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Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

La foi de Mathilde passe par la musique

Genève Rousseau
30 mai 2014
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La foi de Mathilde passe par la musique
Mathilde transmet sa passion de la musique aux jeunes Palestiniens.

Mathilde est une jeune française dans la petite trentaine qui travaille en Palestine. Elle travaille au Conservatoire Edward Saïd où elle transmet son amour pour la musique aux jeunes. Elle nous fait part de sa passion et nous raconte son expérience en tant que jeune musicienne en Palestine.


Mathilde est une jeune française dans la petite trentaine qui travaille en Palestine. Elle travaille au Conservatoire Edward Saïd où elle transmet son amour pour la musique aux jeunes. Elle nous fait part de sa passion et nous raconte son expérience en tant que jeune musicienne en Palestine.

Mathilde, quels sont tes loisirs? Qu’est-ce que tu aimes faire quand tu ne travailles pas?

En Palestine? En Palestine il n’y a pas de temps libre. Je suis musicienne. Je travaille comme professeure au conservatoire cinq jours par semaine et les jours libres sont consacrés à des répétitions, des concerts. Mais comme musicienne, ça fait partie de la vie. En dehors de la musique, qui est autant mon travail que mon loisir, j’aime apprendre l’Arabe

D’où viennent tes amis? Te ressemblent-ils?

Ici en Palestine je passe beaucoup de temps avec mes collègues du conservatoire. Ils sont internationaux et palestiniens. Tous mes amis sont plus ou moins liés à la musique ou à l’art. C’est comme ça qu’on se rencontre. Ils me ressemblent beaucoup car ils sont en Palestine pour la même raison que moi: pour enseigner la musique, pour jouer, pour montrer qu’il y a une vie culturelle et musicale en Palestine, pour défendre les droits des Palestiniens. On a une volonté commune de travailler, de jouer, de monter des concerts et des projets musicaux, de faire vivre le Conservatoire National de Palestine.

T’intéresses-tu à l’actualité? Quels sujets de préoccupent le plus en ce moment?

Je ne suis pas énormément l’actualité, mais en habitant ici on ne peut pas passer à côté. Tous les jours il y a des événements qui nous touchent, qui touchent notre entourage, des événements dont nous voulons parler. Donc je me sens plus engagée, mais d’une manière locale parce que j’habite ici.

As-tu une religion? Si oui, quelle place prend-elle dans ta vie quotidienne?

Ma famille est catholique pratiquante, principalement mes parents, mes grand-parents et l’une de mes sœurs. Moi, à vrai dire, pas du tout. J’ai une identité catholique, mais je ne suis absolument pas pratiquante. Je ne vais à l’église que dans le cadre d’événements. J’ai eu une éducation catholique et je vois tout le bien de cette éducation, du message qu’elle transmet. Je vois tout le bien que la religion a apporté à ma famille. Moi je sors mon violon et c’est comme ça que je crois. J’ai la foi, mais je ne m’identifie à aucune Église, à aucune religion. J’ai l’impression que ma propre foi passe par la musique : je crois au message qu’elle peut et doit transmettre.

Parle-nous justement des membres de ta famille. Que partages-tu avec eux?

J’ai trois grandes sœurs. Nous sommes très proches. Je partage la musique avec elles. Elles sont toutes les trois mariées avec des enfants. Moi je suis une voyageuse. Depuis que j’habite ici, je partage beaucoup plus de choses avec mes parents car ils s’intéressent à l’actualité d’ici. Maintenant ils se renseignent tandis qu’ils ne s’informaient pas de la situation auparavant. Je partage aussi la musique avec eux.

Quels sont tes projets personnels et professionnels?

Je rentre à Paris en septembre. Je viens d’être embauchée au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en tant que professeure. J’aurais aimée rester un peu plus longtemps en Palestine mais je vais y retourner. Mes projets personnels sont liés à mes projets professionnels: je veux revenir ici, faire de la musique et continuer à partager tout ce que je partage avec mes collègues, mes étudiants et le peuple palestinien. Quelque part, je sens que je ne pourrai jamais quitter ce pays. Il y a quelque chose qui nous retient ici. Malgré tous les problèmes, il y a une humanité ici.

Que souhaites-tu à ce pays?

La fin de l’humiliation, la fin de l’occupation. Le droit des hommes, de tous les hommes. Qu’ils soient égaux, peu importe d’où ils viennent et de quelle religion ils soient.

Fiche d’identité

Mathilde Vittu est une Française de 33 ans. Elle habite présentement en Palestine où elle vit en alternance à Ramallah et à Bethléem. Elle travaille au Conservatoire Edward Saïd où elle enseigne le violon, l’alto, la théorie musicale et l’histoire de la musique aux enfants et aux jeunes adultes. Elle travaille aussi avec les enfants d’Hébron et se rendra à Gaza en juin pour poursuivre son travail.

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