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François et Bartholomée: Le présent et le futur réclament notre unité

Terrasanta.net
30 novembre 2014
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François et Bartholomée: Le présent et le futur réclament notre unité
29 novembre 2014. Bartholomée Ier embrasse François dans la cathédrale patriarcale Saint-Georges d'Istanbul.(Photo: Patriarcat oecuménique de Constantinople / J. Mindala)

A Istanbul, entre hier et aujourd'hui, s’est déroulé le moment central du voyage de François en Turquie. Au siège du patriarcat œcuménique de Constantinople, en la fête du saint patron - l'Apôtre André -, Bartholomée Ier et son invité venu de Rome ont redit leur engagement déterminé à restaurer une pleine communion entre catholiques et orthodoxes.


(g.s.) – En provenance d’Ankara, la capitale de la Turquie, François est arrivé hier, le 29 novembre, à Istanbul pour le moment central de son voyage. Pour l’accueillir à l’aéroport, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier qui le recevait par la suite dans la cathédrale patriarcale Saint-Georges, au Fanar, pour une prière commune. Cependant  le point culminant de la fête de l’apôtre saint André, patron du siège de Constantinople, a eu lieu ce matin dans la même église. Le Pape a participé, avec l’assemblée des fidèles, à la divine liturgie présidée par Bartholomée, bien que ne pouvant pas concélébrer et recevoir la communion en raison du hiatus qui sépare encore catholiques et orthodoxes. À la fin de la célébration, l’évêque de Constantinople et celui de Rome ont pris la parole.

Le patriarche œcuménique a d’emblée fait référence à la rencontre de mai dernier à Jérusalem: « Nous gardons encore dans notre cœur le souvenir vivace de notre rencontre avec Votre Sainteté en Terre sainte pour effectuer un pèlerinage commun au lieu où est né, a vécu, a enseigné, a souffert et est ressuscité le Chef de notre foi ». Grâce à l’étreinte, il y a un demi-siècle, entre Paul VI et Athénagoras – a poursuivi Bartholomée – « le cours de l’histoire a changé de direction.  Les marches parallèles, parfois conflictuelles de nos Églises se sont jointes dans la vision commune de retrouver notre unité perdue. L’amour qui s’était refroidi a été ranimé. Notre volonté a été forgée de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que notre communion se réalise à nouveau dans la même foi et le même calice. Depuis, le chemin vers Emmaüs s’est ouvert, peut-être long et parfois ardu, mais néanmoins sans retour, le Seigneur faisant route ensemble avec nous, jusqu’à ce qu’Il se révèle à nous « à la fraction du pain » (Lc. 24,35).

Mais cet héritage de la foi que les deux Eglises ont conservé doit être fructueux. «  A quoi sert de rester fidèles au passé, si cela ne signifie rien pour l’avenir ? – a demandé au Patriarche œcuménique -. À quoi sert de s’enorgueillir de ce que nous avons reçu, si cela ne se traduit en termes de vie pour l’être humain, et pour le monde d’aujourd’hui et de demain ? « Jésus Christ est le même, hier, et aujourd’hui ; il le sera pour l’éternité » (Héb. 13: 8-9).  Et Son Église est appelée à avoir les yeux fixés plutôt sur le présent et l’avenir que sur le passé. L’Église existe pour le monde et pour l’être humain, et non pas pour elle-même ».

« En tournant notre regard vers le présent, nous ne pouvons éviter d’être anxieux pour l’avenir » a souligné Bartholomée. « Comment l’humanité survivra-t-elle demain, alors qu’elle est aujourd’hui déchirée par de multiples divisions, conflits et hostilités, souvent même perpétrés au nom de Dieu ? Comment la richesse de la terre sera-t-elle répartie plus équitablement pour que l’humanité ne vive demain la servitude la plus odieuse qu’elle n’ait jamais connue ? Quelle planète trouveront les générations futures pour y habiter, alors que, dans son avidité, l’homme moderne la détruit de façon impitoyable et irréversible ? Certains placent aujourd’hui leur espoir dans la science ; d’autres dans la politique ; d’autres encore dans la technologie. Mais aucune d’elles ne peut garantir l’avenir, si l’homme ne fait sien le kérygme de la réconciliation, de l’amour, de la justice, de l’acceptation d’autrui, de ce qui est différent, voire de l’ennemi. L’Église du Christ, le premier à avoir enseigné et vécu cette prédication, doit en premier la pratiquer elle-même « afin que le monde croie ». Voilà pourquoi, la marche vers l’unité de ceux qui invoquent le nom du grand Pacificateur est plus impérieuse que jamais. Voilà pourquoi notre responsabilité de chrétiens est suprême vis- à-vis de Dieu, de l’être humain et de l’Histoire ».

