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La religion ne sera plus mentionnée à l’Université du Caire

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12 octobre 2016
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La religion ne sera plus mentionnée à l’Université du Caire
Femme égyptienne heureuse de montrer sa carte d'identité nationale ©UN Women/ Fatma Elzahraa Yassin

L’Université du Caire a annoncé mardi 11 octobre supprimer de tous ses documents officiels, diplômes compris – la mention religion. Une révolution dans l’Université réputée pour être la 4e meilleure du monde arabe.


(Le Caire MC/MAB) – Mardi 11 octobre, à la surprise générale, l’Université du Caire a annoncé la décision de supprimer le champ religion de tous les papiers administratifs qu’elle utilise y compris les certificats d’étudiants ou les diplômes.

La mesure concerne également les professeurs, leurs assistants et tous les départements de l’Université dans tous les cycles.

L’université, classée en 2016 la 4e meilleure université des pays arabes, a fondé sa décision sur le texte de la Constitution de 2014 et un décret-loi présidentiel de 1972 sur l’organisation des universités et approuvé par le président de l’Université de l’époque.

Si le texte de la Constitution de 2014 rappelle que l’islam est religion d’État, il stipule aussi : « Les citoyens sont égaux devant la loi, ils ont les mêmes droits et devoirs, sans discriminations fondées sur la religion, la croyance, le sexe, l’origine, la race, la couleur, la langue, le handicap, la classe sociale, l’appartenance politique ou géographique, ou pour toute autre raison. La discrimination et l’incitation à la haine sont des crimes punis par la loi. L’État doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer toutes les formes de discrimination, et la loi réglemente la création d’une commission indépendante à cet effet. » (III, article 53).

En juillet dernier, 60 parlementaires égyptiens avaient signé un projet de loi demandant à ce que la même décision soit prise pour la carte d’identité nationale obligatoire pour tous les Egyptiens à partir de leurs 16 ans.

Les débats qui avaient suivi avaient été vifs. Les partisans de la réforme proposaient que la société se fonde sur la citoyenneté et non sur la religion. Leurs opposants y avaient vu un affront à l’identité musulmane de l’Egypte arguant de questions juridiques diverses telles celles liées au mariage, à l’héritage mais aussi mentionnant des rituels liés à l’Islam pour lesquels il faut faire la preuve de sa religion.

A l’époque, le Comité de la délivrance des fatwas d’Al-Azhar – sous l’influence des salafistes – s’était farouchement opposé au projet. D’après lui l’abolition de la case religion sur la carte d’identité était futile. Il estimait que la liberté de religion était déjà acquise en Egypte mais surtout que cette possibilité « conduirait à la confusion dans les relations entre l’Egypte et certains pays comme l’Arabie saoudite, où certains lieux ne sont accessibles qu’aux musulmans, comme la Mecque par exemple. »

Comme on s’en doute, les partis coptes étaient plus que favorables à voir la citoyenneté prendre le pas sur la religion, espérant ainsi voir diminuer le fanatisme national religieux musulman.

Le projet de loi ne fut pas adopté, mais ses défenseurs n’ont pas rendu les armes qui devaient travailler à la rédaction d’un nouveau texte. Cette décision de l’Université de Caire sera-t-elle de nature à faire évoluer le débat ?

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