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Israël et le Liban, histoires de drones et de griffons

Carlo Giorgi
30 janvier 2016
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Israël et le Liban, histoires de drones et de griffons
Une photo du griffon "israélien" capturé au Liban et publié sur le site BintJbeil.org

Mardi dernier une nouvelle peu ordinaire était diffusée par la population du village libanais de Bint Jbeil, bastion du Hezbollah situé à deux kilomètres de la frontière avec Israël. Un suspect d'espionnage de l'Etat juif avait été capturé : à savoir, un bel exemplaire de griffon, cet imposant oiseau de proie similaire au vautour. L'oiseau avait récemment franchi et de façon «illégale» la frontière entre les deux pays formellement en guerre.


Mardi dernier, une nouvelle peu ordinaire était diffusée par la population du village libanais de Bint Jbeil, bastion du Hezbollah situé à deux kilomètres de la frontière avec Israël.  Un suspect d’espionnage de l’Etat juif avait été capturé : à savoir, un bel exemplaire de griffon, cet imposant oiseau de proie similaire au vautour. L’oiseau avait récemment franchi de façon «clandestine» la frontière entre les deux pays formellement en guerre. Et c’est le fait que l’animal dispose sur une de ses pattes d’un anneau d’identification doté d’un mystérieux émetteur qui a attisé les soupçons.

Dans le même temps, l’autorité israélienne de la Nature et des Parcs annonçait que l’un des griffons de la Réserve naturelle de Gamla, près du Golan, s’était éloigné et avait dépassé la frontière avec le Liban. « Au XXIe siècle, nous espérons que les gens comprendront qu’il ne s’agit pas d’un animal dangereux – commentent les autorités israéliennes des parcs -. Nous espérons que les Libanais le laisseront libre… ».

En réalité, le pauvre griffon – selon l’antenne israélienne numérique Ynetnews – ferait partie d’une colonie d’oiseaux importés ces derniers mois en Israël à partir de l’Espagne, Chypre et l’Arménie, afin de renforcer la présence de ce type de rapace, aujourd’hui menacé d’extinction au Moyen- Orient.

La nervosité des voisins libanais, qui ont immédiatement suspecté l’animal d’espionnage, peut faire sourire mais elle provient d’une situation bien concrète : l’excellence israélienne en matière d’espionnage avec de petits et grands drones. Selon le journaliste palestinien Mohammed Omer, en avril dernier à Gaza, le Hamas aurait rapporté avoir trouvé un drone israélien pas plus gros qu’un papillon, utilisé par l’armée israélienne pour espionner les positions des milices palestiniennes.

Les forces armées israéliennes ont été parmi les premières à utiliser des drones à des fins militaires. Et la technologie israélienne ne cesse de se développer depuis des décennies dans ce domaine. Elbit Systems est l’entreprise israélienne qui fabrique et vend à de nombreuses armées dans le monde des drones comme des avions dont le Skylarks, un petit drone d’une envergure similaire au griffon coincé au Liban. La société, dont le siège se trouve à Haïfa, comptait en 2014 près de 12.000 employés (dont 1500 aux États-Unis). Le drone Skylarks, tout à fait semblable à un modèle réduit d’avion peut décoller sans la nécessité d’une piste (même dans un terrain montagneux ou accidenté) et peut-être manœuvré au sol par un «équipage» constitué d’un capitaine et de trois employés. Il dispose d’une capacité de trois heures de vol et peut voler jusqu’à 40 kilomètres à une hauteur de 4500 mètres.  Une technologie nettement supérieure à celles dont peuvent se vanter les armées des pays voisins.

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