Bartholomée a ensuite rendu hommage et remercié le pape pour son témoignage de  simplicité, humilité et amour envers tous, affirmant que les orthodoxes nourrissent l’espoir que, durant son encore jeune pontificat, les efforts vers le chemin œcuménique se renforceront.

À ce stade, le patriarche a mentionné le Grand Synode de l’Eglise orthodoxe, inscrit au calendrier de l’année 2016 à Constantinople – pour lequel il a demandé de prier – mais aussi exprimé l’espoir qu’un jour, la pleine communion rétablie avec les catholiques, un nouveau concile véritablement œcuménique puisse voir le jour. Enfin, l’archevêque de Constantinople a déclaré: « Les problèmes que la conjoncture historique dresse aujourd’hui devant nos Églises nous prescrivent de surmonter l’introversion et y faire face en collaborant le plus étroitement possible. Nous n’avons plus le luxe d’agir séparément. Les persécuteurs contemporains des chrétiens ne demandent pas à quelle Église appartiennent leurs victimes. L’unité qui occupe tant nos réflexions est en train de se réaliser dans certaines régions, malheureusement, par le martyre. Tendons ensemble la main à l’être humain de notre temps, la main de Celui qui seul peut le sauver par Sa Croix et Sa Résurrection ».

Le pape François, quant à lui, a noté que « nous rencontrer, regarder le visage l’un de l’autre, échanger l’accolade de paix, prier l’un pour l’autre sont des dimensions essentielles de ce chemin vers le rétablissement de la pleine communion à laquelle nous tendons. Tout ceci précède et accompagne constamment cette autre dimension essentielle de ce chemin qu’est le dialogue théologique. Un authentique dialogue est toujours une rencontre entre des personnes avec un nom, un visage, une histoire ; et pas seulement une confrontation d’idées ».

« Ce n’est donc pas un hasard – a poursuivi le Pape – si le chemin de réconciliation et de paix entre catholiques et orthodoxes a été, en quelque sorte, inauguré par une rencontre, par une accolade entre nos vénérés prédécesseurs, le Patriarche Œcuménique Athénagoras et le Pape Paul VI, il y a cinquante ans, à Jérusalem, événement que votre Sainteté et moi-même avons voulu récemment commémorer en nous rencontrant de nouveau dans la ville où le Seigneur Jésus Christ est mort et ressuscité ».

Bergoglio a ensuite mentionné le récent cinquantième anniversaire de la promulgation du décret conciliaire Unitatis redintegratio sur la recherche de l’unité de tous les chrétiens. Se référant à ce texte, le pape a déclaré que «Bergoglio a ensuite mentionné la récente cinquantième anniversaire de la promulgation de la UR décret conciliaire, sur la recherche de l’unité de tous les chrétiens. Se référant à ce texte, le pape a déclaré que « pour arriver à ce but désiré de la pleine unité, l’Église catholique n’entend pas imposer une quelconque exigence, sinon celle de la profession de foi commune, et que nous sommes prêts à chercher ensemble, à la lumière de l’enseignement de l’Écriture et de l’expérience du premier millénaire, les modalités par lesquelles garantir la nécessaire unité de l’Église dans les circonstances actuelles : l’unique chose que désire l’Église catholique, et que je cherche comme Évêque de Rome, « l’Église qui préside dans la charité », c’est la communion avec les Églises orthodoxes ».

Le pape a ensuite évoqué les voix de ceux qui demandent aux chrétiens de « de vivre jusqu’au bout le fait d’être disciples du Seigneur Jésus-Christ » et de contribuer à la construction d’une humanité nouvelle et plus juste: la voix des pauvres, celles des victimes des conflits, celle des jeunes.

Une fois le rite liturgique et les discours terminés, François et Bartholomée se sont retirés dans le palais patriarcal d’où ils ont béni les fidèles avant de signer une déclaration conjointe (traduction en anglais, italien et espagnol). Ils se sont ensuite retrouvés autour d’un repas fraternel avec les membres de leurs délégations. Quelques heures plus tard, le pape a repris l’avion en direction de Rome.

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