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Turquie, la petite Eglise qui embrassera le Pape François

Giuseppe Caffulli
4 novembre 2014
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Turquie, la petite Eglise qui embrassera le Pape François
Le patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée Ier (au centre) avec un groupe de franciscains et d'étudiants. À sa droite, le frère Ruben Tierrablanca.

« Dès la première annonce de la visite du pape en Turquie, un climat d'attente s’est instauré et, maintenant que nous avons reçu le programme officiel, les différentes commissions de préparation de cet événement historique sont au travail ». C’est le frère Ruben Tierrablanca, frère mineur d’origine mexicaine et vicaire général du Vicariat apostolique d'Istanbul qui nous le partage…


« Dès la première annonce de la visite du pape en Turquie, un climat d’attente s’est  instauré : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »! Et maintenant que nous avons reçu le programme officiel, les différentes commissions de préparation de cet événement historique sont au travail. Nous avons moins d’un mois pour être prêts à accueillir l’évêque de Rome qui préside l’Eglise universelle dans la charité ».

Le frère Ruben Tierrablanca, mexicain, vicaire général du Vicariat apostolique d’Istanbul et supérieur de la communauté internationale des Frères mineurs (voulue par le Ministre général de l’ordre franciscain à Istanbul pour témoigner du dialogue entre les traditions chrétiennes et le monde islamique turc) ne cache pas son impatience quant à la visite prochaine du pape François en Turquie, du 28 au 30 novembre prochain. Une visite qui, initialement, ne devait durer qu’un jour (30 novembre) mais qui peu à peu s’est enrichie de rendez-vous et réunions.

Le premier arrêt sera Ankara où le pape arrivera le vendredi 28 ; là-bas il se rendra au mausolée d’Atatürk et sera reçu par le président Recep Tayyip Erdogan. Ce temps sera suivi d’une rencontre avec le premier ministre, Ahmet Davutoglu, et le président du département des affaires religieuses. Le lendemain matin, le samedi novembre 29, François se rendra à Istanbul où il visitera le musée de Sainte-Sophie et la mosquée bleue du Sultan Ahmet. Après la messe dans la cathédrale du Saint-Esprit, c’est une prière œcuménique qui se déroulera dans l’église patriarcale Saint-Georges suivie d’une réunion privée avec le patriarche œcuménique orthodoxe, Bartholomée Ier.

Dimanche 30 novembre,  fête de la Saint André, patron de l’Eglise de Constantinople, François célébrera la messe en privé au siège de la délégation apostolique et participera – prononçant un discours – à la Divine Liturgie dans l’église patriarcale Saint-Georges, elle se conclura par une bénédiction œcuménique et la signature de la déclaration commune avec le patriarche Bartholomée Ier.

«  Le pape François – explique le frère Ruben – est le quatrième pontife à visiter le siège du patriarche de Constantinople (Istanbul). Ses prédécesseurs, le bienheureux Pape Paul VI, Saint-Jean-Paul II et le pape émérite Benoît XVI ont tracé la route qui nous conduit à la pleine communion avec l’Eglise grecque-orthodoxe. Le Pape Bergoglio veut continuer sur cette voie en impliquant tous les croyants au Christ. Tel est le motif central de sa visite ».

Le frère Ruben et les autres membres de la fraternité d’Istanbul reviennent à peine d’une belle expérience. « Le 23 octobre dernier, Bartholomée Ier, patriarche œcuménique de Constantinople et archevêque d’Istanbul, a reçu en audience les participants au cours de formation au dialogue que notre communauté organise chaque année à Istanbul. Il nous a accueillis avec une affection fraternelle et nous a parlé avec beaucoup d’enthousiasme. Nous l’avons questionné sur la visite imminente de François. Nous reportons deux de ses expressions qui parlent d’elles-mêmes: «Ensemble, avec l’évêque de Rome, la Rome antique, nous voulons travailler pour la sainte cause de l’unité en Christ ». Et encore: « Il n’y a pas que les évêques, mais toute l’Église, pasteurs et fidèles ; nous devons tous travailler ensemble pour parvenir à la pleine communion ». Vraiment Bartholomée  désire cette pleine communion de tous les chrétiens ».

«L’Église catholique d’Istanbul, formée des latins, arméniens, chaldéens et syriens – conclut le frère Ruben – connaît une période joyeuse et familiale. Notre regard est entièrement tourné vers l’Eucharistie que le pape François célébrera dans la cathédrale du Saint-Esprit, samedi 29 novembre à 16h. Il aura seulement deux heures à disposition mais ce sera un moment de grâce qui certainement nous confirmera dans la foi. Nous voulons entendre ses paroles qui nous donneront l’enthousiasme et le courage de rester fidèles à l’Evangile sur la Terre Sainte de l’Eglise. Nous, catholiques, sommes minoritaires parmi les minorités religieuses en Turquie, comme il en était déjà le cas à l’époque des apôtres en Asie Mineure. Notre présence doit devenir un témoignage ouvert d’espoir pour tous les croyants de ce pays ».

Les statistiques publiées par le Saint-Siège en vue de la prochaine visite du pape parlent d’environ 53 000 catholiques (0,07 % de la population totale qui dépasse les 76 millions d’habitants). Les circonscriptions ecclésiastiques (vicariats et diocèses) sont au nombre de 7 pour 54 paroisses auxquelles s’ajoutent 13 centres pastoraux. On compte 58 prêtres (dont seulement 6 diocésains) et 54 religieuses. En Turquie, l’Eglise gère des écoles (dont 23 écoles maternelles, primaires et secondaires), des hôpitaux et des cliniques (5), des foyers pour personnes âgées, handicapées (5) et enfin des institutions de rééducation (6).

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