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Le projet de port à Gaza divise Israéliens et Palestiniens

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24 août 2016
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Le projet de port à Gaza divise Israéliens et Palestiniens
Un projet qui n'existe encore que sur le papier

Une île artificielle pour donner un port à Gaza. Voilà deux ans qu’on en parle pourtant rien ne bouge. L’intérêt des populations passant bien après celui des politiques.


(Jérusalem/n.h.) – Yisrael Katz, le ministre des Transports, avait révélé, janvier dernier, le projet du construction d’un port pour Gaza sur une île artificielle. Il serait placé à 4.5 kilomètres de la côte de l’enclave, aurait les facilités énergétiques nécessaires et une voix d’atterrissage. L’île serait également reliée à Gaza par un pont filtré par un barrage de sécurité. Les parties internationales impliquées – qui n’ont pas été nommées – seront en charge du financement et de la construction du port. Celui-ci, cependant, serait contrôlé par la communauté internationale. Israël, quant à lui, se chargerait de la sécurité maritime et de l’inspection intégrale du port.

Lors d’une récente réunion du Cabinet, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Avigdor Liberman, s’étaient opposés au projet arguant « qu’il n’y aurait aucune garantie du total contrôle d’Israël sur les marchandises et les mouvements des personnes transitant par le port, et ce même avec la construction d’une île loin de la côte. »

De hauts responsables politiques israéliens ont déclaré que l’armée israélienne et les Services généraux de sécurité israéliens (Shin Bet) – contrairement à Netanyahou et Liberman – ne se sont pas opposés à la construction du port. « Certains officiels dans le Ministère des affaires étrangères et des finances estiment l’idée profitable pour les deux parties. Katz avait demandé au Cabinet de pouvoir former une équipe pour mettre le projet en marche, mais sa demande a été refusée », souligne Israel Hayom, un quotidien israélien.

La question du port faisait partie des pourparlers dans le cadre de la trêve parrainée par l’Egypte, entre les factions palestiniennes et Israël qui ont mis fin à la guerre de 2014. Toutefois, l’accord final ne comprenait pas l’approbation d’Israël sur la construction d’un port. Les deux parties étaient convenu d’ajourner la question jusqu’à un mois après la trêve. Les discussions n’ont pas encore repris deux ans après.

Le même sujet avait été évoqué au cours des pourparlers de réconciliation entre la Turquie et Israël. Mais bien que les pays aient trouvé un accord entre eux le 27 juin dernier, aucun progrès sur cette question n’a été fait.

Wadih Abu Nassar, analyste politique spécialisé dans les affaires israéliennes, estime que la création d’un port à Gaza pourrait empêcher une nouvelle confrontation militaire. « Les partis israéliens soutenant la construction d’un port à Gaza estiment qu’il bénéficierait également Israël en garantissant le calme sur son front sud. D’autre part, selon eux, comme le port permettrait d’améliorer les conditions de vie des gazaouis, il réduirait les chances de réconciliation entre le Fatah et le Hamas. Ce dernier ne serait plus en nécessité de se réconcilier avec le Fatah.»

Pour Walid al-Moudallal, professeur de sciences politiques à l’Université islamique de Gaza : « l’Autorité palestinienne a également travaillé secrètement pour empêcher la construction du port lors des pourparlers de 2014. L’Autorité se bat contre toute tentative proposée par le Hamas afin d’obtenir des résultats politiques ou sociaux qui améliorerait les conditions de vie [de la population de l’enclave].» 

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