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Le Trésor du Saint Sépulcre à Versailles: « Une merveilleuse aventure »

Miriam Mezzera
30 août 2013
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L'exposition Le trésor du Saint-Sépulcre à Versailles a fermé ses portes le 14 juillet. Depuis, les pièces ont retrouvé leur place à Jérusalem. Béatrix Saule, directrice générale du Château de Versailles les a accompagnées et est revenue sur le succès de ce qui fut aussi une aventure.


(Jérusalem) – « L’exposition a largement dépassé nos attentes. Le Trésor du Saint Sépulcre, en trois mois, a attiré à Paris 200 000 visiteurs, de toute la France, mais aussi d’Italie, d’Allemagne et d’Angleterre ; et, évidemment, de Jérusalem aussi ». Déclaration de Béatrix Saule, directrice générale du musée du Château de Versailles, venue à Jérusalem pour mener à terme la phase finale de ce qu’elle définit comme « une merveilleuse aventure ».

Les précieux objets qui, du 16 avril au 14 juillet, ont fasciné Paris et l’Europe entière, sont retournés ces jours-ci au couvent Saint Sauveur de la Custodie. L’équipe coordonnée par Madame Saule et le frère Stéphane Milovitch, en charge de l’exposition pour la Custodie de Terre Sainte, s’est occupée de remettre chacun des objets à sa place initiale, dans l’attente de l’ouverture du Musée de Terre Sainte (Terra Sancta Museum). En effet, en 2015, d’après les estimations, le Trésor du Saint Sépulcre devrait à nouveau être exposé, pour le plus grand plaisir des milliers de visiteurs qui se rendent chaque année à Jérusalem. Il lui reviendra de raconter des siècles d’histoire des Franciscains de Terre Sainte.

« C’est vraiment un trésor d’une valeur inestimable », affirme Madame Saule qui alors que de par son travail elle voit passer chaque jour entre ses mains quantité de chefs d’œuvre, ne se laisse pourtant pas impressionner facilement. « Une série de pièces uniques, ni uniquement ni principalement par la beauté avec laquelle elles sont réalisées, mais aussi par leur valeur historique. Un exemple ? Le bas-relief en argent sur la Résurrection : une facture napolitaine très fine, et dans l’absolu, l’unique exemple connu d’une telle valeur artistique. Ou encore les habits liturgiques en fil d’or et d’argent : en France et dans le reste d’Europe, ils ont tous été détruits pendant les guerres, ou fondus pour en récupérer l’or ; ici, ils sont toujours utilisés pour les célébrations au Saint Sépulcre, et leur beauté est impressionnante ». Avant de savoir que des trésors de ce calibre étaient  conservés à Jérusalem, les historiens d’art et les directeurs des plus grands musées d’Europe en connaissaient l’existence et ne pouvaient les étudier qu’à travers des archives.

L’exposition de Paris fut l’occasion de conduire, pour la première fois, une étude approfondie sur ces objets, ainsi qu’une véritable campagne de restauration pour nombre d’entre eux. Chaque pièce a une histoire particulière, qui a été recherchée, reconstruite et mise en lumière. Beaucoup de questions restent encore sans réponses, et il faudra encore beaucoup de travail pour poursuivre les recherches.

Ces objets sont des dons de monarques et de maisons royales, qui racontent les vicissitudes de l’Histoire – « on pense aux voyages que ces immenses chefs d’œuvre parcouraient pour arriver à Jérusalem » – et les relations que la Custodie entretenait avec les états européens. Leur beauté et leur histoire avaient surpris et fasciné Béatrix Saule dès ses premières visites des sacristies de Jérusalem et d’autres Lieux Saints, où ces trésors sont gardés depuis des siècles. « Mais – observe-t-elle – en tant que directrice de musée, je sais bien que l’exposition des pièces est elle aussi fondamentale, afin qu’elles puissent être appréciées pleinement et que soit mise en relief toute leur valeur. C’est pourquoi nous avons étudié avec grande précision chaque détail de l’exposition, et finalement, le résultat fut grandiose ».

Nous n’attendions pas un tel succès pour ce genre d’exposition, malgré la valeur historique et artistique des pièces. « Le thème religieux – continue Béatrix – n’est pas facile à traiter, surtout dans la France sécularisée d’aujourd’hui. C’est pourquoi je suis très heureuse d’avoir porté un sujet religieux à Versailles, et que celui-ci ait été apprécié comme il le méritait ». Bien sûr, de nombreux religieux se sont rendus à l’exposition du « Trésor du Saint Sépulcre ». Après le frère Pizzaballa et la délégation de la Custodie de Terre Sainte, vinrent également – pour citer quelques exemples –  une délégation du Vatican, le Patriarche Latin de Jérusalem, Monseigneur Fouad Twal, mais aussi de nombreux séminaristes et diverses congrégations religieuses de différents pays. Le thème a également suscité l’intérêt de nombreux historiens d’art, preuve que cette exposition à Paris nous offre véritablement un patrimoine de l’humanité.

« C’est pourquoi – conclut la directrice de Versailles – je suis sûre qu’une fois exposé ici, à Jérusalem, dans son environnement naturel, ce patrimoine historique et artistique  sera apprécié par tous, locaux comme internationaux, et pas seulement par les chrétiens ou les passionnées de Terre Sainte. Et c’est avec grand plaisir que moi aussi je viendrais la voir ».

Pour découvrir le projet de musée à Jérusalem, il faut cliquer là www.terrasanctamuseum.org/fr

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