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Damas: appels du monde entier pour arrêter les massacres

Terrasanta.net
28 février 2018
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Damas: appels du monde entier pour arrêter les massacres
Février 2018: un enfant blessé lors d�un bombardement sur la Ghouta orientale.

En Syrie, dans la Ghouta occupée par les extrémistes islamiques et bombardée par le gouvernement, 400 mille personnes endurent les horreurs de la guerre. Des demandes émanent partout dans le monde pour que soit mise en œuvre la résolution de l'Onu.


Chaque année rappelle le massacre de civils à Srebrenica et le siège de Sarajevo qui a duré 47 mois. Dans la Ghouta orientale, une enclave aux portes de Damas, environ 400 000 personnes sont maintenant prises au piège d’un siège qui est sur le point d’atteindre sa cinquième année. La zone est devenue un immense camp de concentration où l’on peut mourir de faim ou par manque de soins, même sans être touché par les bombes. C’est ce qui se passe ces jours-ci, particulièrement pour les enfants et les personnes âgées.

Les opérateurs des Nations unies sont prêts à intervenir avec les aides d’urgence maximale, comme l’a déclaré le Secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, mais nous devons « arrêter cet enfer sur terre ». Dimanche 25 février, le Pape a rappelé dans l’Angélus la guerre qui « s’est intensifiée, spécialement dans la Ghouta orientale », demandant que soient permis l’accès à l’aide humanitaire et l’évacuation des blessés et des malades. « Tout cela est inhumain – a ajouté le Pape -. On ne peut pas combattre le mal par un autre mal. Et la guerre est un mal ». Ce même dimanche, les forces armées du gouvernement syrien ont bombardé la zone avec des frappes aériennes et des obus d’artillerie, violant la résolution 2401 du Conseil de sécurité des Nations unies approuvée à l’unanimité la veille et appelant à un cessez-le-feu de 30 jours dans tout le pays. La résolution exige que l’aide humanitaire et les soins médicaux arrivent à  la Ghouta et que les blessés puissent être évacués.

Mais le texte ne précise pas les modalités d’intervention. Le lundi 26 février, le président russe, Vladimir Poutine a ordonné une trêve de plusieurs heures par jour et l’ouverture d’un couloir humanitaire pour évacuer les civils. Poutine a été accusé par les pays occidentaux de retarder l’adoption de cette résolution de deux semaines, permettant ainsi à Bachar al-Assad d’intensifier les attaques contre la Ghouta. Attaques qui n’ont quoi qu’il en soit pas cessé parce que, comme l’a déclaré l’ambassadeur de Damas à l’Onu, le gouvernement continuera à traquer ceux qu’il considère comme des groupes terroristes. Par conséquent, l’annonce de Poutine est le seul espoir pour une mise en œuvre efficace de la résolution de l’Onu, compte tenu du rôle que les forces russes ont en soutenant l’allié Assad.

Depuis 2012, ce territoire d’environ 100 kilomètres carrés, à une demi-heure de route du centre de Damas, est entre les mains de plusieurs groupes rebelles armés qui, en 2017, ont également eu des affrontements entre eux. Les formations militantes qui l’ont occupé sont Jaish al-Islam, un groupe salafiste basé dans la ville de Douma; Hayat Tahrir al-Sham, des membres d’al-Qaeda connus dans le passé comme le front Al-Nusra; Faylaq al-Rahman, affilié à l’Armée syrienne libre, religieusement moins extrémiste, ainsi que d’autres groupes minoritaires.

La Goutha orientale est une épine dans le pied du gouvernement de Damas, qu’Assad tente de récupérer à tout prix. A partir de là, de nombreuses attaques contre la capitale ont commencé, y compris les obus de mortier récents qui ont frappé la vieille ville et les quartiers chrétiens.

Dans ce cadre, des civils sont pris au piège : plus de 500 personnes ont été tuées en une semaine, selon les principaux médias internationaux, dont 130 enfants. Rien que dimanche, après l’approbation de la résolution de l’Onu, les victimes auraient été 14. Mais depuis des années, la population est l’une de celles qui souffrent le plus de la guerre. En août 2013, la Ghouta a été la cible d’une attaque à l’arme chimique (au gaz sarin), la plus connue de tout le conflit et dont les forces gouvernementales ont été accusées. Avec la médiation russe, Damas a rejoint le traité de l’Onu pour l’interdiction de ces armes. Mais l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques accuse le gouvernement de Damas (en plus de l’Etat islamique pour d’autres attaques) de continuer à utiliser des armes chimiques. Damas nie sa responsabilité, mais en octobre 2017, la Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité pour enquêter sur ces armes prohibées.

Depuis le 18 février, les raids aériens se sont poursuivis et les troupes au sol se sont regroupées autour du territoire assiégé. En plus des bombes, des barils remplis d’explosifs ont été déchargés et détruisent encore plus indistinctement. Même les forces russes, avant la résolution de l’Onu, étaient directement impliquées dans les attaques.

Médecins sans frontières a annoncé que 13 établissements médicaux dans lesquels l’ONG est présente ont été affectés. Le système hospitalier est croulant. Les habitants se cachent dans les caves et dans d’autres abris souterrains. Ceux qui ont réussi à survivre durant ce long siège ont pu le faire grâce à la culture de certaines terres et à la contrebande de marchandises et de carburant à travers des tunnels souterrains qui reliaient la Ghouta orientale à d’autres districts de Damas. Aujourd’hui, le réseau de tunnels est démantelé et se trouve sous les bombardements continus. La situation est désespérée.

Le cardinal Mario Zenari, nonce apostolique à Damas, ne cesse de dénoncer la détérioration de la situation en Syrie et l’horreur dans laquelle se trouvent des milliers de personnes, victimes d’atrocités provoquées par de nombreuses factions armées durant la guerre civile. Le Conseil œcuménique des Eglises a exprimé dans un communiqué sa consternation face à ce qui se passe ces jours-ci dans la Ghouta, mais aussi à Afrin et dans toutes les zones en état de siège qualifiant la situation de « moralement inacceptable et condamnable au regard de toutes les normes, y compris celles du droit international ».

Les familles prises au piège, qui ont subi outre le siège, l’oppression des groupes armés extrémistes, savent que sortir du siège signifie se rendre au gouvernement. Le même gouvernement qui en 2011 avait arrêté les manifestations pacifiques de l’opposition avec des bombes. Comme à Sarajevo en 1994, à Grozny en 2000 ou au Sri Lanka en 2009, la majorité, désarmée, meurt. (F.P.)

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