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Jeûne et prière pour une Syrie à genoux

Terrasanta.net
10 février 2016
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En ce mercredi 10 février, mercredi des Cendres et début du Carême selon le rite romain, est célébrée la Journée mondiale du jeûne et de la prière pour la paix en Syrie et en Irak. C’est la fondation Aide à l'Eglise en Détresse, qui soutient la vie de l'Eglise, dans les pays où elle est poursuivie ou privée de moyens pour réaliser sa mission. Pendant ce temps les pourparlers avance d'un pas lent et la guerre continue ses ravages.


C.g./g.s.) – Mercredi 10 février, mercredi des Cendres et début du Carême selon le rite romain, est célébrée la Journée mondiale du jeûne et de la prière pour la paix en Syrie et en Irak. C’est la fondation Aide à l’Eglise en Détresse, qui soutient la vie de l’Eglise, dans les pays où elle est poursuivie ou privée de moyens pour réaliser sa mission.

Aujourd’hui plus que jamais nous devons prier pour la Syrie. À Genève, en Suisse, le 29 janvier dernier ont été entamé de nouveaux pourparlers de paix, les troisièmes après ceux qui ont échoué en juin 2012 et janvier 2014. L’envoyé des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a réussi à rassembler autour de la table des négociations tant le gouvernement syrien que l’opposition au président Bachar al-Assad (à l’exception évidente des fondamentalistes islamiques). A la veille de la conférence, De Mistura a adressé un message vidéo au peuple syrien, en disant : « Des conférences pour la paix, vous en avez vues assez ; il y en a déjà eu deux et cette dernière ne peut pas échouer… Nous voulons que vous entendiez que celle-ci  est la bonne et nous ferons tout ce que nous pourrons ». 

Il faut savoir, qu’après seulement deux jours de travail, les discussions ont été « interrompues » (pour reprendre, nous l’espérons, le 25 février) en raison d’un manque de communication entre les participants. Certains nœuds complexes restent à résoudre : d’un côté les représentants de l’opposition à Assad exigent l’arrêt des bombardements russes comme condition pour entamer des pourparlers ; de l’autre les Russes – qui n’ont pas l’intention d’arrêter les opérations militaires – appellent à la participation du Parti de l’Union démocratique kurde – en froid avec la Turquie -. Le parti kurde contrôle une grande partie du territoire du nord de la Syrie et est un ennemi valide de l’Etat islamique.

Les discussions ont tout juste commencé et, de fait, sont déjà plongées dans l’instabilité. Et M. de Mistura a raison de craindre les conséquences de leur échec : l’impasse diplomatique dans le passé a toujours conduit à une détérioration des conditions des civils, l’augmentation du nombre de victimes, des réfugiés et des personnes déplacées. En juillet 2012, juste après les premières discussions à Genève, les victimes du conflit syrien s’élevaient au nombre de 19.000 personnes. En octobre 2013, juste avant le début des deuxièmes pourparlers, elles avaient déjà atteint les 115.000. Aujourd’hui, durant cette interruption des pourparlers, les victimes du conflit sont estimées par l’ONU à 250.000 personnes. Combien de nouvelles victimes la Syrie devra-t-elle encore compter si ces pourparlers échouent ?

La journée de prière et de jeûne pour la Syrie et l’Irak a remporté de nombreuses adhésions. Entre autres le père Jaques Murad, prêtre syrien enlevé pendant cinq longs mois par l’Etat islamique – entre mai et octobre de l’année dernière – et qui avait réussi à prendre la fuite. « Je suis heureux d’y participer et d’être avec vous pour cette initiative importante – a dit le père Jaques – et essentielle pour le peuple syrien. La prière est vraiment la source de tous les miracles que Dieu peut réaliser et elle est indispensable pour faire grandir sa force. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons prier pour que la réunion de Genève se conclue positivement et que le Seigneur éclaire celles et ceux qui y participent et qu’il les aide à vraiment chercher une sortie à ce massacre et à cette misère qui affligent l’innocent peuple syrien ».

Le Père Firas Lutfi, franciscain de Terre Sainte qui vit et travaille à Alep – cette ville qui de nos jours est le théâtre d’une contre-offensive lourde des forces loyalistes conduisant à l’exode de dizaines de milliers de personnes – a lui aussi rejoint la journée. « Après désormais cinq années de guerre – explique frère Lutfi – le peuple syrien se sent abandonné face à une tragique décision à prendre : résister ou quitter la Syrie bien-aimée à la recherche d’un avenir meilleur. La proximité spirituelle et la prière se font sentir aux Syriens qu’ils ne sont pas seuls face à cette guerre infâme et terrible. L’Église n’a jamais cessé d’aider et n’a pas perdu une occasion d’exprimer l’amour de Dieu envers tous et surtout les plus faibles. Nous essayons de répondre aux besoins de la population : de l’eau à la nourriture, du carburant nécessaire pour survivre à cet hiver froid. En aidant l’Église on soulage les souffrances des Syriens, en particulier les femmes et les enfants ».

Dimanche 7 février, à la fin de la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre, François a invité les personnes présentes à « beaucoup prier » pour la Syrie, disant : « C’est avec une vive préoccupation que je suis le terrible drame vécu par les populations civiles prises dans les violents combats en cette Syrie bien-aimée et forcées à tout quitter pour fuir les horreurs de la guerre. J’espère en une solidarité généreuse qui leur apporte toute l’aide dont ils ont besoin pour garantir leur survie et leur dignité. Et j’appelle la communauté internationale à ne ménager aucun effort pour amener de toute urgence les parties en cause à la table des négociations. Seule une solution politique du conflit sera capable de garantir un avenir de réconciliation et de paix à ce cher pays si meurtri ».

Le 4 février, lors de la quatrième conférence des bailleurs de fonds internationaux qui s’est tenue à Londres, et à laquelle Mgr Paul R. Gallagher a assisté au nom du Saint-Siège, une aide financière à la Syrie de 5.6 milliards de dollars a été promise et 5,1 milliards (4,58 milliards d’euros) d’ici à 2020. Au travers des canaux de l’Eglise catholique et en l’année 2015, a déclaré Mgr. Gallagher, un montant de 150 millions de dollars est arrivé à la Syrie. Un engagement qui se poursuivra tout au long de l’année 2016. Parmi les plus gros donateurs, le gouvernement britannique a promis une aide de 1,76 milliard d’ici à 2020, la Norvège 1,17 et l’Allemagne 2,57.

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