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Est-il si facile de parler arabe dans l’Etat Hébreu ?

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13 mars 2014
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Est-il si facile de parler arabe dans l’Etat Hébreu ?
Signalétique dans les trois langues: hébreu, arabe et anglais. © Flash90

Le 11 mars 2014, deux articles en ligne abordent la question de l’usage de la langue arabe dans l’État hébreu et se contredisent. Tandis que l’un s’enchante des similitudes qu’ont acquis l’arabe et l’hébreu en 65 ans de coexistence, l’autre dénonce les rejets dont l’arabe fait l’objet dans l’espace public israélien.


(Jérusalem/MMLV) – L’arabe est la seconde langue officielle d’Israël depuis 1924. Pour autant est-il si naturel et si aisé de parler arabe dans l’Etat hébreu ? Sur ce sujet sensible qu’est l’enseignement et la pratique d’une langue, facteur permettant de déceler si un État reconnaît ou non la minorité, deux articles parus le 11 mars 2014 viennent se contredire, à propos de la pratique de l’arabe en Israël. En effet, le site culturel de l’ambassade d’Israël en France,  Coolisrael.fr, titre « L’arabe au cœur de l’État sioniste » et s’enchante des similitudes qu’ont acquis l’arabe et l’hébreu en 65 ans de coexistence. Dans le même temps Mya Guarnieri, une jeune israélienne raconte sur le blog indépendant 972+ les discriminations faites aux personnes parlant arabe dans l’espace public israélien, dont elle a été témoin à plusieurs reprises.

25% de la population présente sur le territoire israélien a pour langue maternelle l’arabe. La grande majorité apprend l’hébreu dès l’enfance. Depuis 2011 et la réforme Ya Salam sur les programmes de l’enseignement de l’arabe, les écoles israéliennes enseignent la langue et la culture orientale à leurs élèves, durant deux heures chaque semaine, et ce dès la sixième. A l’époque de cette réforme, le ministre de l’éducation avait déclaré : « Tous les étudiants arabes étudient l’hébreu, il n’y a donc aucune raison que cela ne se fasse pas dans les deux sens ».

En apparence, l’arabe est réellement respecte et toléré, de manière égalitaire avec l’hébreu en Israël, jusque  sur les panneaux de circulation traduits pour la plupart au moins dans les deux langues. Pourtant, cela masque de nombreuses disparités que Mya Guarnieri soulignait déjà dans un précédent article paru en septembre 2011, en même temps que la réforme Ya Salam, et intitulé « La langue devient une arme politique en Israël ». Elle y citait par exemple les règlements intérieurs de certains commerçant, qui obligeaient leurs salariés à n’utiliser que l’hébreu avec les clients. En 2012, l’hôpital de Kfar Sava avait également déclenché la polémique en interdisant au personnel médical du service pédiatrie de s’adresser aux enfants en arabe. Une interdiction qui avait été largement condamnée par les autorités.

Officiellement reconnue dans l’Etat d’Israël, la langue arabe fait encore l’objet de nombreux rejets au quotidien. Dans son article, Mya Guarnieri raconte par exemple avoir entendu un vigile israélien d’origine éthiopienne dire à un palestinien : « Nous sommes dans un Etat juif, nous parlons hébreu. Tu veux parler arabe ? Tu n’as qu’à aller à Ramallah ! ». L’intolérance de la langue de l’autre est le témoin de la discrimination encore trop présente entre juifs et arabes israéliens. Une discrimination qui va dans les deux sens puisque Mya Guarnieri souligne bien dès le début de son article que la famille de son conjoint arabe, lui demande de la quitter pour la simple raison qu’elle est juive.

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