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Gouvernement Netanyahu IV: à droite toute

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18 mai 2015
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C’est dans la douleur et après un lourd suspens que le Parlement a accordé la confiance au nouveau gouvernement formé par Benyamin Netanyahu. Premier ministre pour la quatrième fois, l’équipe qu’il a présentée se situe nettement à droite. Nationalistes, radicaux, religieux : le camp des modérés n’est pas rassuré.


(Jérusalem/n.k.) Instable et très à droite, c’est peut-être ce qui qualifierait le mieux le nouveau gouvernement israélien présenté mi-mai à la Knesset par Benyamin Netanyahu.

Jusqu’à la dernière minute, celui qui domine la scène politique israélienne depuis une dizaine d’années, aura tenté de rallier le plus grand nombre de députés dans sa coalition.

Sans surprise, la gauche menée par Isaac Herzog et Tzipi Livni a refusé les appels du pied de Netanyahu, préférant rester dans l’opposition.

Cette difficulté à former un gouvernement a débouché sur une majorité parlementaire minimale. 61 députés en soutien au Premier ministre sur les 120 que compte la Knesset, c’est la stricte majorité. Soit un véritable enfer politique si un seul député décide de bouder son appui.

Celui que l’on surnomme « Bibi » a donc du choisir dans cette petite majorité les personnalités qui formeront désormais le gouvernement de l’Etat hébreu.

Certains cas étaient déjà sûrs dès avant l’annonce officielle.

Fruit des accords conclus pendant la période de tractation, Aryeh Deri était assuré de récupérer le portefeuille de l’Economie et du développement du Néguev et de la Galilée. Le responsable du parti Shass (parti séfarade ultra-orthodoxe) avait purgé une peine de deux ans de prison… pour corruption passive et fraude.

Au parti Shass revient également le portefeuille des Affaires religieuses, attribué à David Azoulay, auparavant vice-ministre de l’Intérieur.

Le portefeuille dont hérite Yaakov Litzman était aussi prévisible. En échange du soutien du parti religieux Torah unifiée, Netanyahu avait promis le ministère de la Santé. C’est l’un des seuls députés de son parti à participer au gouvernement : les autres députés élus sur les listes de la Torah unifiée ont refusé d’être ministres pour des raisons politico-religieuses.

La grande inconnue des négociations restait le « cas Bennett ». Celui qui fut ministre de l’Economie dans le précédent gouvernement avait donné du fil à retordre à Netanyahu lors des tractations. Tel que cela avait pu apparaître dans la presse, c’est donc bien en échange du poste de ministre de l’Education que le leader du Foyer juif a accepté de rejoindre Netanyahu.

Un portefeuille fortement critiqué par les modérés et la gauche, alors que Bennett est connu pour son radicalisme, et son engagement en faveur de la colonisation.

Le même Foyer juif occupera le ministère de la Justice, en la personne d’Ayelet Shaked.

Comme celle de son collègue Bennett, sa nomination n’a pas manqué de susciter la polémique. En effet, la Justice est un domaine particulièrement sensible, et la nomination d’une nationaliste à ce poste a été fraîchement accueillie.

D’autre part, Ayelet Shaked s’était illustrée durant l’opération « Bordure Protectrice » (guerre de Gaza à l’été 2014). Ses propos publiés sur les réseaux sociaux appelaient, entre autres amabilités, au meurtre des mères de terroristes.

Le reste des attributions n’a rien de très original. Le parti de centre-droit Koulanou, pivot de la coalition obtient d’importants ministères, parmi lesquels les Finances (attribué au fondateur du parti, Moshe Kahlon), les Constructions et le logement ou encore l’Environnement.

Enfin, le reste des portefeuilles revient au parti vainqueur des élections, le Likoud. Transports, Renseignement, Intérieur, Culture, Energie, Sciences : Benyamin Netanyahu a placé ses alliés aux postes clés. Le ministre le plus influent de ce gouvernement est sans doute Moshe Yaalon, bras droit de Bibi, qui reste en charge de la Défense.

Particularité de cette équipe: deux ministres sans attribution, censés conseiller le chef du gouvernement. Parmi ceux-ci, le fils de l’ancien Premier ministre Menahem Begin.

Pour l’instant, le poste de ministre des Affaires Etrangères n’a pas été attribué. C’est Benyamin Netanyahu lui-même qui l’occupe. Derrière cette anomalie se cache un message politique : le poste est à prendre par ceux qui voudraient rejoindre la coalition. Il a été proposé à Isaac Herzog, qui l’a refusé.

Avec un gouvernement si faible et précaire, Netanyahu cherche à rassembler plus large.

On parle déjà d’un vaste remaniement après le vote du Budget.

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