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Gaza accueille son tout premier étudiant Erasmus

Christophe Lafontaine
14 février 2019
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Gaza accueille son tout premier étudiant Erasmus
Riccardo Corradini, futur médecin, actuellement en échange Erasmus à l'Université islamique de Gaza © Capture d'écran de l'interview vidéo réalisée par l'UIG

Pas peu fière, l’Université islamique de Gaza a posté le 6 février sur Facebook une vidéo de l’arrivée en ses murs de son premier étudiant occidental, dans le cadre du programme d'échange d'étudiants Erasmus +.


L’expérience sera riche d’enseignement humain et professionnel pour tout le monde. Riccardo Corradini (25 ans) a fait sa rentrée à Gaza, la semaine dernière. Originaire de la région du Trentin en Italie (comme le Custode de Terre Sainte), le jeune homme de 25 ans mettait pour la première fois les pieds à Gaza. Il est le premier étudiant occidental (et à l’heure actuelle le seul étranger) à étudier dans l’enclave palestinienne gouvernée par le Hamas. Il y restera quatre mois pour un semestre académique complet.

En sixième année de médecine à l’Université de Sienne (Italie), il a choisi de parfaire ses connaissances pour se spécialiser en chirurgie d’urgence au sein de l’Université islamique de Gaza (UIG). Une première pour l’établissement d’enseignement supérieur gazaoui, précise une vidéo publiée sur le compte Facebook de l’Institution.

Le séjour de Riccardo Corradini à Gaza s’inscrit dans le cadre d’un projet d’échange académique sous la supervision du programme Erasmus + International Credit Mobility qui œuvre pour la mobilité universitaire élargie aux pays non-européens partenaires de l’Union européenne à travers le monde entier.

Grâce à la signature d’un partenariat entre l’Université de Sienne et l’Université de Gaza, via la coordination de l’association italienne de coopération et de solidarité « ACS », l’Université de Sienne devient ainsi la première université au monde à envoyer des étudiants en médecine dans la bande de Gaza, a souligné le père du jeune homme cité dans L’Adige, le journal local basé à Trente.

Se disant « vraiment enthousiaste et content », l’étudiant en médecine, que l’on voit accueilli par les autorités de l’université à travers la vidéo de son arrivée à l’IUG, « espère en apprendre beaucoup plus sur la chirurgie d’urgence ici à Gaza par rapport à Sienne parce qu’ici, malheureusement, il y a plus de victimes qu’en Italie. » Celui qui a rejoint les rangs en tant que stagiaire également pour les hôpitaux de Gaza est aussi désireux de « rapporter toutes ces connaissances et expériences à [ses] collègues et enseignants en Italie ». A ce titre, « dans le cursus il traitera les victimes selon sa propre expertise et tirera profit des nouvelles situations auxquelles il n’a jamais été confronté auparavant », indique l’Université islamique de Gaza sur son site.

Pour l’étudiant, il s’agit de la deuxième période de mobilité avec le programme Erasmus. En 2016-2017, il avait déjà effectué une formation à l’Université Al-Quds à Jérusalem.

La collaboration de l’Université de Sienne avec les universités palestiniennes dans le cadre du programme Erasmus + a débuté dans les années 2015-2016. Outre l’Université islamique de Gaza, l’Université ouverte d’Al-Quds (également basée à Gaza) et quatre universités palestiniennes en Cisjordanie sont partenaires du projet: l’Université de Bethléem, l’Université de Birzeit, l’Université Al Quds à Jérusalem et l’Université de Hebron, indique l’Université de Sienne sur son site.

Un ambassadeur de paix

L’Université, l’une des plus anciennes d’Italie, a aussi noué des partenariats avec le monde universitaire israélien. Et c’est sous ce prisme que Riccardo Corradini explique la deuxième raison de sa venue sur cette terre déchirée par le conflit israélo-palestinien. L’étudiant partage à l’agence de presse italienne Ansa, sa « ferme conviction » que pour « surmonter les conflits, il est nécessaire d’emprunter un chemin de connaissance et d’échange culturel entre les parties. » Pour lui, « le fait que l’Université de Sienne ait entrepris Erasmus avec la Palestine et Israël peut être une chance de résoudre le conflit. » Avant d’ajouter que « penser être une pièce de cette modalité pacifique, à travers une approche académique et grâce à la coopération internationale, est une chose importante. »

Tout un symbole pour ce jeune italien, originaire de la petite ville italienne de Rovereto, connue pour sa « cloche de la paix » réalisée en mémoire des morts de toutes les guerres qui fut fondue après la Première Guerre mondiale, avec le bronze des canons de combat. La cloche de 22 tonnes a été bénie à Rome par saint Paul VI le 31 octobre 1925. Elle diffuse son message de paix chaque soir au coucher du soleil avec cent tintements. Paul VI avait lancé à l’époque : « d’ici peu nous entendrons résonner le timbre de cette cloche. Qu’il soit un augure pour qu’il n’y ait plus jamais de guerres, mais toujours une volonté et un engagement de paix et de fraternité entre les peuples.» L’heure de Riccardo Corradini a sonné.

 

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