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Israël sous pression internationale

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17 octobre 2014
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Israël sous pression internationale
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, en 2014 ©Yonatan Sindel/Flash90

La semaine qui s’achève a été déterminante pour l’Autorité Palestinienne. Conférence du Caire, visite de Ban Ki-Moon au Proche-Orient, annonces de reconnaissance de la Palestine… L’étau se resserre sur l’Etat d’Israël, pressé de toute part d’aboutir à une solution à deux Etats.


(Jérusalem/n.k.) C’est ce qu’on peut appeler une semaine chargée. Rarement l’agenda international n’aura autant croisé celui du Proche-Orient. Alors que les juifs étaient plongés dans la célébration des fêtes d’automne (Rosh Hashana, le nouvel an, Kippour, la fête du grand pardon, Soukkot, la fête des cabanes, SimhatTorah, la fin du cycle de lecture de la Torah), l’Autorité Palestinienne semble s’être activée sur le plan diplomatique, pour aboutir à des résultats probants.

Des avancées significatives ont déjà été réalisées sur la question –capitale – de la reconnaissance d’un Etat Palestinien. Le 3 octobre dernier, le nouveau gouvernement suédois annonçait son intention de reconnaître la Palestine, par décret ministériel. Sans passer par la case parlementaire. L’annonce a fait sensation, et semble avoir ouvert une « fenêtre de tir » pour les autres pays d’Europe occidentale. Quelques jours après (le lundi 13 octobre, voir notre article), c’était au tour de la Grande Bretagne, ancienne puissance mandataire en Palestine, de voter une motion parlementaire engageant le gouvernement à reconnaitre rapidement la Palestine. Si David Cameron a indiqué ne pas vouloir changer sa politique en la matière, les résultats du vote au Parlement (274 voix contre 12) sont sans appel, et accentuent la pression sur l’Etat hébreu pour aboutir à une solution à deux Etats. Le lendemain, la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, renouvelait son souhait de voir advenir un Etat palestinien. « La France reconnaîtra l’Etat palestinien, cela va de soi, c’est logique ». Le chef de la diplomatie française pose simplement un cadre pour cette reconnaissance : « Ce que nous voulons, c’est, non pas, une question symbolique, mais être utiles à la paix ». La série ne s’arrête pas là, puisque l’Espagne semble également vouloir s’engager dans cette voie. Vendredi matin, la chaine  Al-Arabiya a révélé que le Parlement s’apprêtait à voter une motion reconnaissant l’existence d’un Etat de Palestine.

Ces différentes annonces ont été accueillies très difficilement par le gouvernement de l’Etat hébreu, notant qu’une « reconnaissance prématurée sape les chances d’atteindre une paix véritable. »

La même semaine se déroulait, au Caire, la conférence des donateurs pour la reconstruction de Gaza. Quelques mois après le conflit meurtrier de l’été (qui a fait plus de 2100 morts palestiniens, et 70 morts israéliens), de nombreux pays se sont réunis pour apporter une aide financière à l’enclave palestinienne. L’Autorité palestinienne demandait 4 milliards de dollars… C’est près de 5,4 milliards qui ont finalement été débloqués. Parmi les principaux donateurs, le Qatar, qui a mis sur la table 1 milliard de dollars. Les Etats-Unis ont quant à eux versé la somme de 6 millions de dollars. Israël, absent des négociations, a fait déclaré par la voix de son ministre des Affaires étrangères : « Il eût été préférable que nous soyons présents au Caire, mais nous n’allons pas nous imposer. Le Qatar a fait pression pour que nous ne soyons pas invités. Il est le principal donateur. Mais la reconstruction elle-même ne se fera pas sans nous ».

Pour accentuer encore un peu la pression sur Israël, le Proche-Orient a reçu la visite de Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations-Unies. Présent lundi matin en Cisjordanie, celui-ci a notamment reproché à l’Etat hébreu la poursuite des implantations : « Je condamne de nouveau fermement la poursuite des activités de colonisation d’Israël ». Il a d’autre part appelé à « reprendre immédiatement les discussions de paix et à briser « un statu quo déjà intenable » ». Enfin, après les nombreux heurts survenus sur l’esplanade des mosquées de Jérusalem après que le gouvernement ait autorisé des juifs à y aller prier durant les fêtes, le secrétaire général des Nations-Unis s’est dit « profondément inquiet des provocations répétées commises sur les Lieux saints » de Jérusalem.

M. Ban Ki-Moon s’est rendu lundi après-midi en Israël, où la conférence de presse avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu a pour le moins été tendue. « Ce sont des extrémistes palestiniens qui provoquent ces violences » a clamé le Premier ministre. « Nous ne changeons pas le statu quo ».

Le voyage s’est terminé mardi pour Ban Ki-Moon à Gaza, où il a tenu à constater les dégâts de l’été. « Mon cœur est très, très lourd » a-t-il déclaré. « L’ampleur de la destruction que j’ai vue en venant ici dépasse toute description ». Si Israël était visé, le secrétaire général des Nations-Unies n’a pas  non plus épargné le Hamas, demandant à ce qu’il soit « privé de ses capacités terroristes ».

Pour couronner cette semaine diplomatiquement, le Fatah et le Hamas (qui dominait depuis 2007 à Gaza) ont annoncé avoir conclu des accords, débouchant notamment sur un gouvernement d’union nationale.

Annonces de reconnaissance de la Palestine, conférence du Caire, visite de Ban Ki-Moon au Proche-Orient, rapprochement Fatah-Hamas… autant de signes prometteurs pour la Palestine. Mais autant de difficultés pour Israël, qui voit l’étau se resserrer autour de lui, pressant Benyamin Netanyahu à accepter la solution à deux Etats que la communauté internationale réclame depuis longtemps. Quand bien même celui-ci, à plusieurs reprises depuis l’été, a laissé entendre qu’il n’admettrait jamais un Etat palestinien pleinement souverain en Cisjordanie. (Lire l’article du Times of Israël, Quand Netanyahu dit ce qu’il pense)

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