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Angelica Calo Livni : «Non à la diabolisation d’Israël »

Manuela Borraccino
26 juillet 2014
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Angelica Calo Livni : «Non à la diabolisation d’Israël »
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Pour Angelica Edna Calo Livni, fondatrice et directrice de la fondation Beresheet LaShalom (« Un début pour la paix»), on assiste à une véritable « diabolisation de l'État d'Israël». Selon elle, «les Palestiniens sont pris en otage par l'organisation terroriste du Hamas », et la population de la bande de Gaza devrait « être annexée à l'Égypte » pour parvenir enfin à la prospérité et au développement.


Pour Angelica Edna Calo Livni, fondatrice et directrice de la fondation Beresheet LaShalom (« Un début pour la paix»), on assiste à une véritable « diabolisation de l’État d’Israël». Selon elle, «les Palestiniens sont pris en otage par l’organisation terroriste du Hamas », et la population de la bande de Gaza devrait « être annexée à l’Égypte » pour parvenir enfin à la prospérité et au développement. Angelica – qui migra de Rome vers Israël lorsqu’elle avait 20 ans – se trouve actuellement en Italie pour quelques jours, où elle prépare un spectacle de danse-théâtre, à la Piazza del Duomo, à Sienne. Au cours d’un entretien téléphonique, elle s’émerveille d’avoir reçu « un accueil incroyable » sur le campus de la Settimana della Mondialità (près de Piacenza), auquel participent 146 enfants et 10 enseignants. En plus des 18 membres de sa troupe, tous Israéliens (Juifs et Arabes chrétiens, musulmans et druzes), on compte également des groupes d’Arabes israéliens affiliés à l’archevêque melkite émérite de Akka. Mgr Elias Chacour, et d’autres, originaires de Jérusalem-Est, affiliés au père Ibrahim Faltas, de la Custodie de Terre Sainte. Il y a aussi de jeunes Égyptiens, des Macédoniens, des Italiens et des Polonais.

Comment vous sentez-vous ces jours-ci en Italie?

Nous sommes partis de Tel-Aviv, alors que les sirènes sonnaient toutes les 20 minutes, le cœur déchiré, car d’une part nous ne voulions pas quitter nos familles, et d’autre part, nous ne voulons pas renoncer à apporter le message d’espoir, de réconciliation, qui est l’origine de notre raison de vivre, et l’objet de notre travail. Nous avons quitté le pays avec le cœur serré à cause des nouveaux maux qui nous tombent dessus, le mal que l’on provoque tant par l’attaque que par la défense.

Que pensez-vous de l’opération en cours à Gaza ?

Malheureusement, au cours des 20 dernières années la propagande visant à diaboliser Israël et victimiser les Palestiniens s’est répandue comme une traînée de poudre : dans l’opinion publique mondiale, les Israéliens sont les méchants, et les Palestiniens sont les gentils. C’est complètement faux. Je crois que les Palestiniens sont pris en otage par une organisation terroriste, le Hamas, qui a exploité l’humanité de tous, celle de ses citoyens et celle du reste du monde, pour diaboliser Israël, sans travailler pour la paix. Le Hamas a s’est servi de la population palestinienne, en privant Gaza de développement, préférant utiliser les fonds qu’ils ont reçu pour préparer leur guerre.

Comment peut-on créer un développement depuis la bande de Gaza, prison à ciel ouvert, de laquelle on ne peut sortir comme on le souhaiterait ?

L’occupation israélienne a pris fin en 2005, et Israël ferme ses frontières à ceux qui cherchent à organiser des attentats, comme ceux que nous avons subis pendant des années de la Seconde Intifada. C’est l’Égypte qui bloque la circulation de la population de Gaza : par communion de langue et de culture, ils pourraient annexer la bande de Gaza et en faire une partie de l’Égypte.

Et les Palestiniens vivant sous l’occupation en Cisjordanie?

Je peux seulement vous dire que même en Cisjordanie, le Hamas instrumentalise la cause palestinienne, en créant brimant la population par une interdiction de tout développement, ce qui apporterait un grand soulagement.

À la lumière de tout le travail accompli durant ces dernières années, pensez-vous que les Israéliens et les Palestiniens peuvent parvenir à la paix sans la justice?

Je suis éducatrice, et je ne suis pas vraiment qualifiée pour apporter des réponses aux questions d’ordre politique. Personnellement, je  condamne la violence, et pendant treize ans, je me suis battue pour consolider un modèle d’écoute, de dialogue et d’amitié. Je crois que la rencontre, l’effort de compréhension l’autre, le pardon, sont les seuls moyens efficaces pour construire un avenir différent. Nous nous opposons fermement à l’extrémisme, où qu’il se trouve : il est clair que la violence augmente de jour en jour, et c’est cette spirale infernale qu’il faut briser. Nos efforts visent à rassembler les jeunes des zones de conflit pour créer un monde différent, dans lequel il nous sera possible d’être lucides, sages, autonomes dans nos jugements, et libérés des propagandes qui nous sont imposées.

Quelle est l’atmosphère actuelle du campus?

C’est formidable de voir ces jeunes gens parler d’identité, de dialogue, de la nostalgie de la paix, mais surtout – particulièrement cette année – du rêve : le rêve d’un avenir dont plus que jamais nous avons besoin. Ma plus grande joie est de voir l’excitation des enfants qui participent à ce projet, et d’envoyer un message positif : vivre ce projet comme une mission, et ça, c’est quelque chose qui élargit le cœur. Même si seulement 20 d’entre eux participeront à la représentation de samedi soir à Sienne, ils savent qu’ils représentent également les autres, dans un message universel pour le monde entier. On ne se lasse de le répéter : nous souffrons tous de la guerre, nous sommes tous perdants, et les uns comme les autres nous devons travailler à mettre un terme au conflit. 

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