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Pourquoi les cours à l’Université de Bethléem sont suspendus

Christophe Lafontaine
11 février 2019
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Pourquoi les cours à l’Université de Bethléem sont suspendus
Depuis cinq jours, le campus de l'Université de Bethléem (BU) est fermé aux étudiants © Facebook BU

Dans une déclaration publiée le 9 février 2019, l’Université de Bethléem explique avoir suspendu les cours suite aux interruptions répétées du Conseil étudiant à cause d’un litige à propos des frais de formation.


« Les cours reprendront lorsque nous serons certains que la situation permettra aux classes de fonctionner normalement sans interruption », a signé samedi dernier, le frère Peter Bray, vice-chancelier de l’université de Bethléem dans une déclaration publique. Depuis le mercredi 6 février, l’établissement catholique au service des Palestiniens, placé sous la responsabilité des Frères des écoles chrétiennes, est fermé. Et ce, jusqu’à nouvel ordre. C’est la première fois en 45 ans.

L’Université juge responsable le « Student Senat » (le conseil des représentants étudiants) qui depuis le 25 janvier dernier a plusieurs fois perturbé et empêché le bon déroulement des cours. Certains membres de ce conseil affirmant que cela fait plus de sept mois qu’ils tentent de trouver une solution face à « l’augmentation des frais de formation pour les facultés des sciences infirmières et des sciences de l’éducation, et au rétablissement de la taxe pour le paiement échelonné », indique le site du Patriarcat latin. Un différend dont l’origine remonte à deux ans mais qui semblait avoir été réglé puisque les mesures ont été approuvées puis mises en place en 2016 et que les étudiants ont déjà payé les augmentations l’année dernière et pour l’année en cours.

Toujours est-il qu’en l’espace de 15 jours, pas moins de quatre interruptions de cours ont eu lieu, émanant du « Student Senate ». Si bien que l’Administration, lasse des étudiants grévistes, a pris la décision de suspendre les classes jusqu’à la résolution de la crise. Non pour punir ses étudiants comme elle s’en défend dans son communiqué du 9 février, mais pour clarifier les choses : « Notre responsabilité est de fournir un enseignement supérieur de qualité au meilleur coût possible, tout en garantissant la continuité de l’institution dans une atmosphère d’organisation, de sécurité et de sérénité. »

Le vice-chancelier de l’Université de Bethléem a déclaré dans son communiqué que l’université veillait à maintenir les frais de scolarité à un niveau abordable pour les étudiants. En insistant sur le fait que les membres de l’Administration sont « très conscients de la situation économique du pays. » Et d’expliquer que « dans le même temps, nous devons être conscients du coût de l’enseignement, de la formation et des besoins de l’institution universitaire afin de pouvoir continuer à fournir nos services. » L’administration se sentant frustrée parce que les étudiants refusent de prendre en compte qu’ils doivent eux aussi contribuer au soutien de l’Université même de façon minime. Chaque demande de l’Université rencontrant des pressions immédiates de la part des étudiants se mettant en grève.
Pour ne rien arranger à la situation, l’université n’a pas encore reçu l’aide annuelle de 1,3 million de dollars de l’Autorité palestinienne (un chiffre contesté par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur), a précisé George Rishmawi, le responsable de la communication de l’Université de Bethléem, cité par l’agence Wafa. Pour mémoire, depuis 2018, l’administration américaine a pris des mesures pour supprimer tout financement et toute aide à l’Autorité palestinienne et aux Palestiniens. George Rishmawia cependant démenti les informations communiquées par les médias faisant état d’un manque de fonds comme motif de la suspension des cours.

Impasse et conséquences sur le cursus scolaire

Selon une précédente déclaration du frère Peter Bray, en date du 6 février, l’Université de Bethléem annonce payer plus de la moitié des cours avec de l’argent provenant de sources externes. Trois jours plus tard, il redisait combien l’Université de Bethléem était soucieuse de venir en aide aux étudiants ayant des difficultés financières. N’hésitant pas à avancer avoir – pour l’année dernière –« octroyé des bourses d’un montant supérieur à 1,2 million de dollars, qui ont bénéficié à environ 1 250 étudiants, soit 35% de l’ensemble des étudiants. » L’université de Bethléem, aux chiffres d’octobre 2018, accueille 3 323 étudiants, dont 76% de musulmans et 24% de chrétiens.

Ces éléments d’information réussiront-ils à réconcilier l’Administration de l’Université et le « Senate Student » ? Jusqu’à présent, les discussions ont fait chou blanc. Dans son dernier communiqué, fidèle à sa devise « Indivisa Manent » (rester unis), l’Université dit continuer à tendre la main à ses étudiants. En proposant d’une part de passer en revue les frais de stage en Education et d’autre part, de réviser les critères qui sont appliqués pour les étudiants dans le besoin. En espérant que les étudiants répondront à cette « proposition (…) pour mettre fin à cette crise », conclut le communiqué.

La pression augmente au fur et à mesure que le deuxième semestre de l’année avance. Plus la suspension des cours durera, plus cela entraînera du retard dans les examens de fin d’année sans compter le risque de faire annuler l’université d’été.

 

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