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Eglise: «La vie des Palestiniens est loin d’être normale»

Christophe Lafontaine
22 mai 2017
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Eglise: «La vie des Palestiniens est loin d’être normale»
Scène de la vie quotdienne à Jérusalem ©Corinna Kern/Flash90

 « La situation en Israël-Palestine est loin d’être normale » indique un communiqué de la Commission Justice et Paix de l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte (AOCTS). Comprendre.


Une semaine avant le premier voyage officiel du président américain Donald Trump au Moyen-Orient débuté en Arabie Saoudite le 21 mai dernier, l’Eglise locale en Israël-Palestine a appelé à ne pas s’habituer au conflit israélo-palestinien. Dans un communiqué, pourtant modérément intitulé « La question de la normalisation » (texte intégral en ligne sur le site du patriarcat latin), la commission Justice et paix de l’AOCTS refuse de considérer la situation comme « normale » pour le quotidien des Palestiniens, que ce soit dans la société israélienne ou la société palestinienne. « Agir ‘comme si’ les choses étaient normales » revient en réalité à « ignorer la violation de droits humains fondamentaux » explique le communiqué.

Le texte dénonce ainsi les conséquences de l’occupation militaire israélienne pour les habitants des Territoires palestiniens à savoir la colonisation, la confiscation de terres, la démolition de maisons, les détentions administratives, ou les check-points… Mais le document évoque aussi les injustices et les  discriminations subies par les palestiniens citoyens d’Israël (communément connus sous le vocable d’arabes israéliens) particulièrement dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, des budgets publics pour les villes arabes. « Certaines de ces formes de discrimination sont inscrites dans la législation, tandis que d’autres sont indirectes et cachées » alerte le texte.
Pour autant, les signataires du communiqué n’invitent pas à rompre toute relation avec Israël. « En même temps, dans les deux situations, la vie quotidienne nécessite certaines relations avec les autorités israéliennes. Toutefois, toutes les personnes impliquées dans le maintien de ces relations devraient être conscientes que quelque chose ‘d’anormal’ doit être rectifié », peut-on lire dans le texte. Les membres de la commission jugeant la situation politique sur place « confuse et désespérée » ont donc invité les communautés chrétiennes, les chefs d’Eglise et les fidèles locaux à travailler « en faveur d’une société juste et égalitaire pour tous. »

Calendrier opportun

Nul n’ignore la symbolique des dates de la parution du communiqué, 69 ans jour pour jour après la création de l’Etat d’Israël (14 mai 1948), et quelques jours avant le 24 mai qui célèbre la journée de Jérusalem (dont la date fut fixée par l’Etat d’Israël à la suite de la reconquête de Jérusalem incluant la Vieille Ville lors de la Guerre des Six jours). Aussi, forte de « la nature de sa mission » avec « ses propres valeurs et critères pour définir sa position dans une situation de conflit », l’Eglise locale tape-t-elle fort avec son communiqué à un moment particulièrement intense sur le plan géopolitique. De fait, l’arrivée aujourd’hui, 22 mai, du président américain en Israël est particulièrement attendue. Il y rencontrere le président Rivlin et le Premier ministre Netanyahou. Cette visite en Israël de Donald Trump doit notamment clarifier la position américaine quant au transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Le président se rendra le lendemain à Bethléem pour rejoindre le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Mercredi 24 mai, le pape François l’accueillera au Vatican. La situation israélo-palestinienne est une préoccupation majeure pour le Saint-Siège et sera sans nul doute à l’ordre du jour. Voilà aussi pourquoi de manière significative, la commission Justice et Paix présidée par  le patriarche latin émérite de Jérusalem Michel Sabbah, confirme que « l’Eglise locale en Israël-Palestine a la responsabilité de rappeler à l’Eglise universelle que la situation en Israël-Palestine est une plaie ouverte et purulente. ». Et d’ajouter que « l’Eglise ne peut jamais ignorer l’injustice ‘comme si’ tout allait bien, mais elle est plutôt obligée de se prononcer, de résister au mal et de travailler inlassablement pour le changement ». En vue d’ « une paix juste et durable », conclut le communiqué.

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