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La solidarité s’organise pour venir en aide aux blessés de Gaza soignés à Jérusalem

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1 août 2014
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La solidarité s’organise pour venir en aide aux blessés de Gaza soignés à Jérusalem
Sr Muna Totah, soeur de St Joseph de l'Apparition, auprès d'un blessé de Gaza accueilli à l'hopital français de Jérusalem

Alors qu’un cessez-le-feu est entré en vigueur  à Gaza pour 72 heures ce matin, les quatre hôpitaux arabes de Jérusalem-Est accueillent depuis une semaine une centaine de blessés, pour la plupart des enfants, arrivés de Gaza. La solidarité se met en œuvre et pour soutenir ces malades et pour venir en aide aux hôpitaux qui assurent les soins.


(Jérusalem/mab) – Fin de semaine dernière, la nouvelle a commencé à se répandre sur les réseaux: des blessés des bombardements de Gaza étaient accueillis dans les quatre hôpitaux de Jérusalem-Est. Un mouvement de solidarité en leur faveur et à la veille des fêtes marquant la fin de Ramadan se mettait en place.

Médecins, thérapeutes, psychologues, assistants sociaux, artistes étaient invités à donner de leur temps pour venir les soutenir, mais également quiconque voulaient manifester leur compassion à ces blessés parmi lesquels on compte de nombreux enfants.

En quelques jours, le nombre de blessés a doublé et ce sont maintenant une centaine qui est répartie entre les hôpitaux Saint-Joseph, tenu par les sœurs de Saint Joseph de l’Apparition, l’hôpital pour les yeux Saint-Jean, de l’Ordre de Malte, l’hôpital luthérien Augusta Victoria et l’hôpital musulman Mokassed.

A l’hôpital Saint-Joseph, c’est un flot ininterrompu de visiteurs, les bras chargés de cadeaux, vêtements, jouets, friandises etc. qui se présente à l’entrée des urgences. Au point que le personnel de l’hôpital doit en fermer les portes et prier les visiteurs de quitter assez rapidement pour ne pas compromettre le bon fonctionnement du service, comme le nécessaire repos des patients.

Dans l’après midi de mercredi, après la visite quelques jours plus tôt de représentants des Églises de Jérusalem, c’est le Patriarche Latin, Mgr Fouad Twal, de retour des États-Unis où il a pu s’entretenir notamment avec le chef de cabinet de la Maison Blanche Denis McDonough de la situation des chrétiens au Proche Orient, qui à son tour a rendu visites aux malades.

Le directeur général de l’hôpital, Jamil koussa, l’accompagnait ainsi que Maher Deeb, le médecin général. Ils le conduisirent de chambre en chambre, expliquant les pathologies des malades. Le Patriarche écoutait avec gravité. Sur son visage se lisaient aussi bien la tristesse que la colère.  La géométrie variable de la communauté internationale à réagir dans les conflits du Proche-Orient semble l’exaspérer. « Pour Gaza, pas la moindre réaction, c’est un scandale » s’exclamait-il sans ambages. Aux journalistes qui notaient que les patients étaient musulmans, le patriarche répondit : « chrétiens et musulmans, sont ensemble victimes. La charité est une langue que tous peuvent comprendre. »

L’exfiltration de Gaza des ces malades a été rendu possible par une coordination entre la Caritas de Jérusalem, le Croissant rouge, le Comité International de la Croix rouge et les autorités israéliennes. Chaque malade reçu à Jérusalem est accompagné d’un membre de sa famille. « Ce sont les Israéliens qui décident quels malades pourront sortir. Mais nous ne pouvons avoir aucune coordination avec les médecins de Gaza et les malades arrivent sans le moindre dossier » explique Maher Deeb. Même si l’hôpital fait tout son possible et « pousse les murs » pour accueillir ces 25 patients en urgence, Maher Deeb confie « Ce que nous faisons ce n’est rien. Rien en comparaison des besoins cliniques de Gaza. Rien en comparaison de ce que les équipes médicales font sur place, dans des conditions plus que précaires, ne pouvant opérer que lorsqu’elles ont de l’électricité, manquant de tout. »

L’ambiance de la visite serait pesante si les enfants blessés ne réclamaient les sourires. Des sourires et gestes de tendresse que le personnel hospitalier, au premier rang desquels les sœurs de St Joseph distribuent de grand cœur. Sr Gilberte, assistée de Sr Muna, entourée des sœurs Pauline, Valentina, Imama vont de chambre en chambre, mais devant chaque patient le temps se suspend pour donner à chacun ce dont il a besoin.

« On peut faire cela et surtout prier », dit Sr Imama. Prier certes, mais aider concrètement aussi.

Depuis, la solidarité s’organise.

La Caritas de Jérusalem a lancé un appel à la solidarité pour les victimes du conflit relayé avec par le Secours Catholique de France. (suivre le lien

Le Consulat Général de France à Jérusalem, membre du Conseil d’administration de l’hôpital  Saint-Joseph, en vertu des accords de Mytilène, a identifié avec la direction de l’hôpital les besoins immédiats.

Il est également entré en contact avec deux associations 🙁l’Œuvre d’Orient  et l’Association des Œuvres du l’Ordre du Saint-Sépulcre, susceptibles de débloquer des enveloppes financières et de relayer l’information en France). Les deux ont déjà répondu présentes. Mais l’aide à apporter est substantielle.

L’urgence va à l’acquisition  d’au moins cinq respirateurs (150 000 euros) puis il faudra acquérir de quoi soigner les grands brûlés, du matériel orthopédique pour les patients amputés etc. En tout c’est un budget de 600 000 euros à couvrir.

De son côté, la Custodie de Terre Sainte via son ONG Pro Terra Santa collecte de l’argent pour les œuvres de la paroisse de Gaza. (suivre le lien ici).

L’opération bordure protectrice, commencée il y a 24 jours, a entraîné la mort de plus de 1400 personnes (dont 250 enfants), et fait plus de 8000  blessés. 

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