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Bientôt un synode inter-rituel pour les catholiques d’Alep

Christophe Lafontaine
23 novembre 2017
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Bientôt un synode inter-rituel pour les catholiques d’Alep
Les rencontres entre religieux des différents rites catholiques sont courantes à Alep. Ici à l'occasion de la visite en mai 2017 du Ministre Général des Franciscains ©Paroisse st Francois Alep

Les six Eglises catholiques présentes à Alep ont décidé de mettre en chantier un «Synode inter-rituel». Objectif: prier et réfléchir sur les conséquences du conflit syrien et l’avenir pour les communautés catholiques.


Onze mois après la fin des combats, Alep se relève doucement et la communauté catholique aussi. Elle qui envisage de se lancer dans un temps synodal de prière, de réflexion et de partage. « Après tout ce qui est arrivé dans notre ville au cours des années de conflit, nous désirons voir ensemble ce que l’Esprit Saint attend de nous et de nos communautés, dans le temps que nous avons devant nous », a indiqué à l’Agence Fides Mgr Georges Abou Khazen OFM, Vicaire apostolique d’Alep pour les catholiques de rite latin. Dans son édition du 23 novembre 2017, l’agence vaticane annonce donc la préparation d’un « Synode inter-rituel » qui réunira les six Eglises catholiques présentes dans la deuxième ville de Syrie, ancienne capitale économique du pays. Ce sera l’occasion d’un « moment utile, détaille l’agence Fides, « pour panser les blessures et demander à guérir des fragilités et de l’affaiblissement que les communautés ont subi à cause de la guerre. »

Le futur synode devrait donc rassembler les syriaques catholiques, les latins, les melkites, les arméniens, les maronites et  les chaldéens. Et  devrait donc voir selon l’agence Fides « la participation active » des pasteurs et des communautés de ces différents rites catholiques.

Les préparatifs en sont encore au stade embryonnaire. D’ailleurs, pour l’heure, ni le lieu, ni la date ni la durée n’ont été évoquées. Mais l’agence de presse vaticane explique que le temps synodal se développera certainement, « pendant au moins un an » ponctué par des rencontres, des liturgies et des méditations.

Alep compte six Eglises catholiques, trois Eglises orthodoxes, une Eglise luthérienne. Toutes ces Eglises collaborent pour aider la population aleppine. A titre d’exemple, les six Eglises catholiques d’Alep coopèrent déjà entre elles sur le plan humanitaire et gèrent ce qu’on appelle « le point du lait ». Chaque mois du lait est distribué à environ 2 600 enfants de la ville, nous rappelait en février 2017 l’Œuvre d’Orient. Les Eglises distribuent aussi un panier alimentaire, sanitaire, paient les frais de scolarité et le logement pour les familles. Au final, les Eglises sont devenues comme « une association humanitaire », pour reprendre les mots du Père jésuite Ziad Hilal cité par l’association chrétienne au service des chrétiens d’Orient. 

Ravagée par près de cinq ans de guerre, la ville d’Alep porte en elle encore des stigmates. Alep, fut la deuxième ville la plus importante de l’Empire ottoman après Constantinople (aujourd’hui Istanbul) qui développa un quartier chrétien au XVIème siècle et qui se dota de nombreuses églises. Les bombardements particulièrement orientés vers cette partie de la ville depuis 2011 et plus particulièrement en avril et mai 2015, ont gravement endommagé les cathédrales maronite, melkite, arménienne catholique et complètement détruit l’église arménienne grégorienne des Quarante martyrs connue pour ses magnifiques icônes.

Divisée pendant 4 années entre forces du régime et rebelles, « la ville s’est vidée de ses habitants et plus de deux-tiers des chrétiens sont partis » indiquait fin octobre 2017, l’Aide à l’Eglise en détresse. En 2013, 160 000 chrétiens y vivait.

A quelques jours de la reprise de pourparlers à Genève, Mgr Khazen a indiqué également à l’Agence Fides que les habitants de la ville attendent beaucoup des rencontres qui ont récemment eu lieu entre responsables politiques régionaux – comme celle entre le président russe, Vladimir Poutine et le Président syrien, Bashar al-Assad, et le Sommet de Sotchi (Russie) entre les Présidents russe, turc et iranien – qui pourraient avoir des effets notables sur l’avenir de la Syrie. « Nous – reconnaît l’évêque franciscain – ne savons pas de quoi ils ont parlé mais tous espèrent qu’une paix durable se consolidera et qu’il sera possible de commencer à reconstruire le pays. »

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