avec les jeunes qui défilent. Un autre explique en montrant les jeunes juifs qui ne cachent pas leur mépris des rares non-juifs qu’ils croisent : « Comment peut-on élever des enfants dans cet esprit ? Que vont-ils devenir ? ». Les Franciscains qui revenaient du Mont des Oliviers où ils venaient de célébrer l’Ascension ont fait mine d’ignorer les crachats sur leur passage.

Les participants à la « Journée de Jérusalem » ne représentent ni les amoureux de la ville, ni l’ensemble de la société israélienne. Mais leur influence grandit. Et leur racisme affiché fait peur.

Ce jour est prétendu célébrer une Jérusalem réunifiée… sur le papier.

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