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Israël : vers la dissolution de la Knesset

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3 décembre 2014
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Israël : vers la dissolution de la Knesset
Le premier ministre Benyamin Netanyahu lors d'une déclaration le 2 décembre 2014 ©Emil Salman/POOL

Après plusieurs semaines de fortes tensions politiques au sein de la coalition gouvernementale, Benyamin Netanyahu a décidé de limoger les ministres Tzipi Livni et Yaïr Lapid. La Knesset devrait voter la semaine prochaine une motion d’auto-dissolution, les électeurs pourraient alors réélire un Parlement en mars prochain.


(Jérusalem/n.k.) Moins de deux ans après sa mise en place, le gouvernement de Benyamin Netanyahu subit une importante crise politique. Mardi soir, au cours d’une conférence de presse, le Premier ministre a annoncé le limogeage des ministres Tzipi Livni (Justice) et Yaïr Lapid (Finances).

Le feu couvait depuis plusieurs semaines. Les désaccords ont été nombreux avec le chef du gouvernement, qui a fini par choisir l’épreuve de force. Situés plus au centre de l’échiquier politique, Livni et Lapid ont, à plusieurs reprises, voulu recentrer l’action du gouvernement sur le social, l’éducation ou le pouvoir d’achat. L’exact inverse des orientations du Likoud, deuxième parti de la coalition gouvernementale (le premier étant celui de Lapid, Yesh Atid (« Il y a un futur » ), avec 19 sièges). Netanyahu et son aile droite (incarnée par Naftali Bennet, de HaBayit HaYehudi ( Foyer juif) ou Avigdor Liberman, d’ Israel Beytenou (« Israël notre maison ») ont au contraire axé leur politique sur les questions sécuritaires, avec une importante part du budget consacrée aux crédits militaires.

Depuis la guerre de cet été à Gaza, Yaïr Lapid et Tzipi Livni n’ont cessé de contrer certains projets controversés du Premier ministre. La bataille sur le budget à l’automne dernier a failli faire voler en éclat la coalition. La politique à adopter face à l’Iran a également été un sujet constant de friction entre les différentes sensibilités de la coalition. Mais ce qui lui a porté le coup de grâce, c’est le débat sur le caractère juif de l’Etat. Tzipi Livni avait ouvertement condamné un projet qui, selon elle, portait « atteinte à la démocratie ». Ayant réussi à reporter une première fois le vote, elle avait ensuite organisé des manifestations contre ce texte.

Pour Netanyahu, gouverner dans ces conditions n’était plus possible. Au cours de sa déclaration du 2 décembre, celui-ci a condamné la « tentative de putsch » que Livni et Lapid auraient fomenté contre lui. « Au cours des semaines récentes, les ministres Lapid et Livni ont durement attaqué le gouvernement que je dirige. Je ne tolérerai plus une opposition de l’intérieur du gouvernement » a-t-il averti.

Quelques heures après avoir congédié ses ministres, les autres ministres membres des partis Yesh Atid (« Il y a un futur » de Lapid) et Hantnuah (« Le Mouvement » de Livni) ont annoncé qu’ils quittaient également le gouvernement.

Les commentaires politiques ont rapidement pointé le caractère feint de l’indignation du Premier ministre. « La révocation des ministres est un acte de peur, de lâcheté et de quelqu’un qui perd tout contrôle. Nous regrettons que le Premier ministre ait choisi d’agir de façon irresponsable au niveau national et d’entraîner l’Etat d’Israël dans une campagne électorale superflue » a déclaré le parti Yesh Atid dans un communiqué. Certains parlent de « farce », d’autres de « manipulations politiciennes » à propos de l’intervention du Premier ministre

La crise gouvernementale entraîne, selon la volonté de Benyamin Netanyahu, une rénovation du Parlement. La Knesset devrait voter la semaine prochaine une motion d’auto-dissolution, provoquant des élections anticipées. Ce cas de figure n’est pas étonnant en Israël. En effet, aucun gouvernement depuis 1948 n’a été au bout des quatre ans de mandat fixés par les Lois fondamentales. Une brièveté expliquée par le mode d’élection des députés, la proportionnelle intégrale à un tour. Particulièrement performant pour représenter toutes les sensibilités du pays, ce mode de scrutin l’est moins pour former un gouvernement uni. Il faut en effet recourir à des coalitions gouvernementales pour composer un cabinet ministériel.

Il était clair, depuis plusieurs mois (voir notre article Elections en vue en Israël) que Netanyahu voulait expulser de sa coalition les éléments centristes gênants, afin d’avoir les mains libres, notamment pour poursuivre la colonisation en Palestine. Beaucoup prédisent une alliance future avec les partis nationalistes (comme ceux, déjà présents dans la coalition, d’Avigdor Liberman ou Naftali Bennet) voire religieux.

Netanyahu met ainsi en jeu un quatrième mandat de Premier ministre, avec peu d’adversaires au sein du Likoud et sur le reste de la scène politique.

Les élections législatives devraient se dérouler le 17 mars 2015.

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