Des clés pour comprendre l’actualité du Moyen-Orient
Éditorial

Plus que jamais enraciner l’avenir

Marie-Armelle Beaulieu
email whatsapp whatsapp facebook twitter version imprimable

L’éditorial, c’est l’article que le rédacteur en chef écrit en dernier. Quand il a une vision panoramique du numéro. Quand il apprécie la variété des sujets ou de leurs traitements ou quand il s’étonne qu’un fil conducteur se soit immiscé – presque à son insu – pour lier les sujets les uns aux autres.

L’éditorial, c’est ce moment où le chef pâtissier met la cerise sur le gâteau. Il ressent autant de contentement que d’appréhension. Qu’en pensera le lecteur ?

En survolant les articles sur les écoles, je pensais à toutes les photos regardées pour faire la sélection. À ces bonnes bouilles de gamins, les uns timides, les autres rêveurs, je revoyais les espiègles et les bougons. Et les profs… Quelle énergie il faut avoir pour tenir une classe et parler de paix aux enfants quand, pour les enseignants venant de Bethléem, on a commencé sa journée par attendre, dans un corridor grillagé, que les soldats au checkpoint veuillent bien vous laisser passer.

L’unique point positif de cette guerre, si Israël réduit ses ennemis de l’extérieur, il n’y a aura plus de risque et les pèlerinages pourront reprendre. On vous attend !

Je les ai rencontrés, petits et grands, j’en suis témoin, ils veulent croire en leur avenir. Même si personne ne s’en cache, depuis deux ans et demi, c’est plus dur.

Puis Israël a déclaré la guerre à l’Iran qui a répliqué. “Lorsque nous avons entendu les sirènes annonçant le début de la guerre, explique le père Ibrahim Faltas, les petites filles ont commencé à pleurer, tout comme les enseignantes.”

Dans le dossier consacré aux écoles, nous avons interviewé ce franciscain qui affirmait : “Notre mission est d’éduquer à la paix”.

Derrière les pleurs des petites filles et des enseignantes, il n’y a pas que la peur du danger, il y a l’épuisement de la communauté palestinienne, musulmane et chrétienne. Celui de la communauté chrétienne est d’autant plus fort qu’elle est plus petite et plus morcelée sur le territoire.

Manifestement, nous n’avons pas la foi à déplacer les montagnes ou arrêter les guerres.

Mais il nous reste celle pour travailler à préserver les chances d’avenir, dans leur pays, de ces enfants.

L’unique point positif de cette guerre, si Israël réduit ses ennemis de l’extérieur, il n’y aura plus de risque et les pèlerinages pourront reprendre. Ils sont un soutien humain, priant et financier. Nous vous attendons donc en masse, dès le printemps, espérons.