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Israël et le défi de l’eau

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25 août 2016
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Israël et le défi de l’eau
L'usine de dessalement à Ashdod, non loin de la frontière nord de la bande de Gaza. ©Edi Israel / Flash90

Alors que la région souffre de sécheresse, Israël est devenu un pays excédentaire en ressources hydrauliques.  Un exploit technologique à double détente.


(Jérusalem/n.h.) – Il y a seulement quelques années, connaissance la pire sécheresse depuis 900 ans, Israël était à court d’eau. Le lac de Tibériade se vidait comme une baignoire ouverte. Aujourd’hui,  Israël a une balance de   ressources hydrauliques excédentaire.

Ce revirement a été possible à force de campagnes de conservation et de réutilisation des maigres ressources en eau. Cependant le plus grand changement est du à la construction de nouvelles usines de dessalement. Israël produit maintenant 55% de son eau domestique par dessalement. Contribuant ainsi à transformer l’un des pays les plus secs du monde en un improbable géant de l’eau.

Poussés par la nécessité, le pays a dû apprendre à  « presser la goutte d’eau », en tirer davantage. Une grande partie de la recherche en la matière se passe à l’Institut Zuckerberg. Les chercheurs de l’Institut ont mis au point de nouvelles techniques d’irrigation, de traitement de l’eau et de dessalement.

La mission originelle de l’Institut était d’améliorer la vie dans le désert du Néguev. Les leçons tirées semblent applicables à l’ensemble du Croissant Fertile. « Le Moyen-Orient se tarit », affirme Osnat Gillor, professeur à l’Institut Zuckerberg, spécialiste des eaux usées recyclées pour l’usage agricole. Selon elle, « le seul pays qui ne souffre pas de stress hydrique aigu est Israël. »

Bar-Zeev, spécialiste en bio-encrassement, le talon d’Achille du dessalement, reconnaît que l’eau sera probablement une source de conflit au Moyen-Orient. « Mais je crois que l’eau peut être un pont, par le biais de co-entreprises », a-t-il souligné ajoutant : »Et l’une de ces coopérations est le dessalement.»

Le redressement de la crise de l’eau a commencé en 2007. Des toilettes et douches à faible débit ont été installés à l’échelle nationale et l’Autorité de l’eau a mis en place des systèmes de traitement de l’eau innovants, capturant 86% de l’eau des égouts désormais traitées et réutilisées pour l’irrigation.

Mais même avec ces mesures, Israël a encore besoin d’environ 1,9 milliards de mètres cubes  d’eau douce par an mais ne dispose que d’ 1,4 milliards de mètres cubes provenant de sources naturelles. Les 500 millions de mètres cubes manquant sont ceux qui ont causé la surexploitation de la mer de Galilée au point de la ponctionner en deçà de sa cote d’alerte. La solution, vous l’avez compris, était dans le dessalement.

L’usine d’Ashkelon, en 2005, a fourni 127 millions de mètres cubes d’eau. Hadera, en 2009, en a fourni 140 millions et maintenant Sorek, 150 millions. Au total, les usines de dessalement peuvent fournir quelque 600 millions de mètres cubes d’eau par an, un chiffre toujours en augmentation.

À l’époque, la technique de dessalement utilisée coûtait cher. Aujourd’hui, les coûts de dessalement sont au tiers du prix des années 1990. Sorek peut produire un millier de litres d’eau potable pour 51 centimes. Les ménages israéliens paient en moyenne 27 euros par mois pour leur facture d’eau – une somme équivalente à celle des ménages dans la plupart des villes américaines, et beaucoup moins élevée que Las Vegas, 42 euros, ou Los Angeles, 52 euros.