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Un nouvel ancien président pour le Liban: Michel Aoun

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31 octobre 2016
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Un nouvel ancien président pour le Liban: Michel Aoun
Le nouveau président du Liban, le Général Michel Aoun, prononce son premier discours après son élection devant le parlement national © Ali Fawaz/Palement libanais.

Après 29 mois sans Président, c’est lors du 46e scrutin électoral que le Général Michel Aoun a obtenu la majorité nécessaire. Il est le 13e président depuis l'indépendance du 22 novembre 1943.


(Jérusalem/AP) – Le Liban a enfin un nouveau Président de la République: Michel Aoun. Le 31 octobre 2016 restera une date historique pour le Pays des Cèdres, qui traversait jusqu’alors une grave crise institutionnelle. En effet, la scène politique libanaise se trouvait sans président de la république depuis le 24 mai 2014, date de fin du mandat de Michel Sleiman. La période de vacance vient donc de s’achever. Michel Aoun, homme politique chrétien maronite, a été élu par le parlement libanais au deuxième tour d’une élection plutôt chaotique. Jusqu’à présent, le premier ministre sunnite Tammam Salam avait exercé les fonctions de président par interim, en occupant par nécessité la place restée vacante. 

Ce 31 octobre, il s’agissait de la 46e séance électorale depuis vingt-neuf mois de vacance présidentielle. Le parlement libanais avait déjà essayé d’élire un président quarante-cinq fois. Lors de cette séance, au premier tour, Michel Aoun n’avait pas atteint le quorum nécessaire de 86 voix pour être élu. Sur les 128 votes, on comptait 84 bulletins pour Aoun, 36 blancs, un vote pour Gilberte Zouein (députée de la même liste d’Aoun). Six votes ont été annulés: sur cinq bulletins il était marqué «la révolution du Cèdre au service du Liban», sur l’autre le nom du mannequin Miriam Klink. Au deuxième tour, après trois reprises à cause de cafouillages, le Président de la République a enfin été élu «à bulletin secret, à la majorité des deux tiers des députés au premier tour et à la majorité absolue aux tours suivants (soit 65 voix)», indique L’Orient Le Jour.

Cette élection représente un compromis entre des forces politiques jusqu’à présent inconciliables. L’élection a été rendue possible par le rapprochement politique entre Saad Hariri, fils de l’ancien premier ministre Rafiq Al-Hariri assassiné en 2005, musulman sunnite, et Michel Aoun. Les deux rivaux ont conclu un pacte une dizaine de jours avant les élections, quand Saad Hariri a décidé et annoncé son soutien à la candidature d’Aoun. Ce dernier a déclaré avoir fait ce choix pour «protéger le Liban, son système, l’Etat et le peuple libanais». Ainsi, très probablement  Aoun soutiendra-t-il la candidature d’Hariri au poste de premier ministre.

Le nouveau président libanais, général, ex-premier ministre et ex-chef des Forces Armées pendant la guerre civile libanaise, est âgé de 83 ans. Michel Aoun est revenu au Liban en 2005, de retour de son exil en France où il se trouvait depuis la fin de la guerre civile en 1990. En 1992, il fondait le mouvement politique Courant Patriotique Libre, connu aussi comme parti aouniste – qui prônait le retrait des forces syriennes pour un Liban indépendant. Aujourd’hui il est le chef du Bloc parlementaire du changement et de la réforme, allié du Hezbollah. Proche de l’Iran et de la Syrie d’Assad, anti-Israël, ce mouvement paramilitaire est considéré par de nombreux pays occidentaux et arabes comme une organisation terroriste responsable de nombreux attentats. Cette proximité entre le président sortant et le mouvement a tout de suite alarmé la presse israélienne: Haaretz – dans le titre de son article – appelle Aoun «l’allié du Hezbollah», Ynet son «allié». Le Liban joue un rôle stratégique dans la région, situé entre Israël et une Syrie en crise.

Même si une partie du pays a célébré son arrivée dans les rues par des feux d’artifices, le nouveau et treizième président libanais reste une figure controversée, dans son pays et à l’étranger. Cette élection ouvre une nouvelle page de la politique libanaise, qui voit Michel Aoun, encore une fois, protagoniste.

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