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Fallait-il traduire en arabe le livre d’un analyste militaire israélien ?

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5 février 2016
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Fallait-il traduire en arabe le livre d’un analyste militaire israélien ?
Visuel 2016 du Salon international du livre du Caire

Un livre traduit de l’hébreu était présent au salon international du livre du Caire. Ce qui semble tomber de soi pour la plupart de nos lecteurs est loin d’être une évidence en Egypte. Lire un ouvrage israélien, n’est-ce pas pactiser avec l’ennemi ?


(Jérusalem/N.H.) – Des accusations de «normalisation» accueillent la découverte de l’ouvrage sur la “société Arabe” moderne, traduite de l’hébreu en arabe par un Égyptien. Ce livre israélien a été autorisé à participer au salon international du livre qui se déroule actuellement au Caire. Peu de temps après l’ouverture des portes, la découverte du livre de Hugi a fait scandale. Raison ? Son auteur travaille pour la radio militaire.

Le livre est intitulé « Arabian Nights.Com ». Son auteur,  Jacky Hugi, est un des analystes des « affaires arabes » de la radio de l’armée israélienne Galeï Tsahal. Il décrit son œuvre sur le site Al-Monitor comme étant une œuvre d’ « introduction non-fictive pour les lecteurs israéliens au discours social, culturel et politique contemporain dans le monde arabe.»

Mohamed Al-Masou, membre du parlement et du parti « Egyptiens libres », tenu pour libéral, a exigé l’étude de cette « défaillance ». « Si nous ne traduisons pas de livre en hébreu comment saurons-nous ce qui est écrit à propos de nous ? » a répondu le traducteur dans un entretien publié dimanche dans le quotidien égyptien Akbar el-Yom. « Ce livre en particulier a été écrit à propos de notre société. Jusqu’à quand allons-nous nous cacher la tête dans le sable ? »

« Si telle est la situation, alors l’État devrait abolir dans les universités les départements d’hébreu. Chaque année 2000 étudiants en sortent diplômés. S’ils travaillent dans le tourisme on dit d’eux qu’ils sont des “normalisateurs”. (C’est-à-dire qu’ils pactisent avec les Israéliens qui en dépit du traité qui lie l’Egypte à Israël demeurent assez mal vus le long du Nil. NDLR).  S’ils font des traductions, ils sont normalisateurs », interrogeait-il encore, ajoutant que nombreux sont ceux qui sont contre la normalisation des relations.

Haitham El-Hajj Ali, chef de la commission publique en charge de l’organisation de la foire, n’a pas encore examiné le contenu du livre. La commission va l’étudier, a-t-il déclaré dans un entretien télévisé. « Je dois souligner qu’au Ministère de la culture beaucoup estiment que nous devrions traduire de l’hébreu, sans payer aux Israéliens les droits de traduction, » a-t-il poursuivi. « Nous devons les traduire pour se familiariser avec leur culture et savoir comment les gérer, sans signer de contrats avec eux. »

« La campagne contre la normalisation est un moyen de pression sur Israël quant à la question palestinienne, mais elle est absurde », a déclaré Hugi face à cette controverse. « Lorsque vous empêchez un citoyen égyptien de lire la littérature israélienne ou de regarder un film israélien, il se boycotte lui-même. »

La semaine dernière, la projection prévue au Caire du film israélien primé “La Visite de la fanfare” a été annulée par arrêté du Ministère de la culture «en prévention des risques de normalisation». Le Ministère a ordonné une enquête sur l’approbation de la projection du film.

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