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Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Les resquilleurs du ciel

Fanny Houvenaeghel
20 février 2012
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Les resquilleurs du ciel
Vol d'oiseaux migrateurs à Qiryat Shemona dans le Noord d'Israël © Marcus Frieze

Visas, s’il-vous-plaît ! Au passage d’une frontière tous les voyageurs sont soumis, spécialement  au Proche-Orient, à l’inspection minutieuse des passeports et des bagages. Tous les voyageurs ? Non ! Ce serait oublier que deux fois par an, plus de cinq cents millions d’oiseaux traversent sans gêne les frontières et font des allers-retours sans encombre entre des pays loin d’être les meilleurs amis du monde.


(Jérusalem/ f.h.) Visas, s’il-vous-plaît ! Au passage d’une frontière tous les voyageurs sont soumis, spécialement  au Proche-Orient, à l’inspection minutieuse des passeports et des bagages. Tous les voyageurs ? Non ! Ce serait oublier que deux fois par an, plus de cinq cents millions d’oiseaux traversent sans gêne les frontières et font des allers-retours sans encombre entre des pays loin d’être les meilleurs amis du monde. Un sacré pied-de-nez aux autorités clouées au sol…
Au croisement entre les continents européen, africain et asiatique, la Terre Sainte est le lieu de passage favori des oiseaux migrateurs. Profitant des mets appétissants et du bon air qu’offre la vallée du Jourdain, ce sont plus de deux cent trente espèces d’oiseaux qui effectuent leur migration en passant par la région.
A l’automne (octobre-novembre), les nids établis en Europe sont abandonnés au profit du climat plus tempéré de l’Afrique du Nord. C’est la vallée de la Houla, à l’extrême nord d’Israël, qui représente le plus grand point d’observation des oiseaux. Sur le chemin de l’Egypte, la vallée du Jourdain et le désert d’Arava ont aussi le plaisir d’accueillir ces millions de migrants.
A l’arrivée du printemps (mars-avril), c’est en sens inverse que les oiseaux migrateurs entreprennent leur voyage. Beaucoup meurent d’épuisement après avoir survolé pendant 20 à 40h le désert africain sur plus 2800 kilomètres. Après un bref ravitaillement à Eilat, l’envol reprend en direction de l’Europe où l’heure sera venue pour s’accoupler et refaire les nids.
Toujours au rendez-vous pour perturber son voisinage, l’homme a, ici aussi, bouleversé quelques habitudes. L’assèchement du fleuve du Jourdain dû aux activités industrielles, agricoles, domestiques et touristiques a abouti à la disparition de nombreuses espèces végétales et animales qui constituaient le festin des grands voyageurs. De ce fait, certaines espèces ont changé d’itinéraire et sont aujourd’hui devenus introuvables.
Par ailleurs, en 2011, l’Armée de l’Air israélienne a placé des radars sur la frontière nord  du pays afin de limiter les collisions entre les nuées d’oiseaux et les avions. Auparavant, trois pilotes avaient trouvé la mort et dix avions de chasse avaient été endommagés suite à ces accidents aériens.
Géopolitiquement, la région est loin d’être un paradis et trouver des grands optimistes par les temps qui courent relèvent du défi. Elle constitue cependant un jardin d’Eden pour les oiseaux migrateurs et Alen Kasel, le directeur de l’Observatoire des Oiseaux à Jérusalem, observe avec humour que « les touristes sont quelques fois peureux de venir visiter la région, mais les oiseaux ne nous abandonnent jamais ! » 
Plus de dix centres de recherche sont présents en Israël, travaillant activement à protéger et à étudier le phénomène migratoire tandis que d’autres mènent des activités permettant aux touristes d’en avoir plein les yeux. Parfois, des incidents comiques ont lieu. Ainsi, en janvier 2011 un vautour portant un émetteur et un bracelet à sa patte fut arrêté par les autorités saoudiennes pour suspicion d’espionnage pour le Mossad.
Les théories se succèdent, mais personne n’est absolument sûr d’avoir trouvé comment les oiseaux font pour se retrouver toujours au même endroit, année après année. Une chose est sûre cependant, c’est que les GPS de nos voitures ne sont pas près de rivaliser avec leur sens de l’orientation.

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