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Lieux saints et Golan au menu du sommet de la Ligue arabe

Christophe Lafontaine
2 avril 2019
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Lieux saints et Golan au menu du sommet de la Ligue arabe
Plaque de rue à Tunis (Tunisie), ville où a eu lieu le 30ème sommet de la ligue arabe le 31 mars 2019. © Sami Mlouhi / Wikimedia Commons

Le 31 mars à Tunis, les dirigeants arabes ont rejeté la reconnaissance américaine de la souveraineté d'Israël sur le Golan. Le roi de Jordanie a réaffirmé la garde des lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem.


« Nous, dirigeants des pays arabes réunis en Tunisie, exprimons notre rejet et notre condamnation de la décision des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan », a affirmé lors d’une conférence de presse le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Ahmed Aboul Gheit. Une déclaration tenue à la fin de la 30ème session du sommet arabe annuel qui a rassemblé les leaders arabes, le 31 mars dernier à Tunis (Tunisie).

Il faisait bien sûr référence à la récente déclaration américaine du 25 mars dernier concernant la majeure partie du plateau syrien occupé et administré par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967 puis annexé unilatéralement en 1981.

Ahmed Aboul Gheit a aussi annoncé à propos de cette question que les pays arabes présenteraient un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies et demanderaient un avis juridique à la Cour internationale de justice sur la décision américaine.

Lors du sommet de Tunis, le président de l’Autorité palestinienne a soutenu qu’après le Golan, les Etats-Unis laisseront Israël annexer des parties de la Cisjordanie et créer un Etat à Gaza. « Ce que les Etats-Unis nous préparent est encore plus dangereux. Ils diront à Israël d’annexer une partie de la terre palestinienne, de donner ce qu’il en reste en autogestion et d’accorder à la bande de Gaza un Etat nominatif avec lequel le Hamas pourra jouer », a déclaré Mahmoud Abbas.

La garde des lieux saints à Jérusalem

De son côté, le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que « la cause palestinienne doit rester la cause première et principale des Arabes. » Et d’ajouter : « ll ne peut y avoir de sécurité, de stabilité et de prospérité dans la région sans une solution juste et durable à la question palestinienne qui réponde aux aspirations du peuple palestinien d’établir un Etat palestinien indépendant sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, fondée sur la solution des deux Etats, l’Initiative de paix arabe, le droit international et les résolutions pertinentes des Nations unies. » L’initiative de paix de la Ligue des Etats arabes a été proposée en mars 2002 offrant à Israël une paix en échange du retrait des territoires occupés lors de la guerre de 1967, de la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le roi a également évoqué les violations des lieux saints musulmans et chrétiens à Jérusalem, « visant à changer l’histoire et l’identité de la ville. » Il a ainsi réaffirmé que la Jordanie, conformément à la tutelle hachémite sur les lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem « continuera d’assumer son rôle historique en matière de sauvegarde de ces lieux saints. »

Le souverain jordanien, le même jour, avait salué dans un tweet l’appel conjoint du pape et du roi du Maroc sur Jérusalem, « qui souligne le statut de la noble Jérusalem en tant que symbole de la vie commune et de l’héritage humain. Jérusalem nous unit et ne nous divise jamais, et nous devons maintenir la ville comme voie menant à la paix. »

Abdallah II avait reçu l’avant-veille à Assise la Lampe de saint François « pour son action et son engagement visant à promouvoir les droits de l’homme, l’harmonie entre des religions différentes et l’accueil des réfugiés. »  Dans son discours, il avait redit le « devoir personnel et particulier » qui lui incombait « vis-à-vis de la sécurité et de l’avenir de la ville sainte. » Soulignant par ailleurs que « la Jordanie participe activement à la rénovation historique de précieux lieux saints musulmans et chrétiens, y compris l’église du Saint-Sépulcre. »

La tutelle hachémite a été confirmée par les accords de paix avec Israël de 1994. Et, en 2013, l’Autorité palestinienne a signé un accord avec la Jordanie reconnaissant le rôle de la Jordanie sur les lieux saints.

Certains observateurs laissent entendre que le « deal du siècle » du président Trump pour la paix au Moyen-Orient cherche à changer le statut actuel à Jérusalem-Est et notamment celui de l’Esplanade des mosquées sur laquelle l’Arabie Saoudite aurait des vues et qui pourrait se voir attribuer sa gestion.

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