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Faillite financière pour l’Autorité palestinienne ?

Terrasanta.net
23 septembre 2016
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Faillite financière pour l’Autorité palestinienne ?
Une vue du centre-ville de Ramallah © Zack Wajsgras / Flash90

L'aide financière internationale au gouvernement palestinien a enregistré une baisse sans précédent.


(Jérusalem/n.h) – Une chute de 70% a été constatée au cours des quatre dernières années, a déclaré le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah à Maan TV. Selon lui, elle a régressé de 313 millions d’euros entre janvier et août 2016.

 Après l’établissement de l’Autorité palestinienne en 1994 suite à l’accord d’Oslo, la communauté internationale a promis de fournir un soutien financier d’une valeur de 1,3 milliards d’euros  par an. Selon Hamdallah les pays donateurs se sont globalement tenus à leurs engagements jusqu’en 2012, après quoi le soutien budgétaire a commencé à diminuer. Il est tombé à 672 millions d’euros en 2015, selon les chiffres du Ministère palestinien des finances.

Le budget général palestinien et celui du développement pour 2016 s’élève à 3,811 milliards d’euros. 672 millions devait être reçu par l’aide financière étrangère et dédiée au budget de fonctionnement et 218 pour le budget de développement. Ce dernier s’occupe principalement du développement des centres d’éducation, la santé et des affaires sociales. Cependant, seulement 357 millions d’euros ont été reçus dans le cadre du budget 2016.

Le déficit de financement – dépenses sans couverture financière -, approuvé par le président Mahmoud Abbas le 9 janvier, a atteint 337 millions  d’euros, mais il est prévu de s’élargir si l’aide étrangère devait rester inférieure au budget.

 « Il y a un blocus financier sur la Palestine en raison de sa position politique, a déclaré Hamdallah dans le même entretien. Les États-Unis payaient 893 million d’euros chaque année lorsque l’Autorité palestinienne a été créé. Ils n’ont versé que 223 millions d’euros en 2015 pour des projets et des institutions. Le Trésor public n’a reçu aucun dollar du gouvernement américain cette année. »

«Les Emirats Arabes Unis n’ont payé aucun dirham entre 2013 et 2016, a ajouté Hamdallah. Les promesses de la conférence des donateurs du Caire le 12 octobre 2014 (à payer 180 millions d’euros pour la reconstruction de la bande de Gaza) n’ont pas été tenues. Pour sa part, le Qatar a payé 133 millions d’euros au Trésor palestinien en 2013 en trois tranches, mais pas un seul dirham entre 2014 et 2016. Cependant, le Qatar mène directement des projets à Gaza », tel que le projet de logement appelé Hamad Town, les projets de développement des infrastructures et plus récemment le paiement d’un mois de salaire pour les employés du gouvernement de Gaza.

Il a en outre noté que l’Arabie saoudite et l’Algérie financent le budget de l’AP régulièrement; l’Arabie Saoudite paie 18  millions d’euros par mois, tandis que l’aide accordée par l’Algérie était de 47 millions d’euros l’an dernier, soit 4 millions d’euros par mois.

« La principale raison derrière le déclin de l’aide financière est le processus politique israélo-palestinien au point mort, a déclaré Mohammad Shtayyeh, à la tête du Conseil économique palestinien pour le développement et la reconstruction. Le but de cet argent est principalement pour aider à trouver un accord politique», a déclaré Shtayyeh.

Bien que le gouvernement palestinien ait augmenté ses parts dans les recettes douanières d’Israël de 350 millions de shekels à 600 millions de shekels par mois (83 millions d’euros à 142 millions d’euros), cela ne semble pas suffire pour contrebalancer le soutien international en baisse.

Pour Nasr Abdul Kareem, professeur d’économie à l’Université de Birzeit, le gouvernement a très peu de choix. « L’option la plus facile et la moins coûteuse est la rationalisation des dépenses et l’austérité du gouvernement, conformément à une politique programmée. Le gouvernement pourrait travailler à améliorer la collecte des impôts et de lutter contre la fraude fiscale, tandis que l’AP pourrait faire pression sur les pays arabes pour activer le ‘filet de sécurité’. »

« Le gouvernement palestinien maintient des canaux de communication ouverts avec les pays arabes et amis, pour surmonter l’aide internationale en déclin »,  a déclaré le porte-parole du gouvernement palestinien Youssef Mahmoud. Notant que la Palestine est financièrement sous pression par certains pays pour ses positions politiques, faisant référence au négociations en suspend avec Israël et ses candidatures aux instances internationales.

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