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La France à la veille d’un vote historique sur la Palestine

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14 novembre 2014
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La France à la veille d’un vote historique sur la Palestine
Les relations pourraient se détériorer entre la France et Israël en cas de reconnaissance par le gouvernement de l'Etat de Palestine © Kobi Gideon/GPO/FLASH90

Le 28 novembre prochain, les députés français sont appelés à se prononcer sur la reconnaissance d’un Etat palestinien. La résolution, non contraignante pour le gouvernement, précèdera de quelques semaines un texte semblable déposé par le Sénat. Le symbole est fort, alors que l’Europe semble s’activer diplomatiquement qu’un Etat de Palestine soit reconnu.


(Jérusalem/n.k.) L’étau se resserre autour d’Israël. Après la Grande-Bretagne (voir notre article Ecrasante majorité au Parlement britannique pour la reconnaissance d’un Etat palestinien), c’est au tour des députés français de se mobiliser pour un Etat palestinien.

Le 28 novembre prochain, les parlementaires français examineront une proposition de résolution, déposée par différents députés de gauche qui « exprime le souhait que la  France reconnaisse sans délai l’Etat palestinien souverain et démocratique sur la base des lignes de 1967».

En droit français, une résolution n’a pas de valeur contraignante, à la différence des lois. Si celle-ci était votée, Paris ne serait donc pas forcé de changer sa position diplomatique, qui pour l’instant souhaite l’établissement d’un Etat palestinien sans pour autant le reconnaître.

Les députés français seront suivis quelques jours après par leurs collègues sénateurs. Ceux-ci débattront le 11 décembre d’une résolution déposée par le groupe communiste, appelant également à mettre en œuvre la solution à deux Etats, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale.

Si le gouvernement français n’a pas encore annoncé de date précise pour franchir le pas, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius envoie depuis la fin de l’été des messages explicites, qui laissent entendre que la reconnaissance est une certitude, même si celle-ci doit prendre du temps.

« Il y aura à un moment – c’est une évidence – reconnaissance de l’Etat palestinien par la France. La question, c’est quand et comment. Car il faut que cette reconnaissance soit utile aux efforts pour sortir de l’impasse et contribuer à un règlement définitif du conflit » a récemment déclaré Laurent Fabius.

Interrogé dernièrement à l’Assemblée nationale, il a rappelé qu’il ne voulait pas d’un « vote symbolique » mais que la reconnaissance ne pouvait être qu’un moyen « utile » pour faire progresser la paix en apportant une résolution au conflit.

Les réactions israéliennes sont très franchement hostiles à toute idée de reconnaissance de la Palestine. Un site d’information français révélait récemment que l’ambassade d’Israël en France avait envoyé un courriel aux parlementaires pour leur rappeler que toute reconnaissance serait contre-productive par rapport aux efforts de paix et que l’Etat d’Israël est pacifique.

Un autre argument récurent invoqué par les juifs est celui du poids de la communauté musulmane française, qui ferait pression sur le gouvernement. Un geste diplomatique aux accents électoralistes donc. Récemment, le ministre israélien du Renseignement a fait cette déclaration pour le moins étonnante : « Si Paris, sous la pression de l’extrême gauche ou de sa communauté musulmane, se livrait à un tel vote anti-israélien, ce serait vraiment dommageable, car d’autres pays suivraient ».

Même son de cloche pour un bloggeur du Times of Israël, qui a récemment analysé ce vote français en considérant les positions anti-israéliennes qu’aurait la France depuis 1967. Pour lui la France est plus intéressée par le pétrole des pays arabes, et l’entêtement à vouloir aboutir à un Etat palestinien est le signe d’une inimitié envers Israël.

C’est la preuve qu’Israël se retrouve de plus en plus isolé sur la scène internationale, et en Europe particulièrement.

Après la Grande-Bretagne et peut-être la France, le Parlement espagnol a annoncé qu’il se prononcerait très prochainement sur une motion visant à reconnaître la Palestine. L’Irlande faisait de même le 22 octobre dernier. Et le gouvernement suédois a officiellement reconnu cet Etat le 30 octobre, par décret.

Au niveau européen, la nouvelle responsable de la diplomatie n’a pas délivré un message différent. Federica Mogherini, pour son premier déplacement, s’est rendue à Gaza, afin de redire que l’établissement d’un Etat palestinien « était un objectif partagé par toute l’Union Européenne », estimant que « les critères de droit international pour une reconnaissance sont remplis ».

Le principal obstacle pour l’établissement de la Palestine dans les frontières de 1967 reste les quelque 500 000 colons juifs, installés illégalement en Cisjordanie.

Actuellement, 135 pays reconnaissent officiellement la Palestine.

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