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Onu: le Saint-Siège appelle à la reprise des pourparlers

Christophe Lafontaine
24 janvier 2019
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Onu: le Saint-Siège appelle à la reprise des pourparlers
Mgr Auza, l'observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Organisation des Nations unies à New York © HazteOir.org / Wikimedia Commons

Le 22 janvier 2019, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Onu à New York, a de nouveau appelé à la reprise des pourparlers israélo-palestiniens. Et demandé des « garanties internationales » pour Jérusalem.


Poussé par la présidence de la République dominicaine, un débat au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies s’est tenu mardi dernier à New York sur la situation au Moyen-Orient et en particulier la situation israélo-palestinienne. A cette occasion, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Onu à New York, Mgr Bernardito Auza, dont le discours a été relayé par Zenit, a déploré que la paix entre Israël et la Palestine soit « constamment menacée par une rhétorique, des provocations et des attaques dangereuses, des violations des droits humains et des actions unilatérales qui entravent les efforts de résolution, causant une souffrance indicible et la mort de civils innocents et sans défense. »

Ainsi, dans le sillage du message « Urbi et Orbi » pour Noël 2018 et des vœux du pape François au Corps diplomatique pour l’année 2019, le nonce apostolique à l’Onu a réitéré l’appel du Saint-Siège aux responsables politiques israéliens et palestiniens pour qu’ils reprennent un « dialogue ouvert et honnête » et usent « de leur autorité de manière responsable » pour entreprendre « un chemin de paix ».  Une paix qui soit « durable » en lieu et place d’« une paix illusoire », qui n’est, selon les propos du Pape que Mgr Auza recite, qu’un « équilibre entre le pouvoir et la peur. » Une paix en définitive qui non seulement réponde aux aspirations légitimes des deux peuples (en assurant la coexistence de deux Etats) mais aussi préserve ce qui revêt une « grande importance historique et culturelle pour le monde entier » en plus d’abriter le foyer spirituel des juifs, des chrétiens et des musulmans.

C’est dans cette optique qu’ «étant donné sa signification religieuse », a insisté Mgr Auza, le Saint-Siège cherche à « avoir des garanties internationales » pour que Jérusalem reste une ville sainte pour les trois religions monothéistes, comme le prévoyait la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’Onu. Adoptée le 29 novembre 1947, elle avait pour but la création de deux Etats : un Etat juif et un Etat arabe. Jérusalem et les localités environnantes devant former un corpus separatum sous régime international spécial, administré par les Nations unies. Entre les deux Etats, une union économique, monétaire et douanière était prévue. La résolution ne sera finalement jamais appliquée. Le refus de ce plan par les pays arabes ainsi que la grave détérioration des relations entre Juifs et Arabes en Palestine mandataire conduit à la Guerre israélo-arabe de 1948 qui débuta le lendemain de l’indépendance d’Israël proclamée le 14 mai 1948, signifiant la fin du mandat britannique de Palestine.

Un conflit politique qui ne doit pas se transformer en guerre de religion

70 ans après, « malgré l’importance fondamentale des lieux saints », l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies met en garde contre les tentatives visant à « transformer ce qui est un conflit territorial et politique en un conflit sur la religion et l’identité. » Et Mgr Auza d’ajouter : « cela doit être évité afin de ne pas compromettre davantage la recherche d’une solution politique indispensable. » On peut y voir, entre autres, deux allusions. D’une part à la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, par les Etats-Unis de Donald Trump le 6 décembre 2017 menaçant la vocation universelle de la ville sainte, et d’autre part y voir une allusion à la loi de l’Etat-nation juif adoptée par la Knesset (le parlement israélien) le 19 juillet dernier, qui définit – notamment – Jérusalem exclusivement comme la capitale d’Israël « complète et unie », incluant la partie orientale de la ville annexée depuis 1967.

L’archevêque philippin s’est aussi attardé sur la situation humanitaire à Gaza sous blocus israélien et égyptien, ainsi que dans les territoires occupés, qui préoccupe le Saint-Siège. En son nom, Mgr Auza a appelé de ses vœux à « un projet politique responsable » qui « ne ménage aucun effort pour protéger la vie de tous les citoyens quelle que soit leur origine ou leur affiliation religieuse, créant les conditions nécessaires à un avenir digne et juste pour tous. »

Saluant d’autre part la générosité de la communauté internationale pour pallier le déficit financier de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le nonce apostolique a demandé que cette aide se poursuive sans obstacle jusqu’à ce que la situation soit résolue. Mgr Auza a rappelé que « l’assistance à ceux qui sont les plus démunis doit toujours passer avant les considérations politiques ».