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Tensions sur le plateau du Golan

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19 janvier 2015
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Tensions sur le plateau du Golan
Patrouille israélienne le long de la frontière israélo-libanaise sur le plateau du Golan, 2014. ©AyalMargolin/Flash90

Lors d’une frappe aérienne sur le Golan, l’Etat d’Israël a tué six membres du Hezbollah dont d’importants dignitaires, ainsi que six militaires iraniens. La zone-tampon avec le Liban et la Syrie, annexée par Israël en 1967, pourrait entrer dans une nouvelle période de tensions. L’Iran a promis de répondre.


(Jérusalem/n.k.) – Si la bande de Gaza a fait l’objet de la quasi-totalité des interventions israéliennes depuis une dizaine d’années, la frontière Nord connaît un regain de tensions depuis deux jours.

Dimanche 18 janvier, l’Etat hébreu a opéré un « raid » aérien sur le versant syrien du plateau du Golan, annexé par Israël en 1967.

Cette attaque semble avoir atteint sa cible, puisqu’une source proche du Hezbollah a indiqué à l’AFP que six membres de la milice chiite avaient été tués. Parmi eux, d’importants dignitaires de l’organisation considérée comme « terroriste » par Israël.

Ainsi le fils du chef militaire du Hezbollah (tué par Israël en 2008), Djihad Mughniyeh, a-t-il perdu la vie au cours du raid. On compte également, parmi les six militaires iraniens tués, le général Mohamed Ali Allah Dadi, haut responsable du régime islamique.

Les autorités israéliennes n’ont pas voulu commenter l’opération de dimanche. On pouvait cependant lire dans la presse israélienne (qui a largement repris l’affaire) que le Hezbollah cherchait à attaquer prochainement Israël.

Des raids préventifs comme celui-ci ne sont pas rares à la frontière nord d’Israël. Mais ils n’avaient jamais autant touché les têtes pensantes des organisations comme le Hezbollah. Le fait que des militaires iraniens aient été touchés peut également aggraver l’impact de l’opération, compte tenu du niveau de tension existant entre l’Etat hébreu et la République islamique.

Face à cette attaque, le Hezbollah a riposté en déclarant que « l’ennemi (sioniste) est devenu fou en raison des capacités militaires grandissantes du Hezbollah » Mettant en garde contre « une aventure coûteuse qui pourrait enflammer le Moyen-Orient », l’organisation chiite a d’autre part prévenu qu’elle « saurait comment répondre à l’agression israélienne ».

Les responsables iraniens ont quant à eux averti qu’ils « répondront avec force en temps et en heure contre l’entité sioniste responsable de la mort du Général Mohamed Ali Allah Dadi ».

En Israël, une mini-polémique a été lancée dès le soir de l’annonce du raid, par l’ancien favori au poste de chef d’état-major des armées. Dans une interview donnée à la chaîne Channel 2, Yoav Galant a jugé que, « compte tenu d’incidents passés, on peut imaginer que le moment choisi n’est pas sans lien avec les élections ». Les « incidents passés » qu’il mentionne font clairement référence à l’attaque qui avait tué en 2012 Ahmed Jabar, responsable du Hamas.

De nombreux commentateurs avaient alors accusé Netanyahu, en campagne pour sa réélection, d’avoir utilisé l’affaire à des fins électorales.

On comprend donc que le tempo choisi pour éliminer ces militaires puisse faire dire à certains que M. Netanyahu cherche à prouver à nouveau ses capacités de protecteur de la nation. L’Etat d’Israël est en effet en campagne électorale, et « Bibi » ne fait plus figure d’unique premier-ministrable. Une affaire qui tomberait à pic.

Pourtant, les concurrents du Likoud (dont Benyamin Netanyahu est le candidat) ont préféré ne pas engager le débat sur ce terrain. Tzipi Livni et Isaac Herzog ont réagi conjointement dans un communiqué,  indiquant que « la sécurité d’Israël n’est pas une sorte de ‘tour électoral’ ». Naftali Bennet, ancien ministre et candidat du Foyer juif a quant à lui trouvé ces rapprochements « inutiles et décevants ».

La vraie question qui ne devrait pas manquer d’agiter le Proche-Orient est celle des suites d’une telle attaque. La frontière reliant Israël, le Liban et la Syrie sur le plateau du Golan est restée jusqu’à dimanche assez calme, malgré quelques actes isolés.

Engagés depuis quelques années aux côtés de Bashar el-Assad, le Hezbollah et l’Iran ne peuvent pour l’instant pas se permettre de ripostant en ouvrant un second front au Sud, contre Israël. C’est l’obstacle le plus évident qui explique la facilité avec laquelle Israël s’est permis d’attaquer dans cette zone sensible et facilement inflammable.

A quelques mois des élections israéliennes, ce raid ne manquera pas de relancer la question sécuritaire de l’Etat hébreu face à ses voisins.

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