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Le Hamas pour un état palestinien dans les frontières de 67

Arianna Poletti
4 mai 2017
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Le Hamas pour un état palestinien dans les frontières de 67
Khaled Meshaal à droite en visite à Gaza en 2012 © Abed Rahim Khatib / Flash 90

La nouvelle charte d'Hamas a été présentée à Doha par son leader en exil. Le mouvement islamique armé, au pouvoir à Gaza, revient sur certains principes. Explications. 


Khaled Meshaal, leader en exil, a présenté en début de semaine la nouvelle charte du Hamas. Le document remplacera celui en vigueur jusqu’à maintenant, la Charte initiale, signée en 1988. C’est un tournant dans la rhétorique du Mouvement de Résistance Islamique. Le Hamas  réitère le projet d’un Etat palestinien « dans les frontières du 4 juin 1967, approuvant de façon implicite la solution à deux Etats. Auparavant, l’objectif du Hamas avait toujours été l’élimination complète de son voisin, pour un retour à la Palestine mandataire « du Jourdain à la mer ». Cependant, même dans la nouvelle charte, le mouvement ne reconnaît pas l’Etat d’Israël. Pourquoi?

11 chapitres, 42 points, trois conditions: un Etat palestinien qui soit «souverain et indépendant»; la ville de Jérusalem comme capitale de l’Etat; la possibilité de retour pour les refugiés. En outre, la charte sonne un nouveau caractère politico-national au combat, qui ne veut pas être religieux. Le Hamas déclare s’opposer au projet sioniste, sans s’opposer à la religion juive en tant que telle. Enfin, la nouvelle Charte ne mentionne jamais les liens entre le Mouvement des Frères Musulmans, alors que ses trois fondateurs de 1987 en étaient membres. La charte initiale, au contraire, insistait à plusieurs reprises sur ce lien. Une autre nouveauté, du moins sur le papier.

Depuis longtemps on attendait cette publication. Elle «semble être une tentative d’éviter l’isolement international», rapporte Al-Jazeera. Intéressant le point de vue de Mohammad Abu Saada, professeur à l’Université al-Azhar de Gaza, auquel le journal qatarien donne la parole. Selon Abu Saada, le document «s’adapte aux conditions dictées par l’Egypte et il calme les peurs du voisin». En effet, l’Egypte d’Al-Sisi condamne fermement l’organisation des Frères Musulmans, et tient le Mouvement pour une organisation terroriste.

«Hamas est en train de marcher sur une ligne de crête entre ses partisans extrémistes et modérés», continue le professeur. Cette décision s’inscrit dans la perspective de la rencontre entre le secrétaire de l’Organisation de libération de la Palestine Mahmoud Abbas et le président américain Donald Trump, du 3 mai. «La vérité est que cette position est le résultat d’une pression considérable exercée sur le mouvement par les acteurs régionaux et internationaux qui veulent le voir reprendre les discussions de réconciliation avec le Fatah et modérer sa position à l’égard d’Israël», écrit Al-Jazeera.

Entre-temps, rien n’a changé pour Israël. Le porte-parole de Benjamin Netanyahu a fait savoir que la position d’Israël sur Hamas restait la même: c’est un mouvement terroriste armée. C’est aussi le point de vue de la communauté internationale. La fin de non-recevoir par l’Etat Juif a précédé la déclaration officielle du Mouvement à Doha, a souligné le quotidien israélien Haaretz, en qualifiant la démarche « d’écran de fumée ».

Hamas – acronyme de Mouvement de Résistance Islamique en arabe – gouverne la bande de Gaza depuis les élections de 2006. Depuis Fatah et Hamas s’affrontent. Et l’Autorité Palestinienne reste divisée.

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