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Gloria : “J’essaye d’être sur le rivage”

Propos recueillis par Cécile Lemoine
30 janvier 2022
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Gloria : “J’essaye d’être sur le rivage”

Visage de l'Eglise pour des centaines de jeunes, Gloria voudrait que l'institution sorte de ses vieux shémas pour une vie chrétienne plus authentique.


Comment êtes-vous impliquée dans l’Église ?

​Pour moi la religion c’est la vie. Ma vie de paroissienne est très liée à mon engagement auprès des jeunes, puisque j’ai longtemps travaillé comme enseignante de catéchisme à l’école des filles tenue par les sœurs de Saint-Joseph à Bethléem. J’ai arrêté quand le catéchisme est devenu une matière obligatoire pour le baccalauréat. Cela n’a pas de sens de le résumer à des livres, de la théorie et des notes. Il ne s’agit pas seulement de parler de Jésus, mais de parler avec lui. Je travaille donc aujourd’hui en tant qu’assistante sociale pour cette même école. Cela requiert beaucoup de délicatesse, car on entre dans la vie de chacun. Jésus a toute sa place dans cette démarche, car pour atteindre le cœur des enfants, la pédagogie moderne ne suffit pas. L’amour du Seigneur peut tout, et j’essaye de leur parler en vérité. J’essaye d’être sur le rivage. Ni trop proche des institutions cléricales, ni trop loin de ceux qui sont vraiment à la marge de l’Église, pour créer des ponts entre les deux.

Qu’est-ce qui vous déplaît dans l’Église aujourd’hui ?

Ce n’était probablement pas volontaire, mais l’Église a créé une relation de dépendance aux choses matérielles. Du coup les gens qui sont proches de l’Église le sont dans un but financier et pas spirituel. Avant la première intifada, en 1987, personne n’allait chez le curé pour demander de l’aide. Depuis, on a vu les dons monétaires affluer du monde entier, et l’Église devenir une sorte de ministre de l’Économie. Cette aide est nécessaire, mais il faut la penser intelligemment, surtout qu’aujourd’hui elle est moins conséquente et que les gens demandent toujours plus. Je vois aussi des gens dire que s’ils ne reçoivent pas d’argent, ils vont partir, quitter le pays. C’est dommage.

Qu’attendez-vous du synode ?

On regrette que les prêtres ne prennent pas assez le temps de nous écouter. L’Église d’aujourd’hui doit parler à tout le monde : jeunes, personnes âgées, handicapés… Il faut travailler dans les familles, les maisons, entretenir un vrai lien. Des petits groupes de prêtres et de sœurs visitaient les familles lors du dernier synode. Mais cela s’est vite arrêté. J’espère que ce synode parviendra à mettre des choses durables en place.

Avez-vous un rêve pour l’Église d’ici ?

J’aimerais que l’Église soit plus vivante. Que les gens viennent à l’Église pour Jésus, et pas forcément pour l’aide qu’elle peut leur apporter. J’espère que l’Église saura sortir des vieux schémas, pour devenir plus simple, plus accueillante, et remettre la foi au cœur.

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