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Palestiniens divisés : qui mènent les hostilités à Gaza ?

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9 juillet 2014
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Palestiniens divisés : qui mènent les hostilités à Gaza ?
Les palestiniens divisés et dans l'attente. Photo by Issam Rimawi/Flash90

Mardi 8 juillet, les tensions entre israéliens et palestiniens ont dégénéré en guerre ouverte, les sirènes d’alerte retentissant de Jérusalem à Tel Aviv en soirée. Les jets de pierre qui laissaient présager une « troisième intifada » ont laissé place aux échanges de roquettes entre Israël et la bande de Gaza. Face à cette escalade de violence, les réactions divergent grandement au sein des différents mouvements palestiniens qui se sont pourtant engagés dans un accord d’unité nationale le 23 avril dernier.


(Jérusalem-MMLV/ER) -Mardi 8 juillet, les tensions entre israéliens et palestiniens ont dégénéré en guerre ouverte, les sirènes d’alerte retentissant de Jérusalem à Tel Aviv en soirée. Les jets de pierre qui laissaient présager une « troisième intifada » ont laissé place aux échanges de roquettes entre Israël et la bande de Gaza. Face à cette escalade de violence, les réactions divergent grandement au sein des différents mouvements palestiniens qui se sont pourtant engagés dans un accord d’unité nationale le 23 avril dernier.

Depuis le début du mois de juillet et le meurtre de trois jeunes israéliens dans les territoires occupés, suivi de la découverte du corps calciné d’un adolescent palestinien ; la Terre Sainte est le théâtre d’une surenchère haineuse où déclarations et affrontements se succèdent. Dans la nuit du 8 au 9 juillet, plus 160 raids auraient été menés par l’armée israélienne au-dessus de la bande de Gaza, en réponse aux 70 roquettes et missiles dirigés vers l’État juif à partir du territoire « contrôlé » par le Hamas. Car plus personne ne le conteste, si ce n’est les dirigeants du mouvement lui-même : la bande de Gaza a échappé depuis plusieurs années au contrôle du Hamas et le Jihad Islamique s’est imposé comme son principal opposant. Bien que le Hamas soit plus populaire que son rival, un sondage du Centre Watan réalisé dans la bande de Gaza, affichait au mois d’avril le soutien de 13,5% de la population gazaouie en faveur du Jihad islamique (pour comparaison en 2010, le Jihad islamique enregistrait seulement 1% en terme de popularité).

Avec plusieurs milliers d’hommes, le Jihad Islamique concentre toute son énergie sur la lutte et ne participe que très peu à la vie politique gazaouie. En mars 2013, c’était déjà lui qui avait tiré plus d’une soixantaine de roquettes sur le sol israélien. Selon Nemr Hamad, haut cadre du Fatah : « le problème à Gaza réside dans les groupuscules affiliés au Hamas qui persistent à lancer des roquettes ». En effet, à plusieurs reprises ces derniers mois, le Hamas a vainement sommé les différentes factions palestiniennes en présence : Jihad islamique, Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et les Comités de résistance populaire, de respecter la trêve signée avec Israël. Ayant perdu le soutien du Caire qui mène des opérations contre les Frères musulmans dans le Sinaï et en proie à d’énormes difficultés financières, le Hamas s’était jusque là fortement investi dans le maintien du calme et de l’ordre, une police locale anti-roquettes ayant même été mise en place.

Un élan réitéré ces derniers jours : « Nous avons convenu avec les factions au cours d’une réunion qui s’est tenue lundi 7 juillet de ne pas lancer de missiles. Il semble que certaines parties aient violé l’accord », déclarait un responsable du Hamas. Khaled al-Batsh, dirigeant du Jihad islamique, affichait son désaccord à Al-Monitor après la-dite réunion et mentionnait à l’ordre du jour : la crise des salaires et la mise en œuvre l’accord inter-palestinien de réconciliation, nullement le respect de la trêve avec Israel…Attaqué par de nombreux médias israéliens, le Jihad islamique continue de nier toute responsabilité dans le tir de roquettes. Cependant, Abu Jamal porte-parole du Front populaire de libération de la Palestine – qui a lui revendiqué des tirs – ajoute que son parti n’agit pas indépendamment des autres. La coordination et responsabilités des différentes factions restent donc un des grands points d’interrogation de ce soulèvement. 

Une véritable épine pour l’autorité palestinienne qui a signé un accord d’unité nationale avec le Hamas. Les appels à l’aide du président Mahmoud Abbas se font certes plus pressants, mais se limitent à des condamnations similaires à celles du passé bien que le terme de « génocide » ait été employé ce mercredi 9 juillet. Pour l’heure, les réunions de crise se multiplient à Ramallah et le Fatah se retrouve dans une position bien délicate. Les territoires ne se sont pas embrasés comme l’espéraient les mouvements les plus radicaux de Gaza et les palestiniens pour une grande majorité se tiennent à distance et attendent. Comme le questionne le site d’information 972 « Pourquoi la Cisjordanie, le cœur de la nation palestinienne, sa partie la plus peuplée avec 2,5 millions d’habitants ne se rebelle t’elle pas ?« . En explication, le site isréalien publie : « nous sommes incapables de le reconnaitre mais c’est l’Autorité palestinienne qui travaille et lutte pour controler ses territoires et enrayer la terreur« . Il continue « Abbas ne le fait pas parce qu’il nous aime, mais parce qu’il en va de son intérêt et ces derniers mois nous avons laissé passer la meilleure chance que nous ayons jamais eu de faire la paix avec les Palestiniens » remettant en cause l’intransigeance de la politique belliqueuse du premier ministre Netanyahu. Confirmant ces propos, dans les rues de Jérusalem, les palestiniens marquent leur désaccord avec Gaza. « Comment pouvez-vous demander au monde de venir au secours du peuple palestinien, de mettre fin à la tyrannie israélienne et, en même temps, dire que vous allez faire trembler la terre des Israéliens jusqu’à Haïfa? «  commentait Nemr Hamad. 

Contraint de constater que l’unité rêvée s’est envolée, Mahmoud Abbas espère maintenant une médiation égyptienne et décompte les victimes. Depuis lundi 43 personnes dont plusieurs enfants ont déjà perdu la vie et les raids ont fait plus de 370 blessés (porte-parole des services des urgences, Ashraf al-Qodra).

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