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Franciscaines, au féminin pluriel

Marie-Armelle Beaulieu
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Franciscaines - Le brun ne fait pas la franciscaine, comme le démontrent ces sœurs franciscaines de l’Immaculée profitant de la vue sur Jérusalem le dimanche des Rameaux. ©Abir Sultan/Flash90

La suite de saint François se conjugue aussi au féminin. Il y aurait 350 à 450 congrégations fémi-nines franciscaines dans le monde (sacrée fourchette !). Il n’y en a “que” 8 dans le diocèse de Jérusalem, sans oublier les clarisses.


De Dieu on raconte qu’il ignore deux choses : ce que va dire un dominicain quand il monte en chaire et le nombre de congrégations féminines. Ce que Dieu et l’annuaire diocésain savent en revanche, c’est qu’il y a actuellement dans le diocèse de Jérusalem 8 congrégations féminines portant explicitement le nom de “franciscaines”. Elles enseignent, soignent, accueillent les pèlerins, accompagnent les personnes âgées ou servent les sanctuaires. Elles réunissent une centaine de religieuses dans les communautés recensées en Israël, dans les Territoires palestiniens, en Jordanie et à Chypre.

C’est à Jérusalem que leur présence est la plus nombreuse : 39 religieuses y vivent et travaillent. Elles assurent le service des couvents, l’animation liturgique, l’accueil des pèlerins, mais aussi des missions éducatives, spirituelles et administratives.

En Israël 23 autres sœurs sont présentes à Haïfa, Nazareth, Cana, Tabgha et au mont des Béatitudes. Elles servent les sanctuaires et les maisons d’accueil, dirigent des écoles et travaillent également à l’hôpital italien de Haïfa. Dans les Territoires palestiniens, une dizaine de sœurs sont réparties entre Bethléem et Jéricho. Certaines servent le couvent franciscain Sainte-Catherine, près de la basilique de la Nativité. D’autres dirigent une école, une maternelle ou une maison de repos.

À Beit Sahour, les Franciscaines de l’eucharistie portent également le programme Holy Child (Saint Enfant), destiné aux enfants souffrant de troubles psychologiques.

Présence discrète

La Jordanie compte 16 religieuses franciscaines. Leur mission passe par l’enseignement, un orphelinat, un centre vocationnel et l’accompagnement des personnes âgées. À Chypre, elles sont 27, présentes à Kormakitis, Larnaka et Limassol. Elles y tiennent des écoles, assurent la catéchèse et prennent soin des personnes âgées.

Derrière le mot “franciscaines” se cachent des familles religieuses bien distinctes : Sœurs franciscaines missionnaires de Marie (1885*) ; Sœurs franciscaines missionnaires du Sacré-Cœur (1923) ; Sœurs minimes franciscaines du Sacré-Cœur (1977) ; Sœurs franciscaines de l’eucharistie (1978) ; Sœurs franciscaines de la Croix du Liban (1993) ; Sœurs franciscaines de l’Immaculée (2004) ; Filles franciscaines de sainte Élisabeth (2016).

Elles ne portent pas le même habit, ils ne sont pas forcément bruns et surtout, elles n’ont pas la même histoire. Mais leurs missions dessinent un visage commun : celui d’une présence discrète, enracinée dans le service.

*Année d’installation  en Terre Sainte

Les clarisses, le silence au cœur  de la Terre Sainte

La présence des clarisses en Terre Sainte est discrète mais ancienne. L’ordre fondé par sainte Claire d’Assise comptait un couvent à Saint-Jean d’Acre au XIIIe siècle. Les 74 sœurs furent tuées durant le siège de la ville en 1291.

Leur retour se fit à Nazareth, en 1884, puis à Jérusalem en 1888. Ces deux communautés sont nées de l’élan missionnaire de clarisses françaises venues de Paray-le-Monial.

À Nazareth, les sœurs vivent à quelques pas de la basilique de l’Annonciation. Leur vocation est celle de toutes les clarisses : une vie cloîtrée, rythmée par la prière, l’adoration, le travail et l’accueil spirituel de ceux qui frappent à leur porte. C’est là que Charles de Foucauld fut jardinier et homme à tout faire avant de poursuivre son propre chemin de sainteté.

À Jérusalem, le monastère Sainte-Claire porte dans la prière les habitants de la Ville sainte et tous les pèlerins. La communauté travaille aujourd’hui à la cause de béatification de sœur Marie de la Trinité, morte en 1942, dont la réputation de sainteté dépasse largement les frontières de la Terre Sainte.

Sans école, sans paroisse, sans œuvre visible, les clarisses accomplissent une mission essentielle : rappeler que la première fécondité de l’Église naît de la prière. Dans une Terre Sainte souvent marquée par les tensions et les violences, leur silence devient une présence, leur clôture une ouverture à l’espérance.

Dernière mise à jour: 20/09/2026 16:52