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Soeur Aziza au secours des refugiés érythréens bloqués à la frontière d’Israël

Terresainte.net
7 septembre 2012
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Soeur Aziza au secours des refugiés érythréens bloqués à la frontière d’Israël
Soeur Aziza veut pouvoir apporter de l'aide humanitaire aux 20 Érythréens bloqués à la frontière entre l'Egypte et Israël ©Activestills.org

Volontaire dans l’organisation «Physicians for Human Rights « (PHR - «Médecins pour les droits de l’homme»), Sr Aziza religieuse britannique, érythréenne d’origine, est restée toute la journée à la frontière israélo-égyptienne pour convaincre les soldats israéliens de lui permettre de venir en aide aux réfugiés africains coincés là depuis une semaine sans nourriture.


(Jérusalem/CD-Mab) – Sœur Aziza essaie de fléchir les soldats. Elle ne se départ jamais de sa gentillesse dans les négociations pour obtenir de venir en aide aux 20 réfugiés Érythréens coincés à la frontière israélo-égyptienne depuis une semaine.

Sœur Aziza est volontaire dans l’organisation «Physicians for Human Rights « (PHR – «Médecins pour les droits de l’homme»). Britannique, érythréenne d’origine, elle ne ménage pas sa peine depuis des mois et des années dans ce combat qu’elle mène au côté de PHR pour sensibiliser le monde sur le trafic systématique, les enlèvements, et la torture des réfugiés dans le désert du Sinaï avant leur entrée en Israël. Elle a même été récompensée pour cela et a reçu des mains d’Hilary Clinton le Prix des Héros de la part du département d’État américain.

Las, arrivée au petit matin ce jeudi, l’équipe de PHR est repartie. L’État hébreu leur a confirmé son refus de laisser entrer sur le sol israélien ces réfugiés. Les informations sur leurs conditions de survie sont contradictoires. Ils recevraient juste assez d’eau pour survivre. Des associations israéliennes font état d’un ordre de l’armée israélienne pour leur donner « le moins d’eau possible » et pas de nourriture.

Sœur Aziza de la congrégation des Sœurs Missionnaires Comboniennes (SMC) est restée. Un député israélien doit faire le déplacement pour obtenir au moins que les humanitaires puissent approcher des réfugiés. Sœur Aziza parle amharique, elle pourrait faire le point sur leurs conditions sanitaires. Mais il lui est interdit de s’approcher de la barrière que l’État israélien construit précisément pour faire fasse au flux de migrants qui entrent dans le pays depuis le Sinaï.

Israël estime à plus de 62000 le nombre d’immigrants clandestins sur son territoire en provenance d’Afrique, dont quelque 35 000 Érythréens.

En mai dernier, des manifestations contre la présence d’étrangers dans des quartiers de Tel Aviv avaient dégénéré en violences racistes et occasionné depuis un vif débat dans la société israélienne. 170 kilomètres de cette nouvelle barrière de sécurité étant construits, sur les 250 qu’elle devrait faire au total, la situation des réfugiés africains qui cherchent à passer par le Sinaï va empirant.

Le 9 août dernier, l’Église catholique de Terre Sainte appelait «le gouvernement égyptien à agir». L’assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte lançait alors un appel au sujet du trafic d’êtres humains dans le Sinaï et exhortant le président Morsi de mettre à profit le retour d’une présence militaire égyptienne dans cette zone  démilitarisée depuis 1978 pour mettre fin au non-droit et arrêter les bandes de criminels qui s’attaquent aux demandeurs d’asile africains.

L’Église dénonçait les camps où les réfugiés sont séquestrés et torturés et leurs familles restées en Afrique rançonnées pour leur obtenir la vie sauve.

C’est la raison pour laquelle les Érythréens arrivés à la frontière israélienne ne veulent pas rebrousser chemin, pour ne pas tomber dans les mains de ces trafiquants.

Comme en témoigne sœur Aziza;  «81% des migrants recueillis dans la clinique de PHR affirme avoir été maintenus en captivité ou enchainés dans le Sinaï. Dans ces camps, le nombre de détenus serait  « des centaines  «, peut-être entre 500 et 1 000. Toutes ces statistiques sont fondées sur les témoignages reçus à la clinique.

De son côté, le ministre israélien de l’intérieur a justifié la décision de ne pas les laisser entrer : « S’il n’y avait pas de barrière de sécurité et si nous n’étions pas fermes, ils seraient un million ici ».

Saisie mercredi par une ONG israélienne, la Cour suprême d’Israël a commencé jeudi à examiner cette affaire mais n’a pas pris de décision. Une nouvelle audience aura lieu dimanche.

En début de soirée, Israël a finalement permis à deux femmes et un adolescent de 14 ans d’entrer sur le territoire pour recevoir des soins. L’avenir de leurs compagnons demeure incertain.

À moins qu’Israël ne se résolve à assumer ses responsabilités en tant que signataire de la convention relative au statut des réfugiés (de 1951) et permettre à ces demandeurs d’asile l’accès à son territoire, comme le lui a rappelé monsieur William Tall du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Sœur Aziza n’a pas fini de lutter.