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Hinder : « Dans le drame ne perdons pas l’espérance »

Giuseppe Caffulli
22 mai 2016
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Hinder : « Dans le drame ne perdons pas l’espérance »
Mgr Paul Hinder - photo d'archive.

Le vicaire apostolique de l'Arabie du Sud est modérément optimiste sur le sort du père Tom Uzhunnalil, salésien d’origine indienne, capturé le 4 mars dernier au Yémen.


« Pas de nouvelle, bonnes nouvelle ». La voix de l’évêque Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud (Emirats Arabes Unis, Oman et Yémen), ne laisse transparaitre qu’un optimisme modéré quant au sort du père Tom Uzhunnalil, salésien indien, enlevé par un commando extrémiste le 4 mars dernier au Yémen. Pour rappel, l’enlèvement eut lieu lors d’un massacre djihadiste perpétré à Aden et qui ôtait la vie à quatre Missionnaires de la Charité, sœurs de la congrégation fondée par mère Teresa de Calcutta, et à douze autres personnes, y compris le chauffeur et au moins deux autres collaborateurs éthiopiens de la communauté. Le père Tom était le seul prêtre catholique resté à Aden, il aurait été enlevé par le commando alors qu’il était en prière dans la chapelle.

Mgr Hinder appelle à une grande prudence : « Nous n’avons pas d’éléments nouveaux. Nous attendons et espérons pour le mieux ». Des sources gouvernementales indiennes rapportées par la presse internationale annoncent le salésien vivant, et affirment travailler à l’obtention de sa libération. Des sources catholiques indiennes, relayées par AsiaNews, prédisent même une libération « imminente » du religieux.

« La situation que nous avons connue ces derniers mois est certainement dramatique, mais comme Église, nous devons regarder les aspects positifs – écrit Mgr. Hinder -. Aux Emirats Arabes Unis et à Oman, il n’y a pas de problème. Je dirais que notre vie ecclésiale se poursuit. Il est clair que le climat général influencé par les menaces terroristes affecte notre présence : les mesures de sécurité sont donc un peu plus rigides que dans le passé, mais tout à fait convenables. Bien sûr, les guerres qui se déroulent en Syrie, en Irak et au Yémen ont également un impact ici. Il y a une peur bien réelle qu’elles puissent alimenter certains foyers locaux ».

Les autorités compétentes sont très attentives à la surveillance des risques possibles pour des cibles considérées sensibles, y compris les églises. « Selon les pays, il existe différents niveaux de sécurité. Au Qatar, par exemple, pour entrer dans les églises chrétiennes vous devez traverser des portes avec détecteurs de métaux. Par ailleurs, le contrôle s’effectue au travers d’un certain nombre de caméras et d’un contrôle du territoire par la police ».

Les fidèles du vicariat apostolique de l’Arabie du Sud sont presque tous des chrétiens d’autres pays du Moyen-Orient, d’Asie ou d’Afrique, avec une pluralité de langues, de rituels et de traditions. « En dépit de la tension provoquée par les conflits régionaux, nous n’avons pas remarqué une diminution de l’immigration et ce malgré la crise économique qui sévit aussi ici. Dans certaines paroisses, la fréquentation a même augmenté. Les Philippins, au moins aux Émirats Arabes Unis, demeurent la plus grande communauté ; en second lieu, viennent les Indiens ».

C’est justement d’Inde que seraient arrivé de nouvelles Missionnaires de la Charité. « Au Yémen, les sœurs sont encore présentes à Sanaa et Hodeydah. Et pour l’instant, elles n’entendent pas quitter le pays – explique Mgr. Hinder -. Au contraire, elles souhaitent revenir à Taiz, d’où elles sont parties, pour des raisons de sécurité, juste avant Pâques : elles se trouvaient sur la ligne de front entre l’armée et les milices Houthi. Ces dernières années, les sœurs ont payé le prix fort (en 1998, trois religieuses ont été tuées à Hodeydah – ed). Leur témoignage de foi au Yémen est vraiment un exemple pour nous tous ».

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