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Le mouvement «Sauvons Israël. Arrêtons l’Occupation» est né

Manuela Borraccino
18 avril 2016
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Le mouvement «Sauvons Israël. Arrêtons l’Occupation» est né
Le logo du nouveau mouvement contre l'occupation des territoires palestiniens.

Il y a quelques jours, à Tel Aviv, le mouvement « Save Israël. Stop the Occupation » était officiellement présenté. Fondé par des activistes juifs, il entend remédier à l’occupation des Territoires Palestiniens.


Rassembler des individus et des organisations pacifistes israéliennes comme de la diaspora juive pour demander au gouvernement de mettre fin à l’occupation des Territoires pour le 5 juin 2017 : tel est l’ambitieux programme de « Save Israël. Stop the Occupation ». Ce nouveau mouvement-parapluie a fait ses débuts le 14 avril dernier à Tel-Aviv dans le cadre du Solidarity Film Festival qui a lieu à la Cinémathèque de la ville.

« L’initiative est née à l’été 2015 entre un groupe de militants de la paix, des enseignants et des intellectuels de la diaspora juive. Après avoir étudié pendant des décennies la résistance obstinée à toute solution pacifique dans ce conflit israélo-palestinien, nous avons décidé de nous impliquer en personellement afin de travailler au changement social », explique Daniel Bar-Tal, 70 ans et professeur émérite de Psychologie politique à l’Université de Tel-Aviv, l’un des chefs de file du mouvement « Save Israël. Stop the Occupation ».

Le noyau fondateur comprend des personnalités de premier plan dans l’histoire politique, diplomatique ou encore universitaire d’Israël, comme l’historien et ambassadeur Eli Barnavi, l’universitaire et ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères Alon Liel, le politologue et essayiste Menachems Klein. Des militants de grande aura ont aussi été recrutés, telle Jessica Montell – directrice générale de 2001-2014 de l’organisation israélienne pour les droits de l’Homme B’Tselem –définie par le journal Haaretz comme l’une des des dix immigrants britanniques les plus influentes en Israël pour l’année 2011, et, depuis 2013 reconnue au niveau international parmi les 100 personnalités exemplaires cherchant à améliorer le monde.

Daniel Bar-Tal, fort de son prestige académique – il est l’auteur de plus de vingt livres et d’une centaines d’essais dans des ouvrages collectifs et autres revues sur les dynamiques sociales des conflits non résolus, les barrières socio-psychologiques empêchant la paix et comment les surmonter –  se retrouve aujourd’hui, avec ses collègues, à accomplir un effort herculéen : celui de convaincre l’opinion publique israélienne résignée que la fin de l’occupation des Territoires est une nécessité stratégique et économique pour Israël en plus d’être un devoir moral. Depuis cinquante ans – réfléchit Bar-Tal – nous vivons dans une réalité qui génère douleur et bains de sang tant chez les Juifs que chez les Palestiniens. L’occupation de la Cisjordanie, l’expansion continue des colonies et le blocus imposé à la bande de Gaza provoquent des cycles de violence récurrents, ils détruisent tout sentiment de sécurité et font payer un lourd tribut économique, social et mental aux deux parties en présence. Le contrôle d’Israël sur les Palestiniens viole leurs droits fondamentaux, l’occupation affaiblit le tissu moral et démocratique en Israël, et c’est un fossé interne sans précédent qui est en train de se creuser.

C’est pour ces raisons et en vue du cinquantième anniversaire de la guerre des Six Jours et du centenaire de la Déclaration Balfour – deux anniversaires pour lesquels se préparent des célébrations qui risquent d’avoir un impact symbolique dévastateur pour l’image internationale d’Israël – que les promoteurs de cette campagne demandent au gouvernement de se mettre sur le chemin de la paix en réalisant la solution à deux Etats, israélien et palestinien, l’un à côté de côte, ou la garantie en 2017 de droits égaux pour tous les résidents israéliens et palestiniens entre le Jourdain et la Méditerranée.

Le mouvement s’adresse idéalement à quiconque parmi les Juifs et non-Juifs veut mettre fin à l’occupation et reconnaît le droit d’exister de l’État d’Israël. Il demande aux individus et associations d’organiser des événements de sensibilisation sur l’occupation israélienne des Territoires, son coût et ses effets, entre le 5 juin 2016 et le 5 juin 2017 et, avec l’aide de sponsors et de militants, continue d’informer le public jusqu’à ce que l’objectif soit atteint.

Le climat politique en Israël et la situation régionale n’ont jamais été aussi défavorables à une campagne de ce genre. Les élections du 17 mars 2015, qui ont porté au pouvoir pour le quatrième fois Benjamin Netanyahu, confirment le changement profond survenu au sein de l’électorat israélien au cours de ces dernières décennies. En résumé : le déclin de la gauche pacifiste (pourtant soutenue par environ 40% de l’électorat israélien jusqu’en 1992, un pourcentage qui ne dépasse guère aujourd’hui les 18%) et l’accession au sommet de l’État de politiciens que l’on taxait, il y a vingt ans, d’extrémistes. Bar-Tal est loin d’être naïf, il est cependant convaincu que le patriotisme authentique en Israël doit passer par une active prise de position : « La politique du gouvernement sur les colonies viole non seulement le droit international, mais aussi les lois israéliennes, déstabilisant ainsi les fondements démocratiques sur lesquels ils sont basés. Si cette tendance n’est pas rapidement enrayée, la situation deviendra irréversible et nous assisterons bientôt à l’émergence d’un État binational de facto marqué par un apartheid dans lequel une population juive dominera l’ensemble de la population palestinienne vivant entre la Méditerranée et le Jourdain ».

Le groupe s’est donné deux grands objectifs : « Le premier – dit Bar-Tal – est de mobiliser cette partie importante de l’électorat israélien qui ne s’est jusqu’à présent pas exprimé contre l’occupation, en présentant l’essence même de l’occupation israélienne et le coût que la société israélienne paie depuis cinquante ans pour son maintien; le second est de montrer à la fois au gouvernement et à la communauté internationale qu’une grande partie des Juifs israéliens et de la diaspora s’opposent à l’expansion de l’occupation ».

Le mouvement, qui a déjà reçu le soutien de la majorité des organisations qui composent le Forum des ONG pacifistes (30 organisations en tout) et d’autres organisations israéliennes, sollicite l’appui de célébrités du monde du spectacle, de la science et de la culture d’envergure internationale et des organisations clés du monde juif progressiste tel la J Street américaine (groupe de pression à but non lucratif qui promeut une véritable gouvernance américaine pour que s’achève le conflit israélo-palestinien), British Yachad, ou les comités européens de Jcall.

Le mouvement « Save Israël. Stop the Occupation » (Siso) ajoute encore Bar-Tal, vise à amplifier les voix de tous ceux qui s’opposent à l’occupation et cherchent à y mettre fin, ces voix ne sont pas entendues depuis l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995. Entièrement autofinancé par ses partisans, le mouvement est à la recherche de militants et de philanthropes qui pourraient financer ces efforts de sensibilisation de l’opinion publique israélienne et étrangère.

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