On en n’attendait pas moins, mais les différentes voix de l’Eglise catholique s’accordent pour une décision assurée.
Le Saint-Siège ne siègera pas au “Peace Board”, le Conseil de paix. L’annonce est venue du cardinal Pietro Parolin, le 17 février 2026, en marge d’un point presse à Rome.
Le secrétaire d’État a expliqué que la nature même de l’instance proposée ne correspond pas aux structures internationales en place. « Au niveau international, ce devrait être avant tout l’ONU qui gère ces situations de crise », a-t-il déclaré, soulignant que plusieurs éléments du projet « laissent un peu perplexe ».
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Pour la diplomatie vaticane, la question n’est pas de refuser l’aide à Gaza. Elle est de savoir dans quel cadre elle s’inscrit. Le Saint-Siège est membre observateur permanent auprès des Nations unies. Sa tradition diplomatique privilégie le multilatéralisme, le droit international et les mécanismes reconnus par la communauté internationale.
Une structure jugée incomplète
Le Conseil de paix imaginé par Washington prévoit une gouvernance internationale chargée de superviser la reconstruction de Gaza. Selon les informations publiées, l’accès à un siège permanent impliquerait une contribution financière très élevée.
Interrogé sur ce point, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a déclaré : « Je n’ai jamais eu un milliard [de dollars]. » Il a ajouté : « Ce n’est pas la mission de l’Église, sa mission ce sont les sacrements, la dignité de la personne. »
Au-delà de l’aspect financier, sa critique porte sur la méthode. Il a qualifié l’initiative d’« opération colonialiste », précisant : « d’autres qui décident pour les Palestiniens. »
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Pour Rome comme pour Jérusalem, une instance de paix ne peut pas être perçue comme imposée d’en haut ou dominée par une seule logique politique. Elle doit associer les parties concernées et s’inscrire dans un cadre international reconnu.
Une ligne diplomatique constante
La décision du 17 février s’inscrit dans une cohérence. Le Saint-Siège rappelle que la paix durable passe par le droit international. Il défend le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il insiste sur la dignité des personnes, en particulier des civils pris dans la guerre.
Le pape Léon XIV a multiplié, ces derniers mois, les appels à ne pas oublier « les tentes de Gaza exposées depuis des semaines » et à replacer « la dignité de chaque personne » au centre de toute action politique. Son discours au corps diplomatique en janvier a souligné que la paix ne peut être « imposée par la force des armes ».
Dans ce cadre, la diplomatie vaticane reste lucide sur les obstacles. Le cardinal Pizzaballa l’a reconnu : « La solution à deux États reste l’idéal pour moi, mais elle semble de moins en moins réelle. »
Bien que n’entrant pas dans le Conseil de paix, le Saint-Siège continuera à agir par ses moyens propres : médiation, plaidoyer international, soutien humanitaire, accompagnement pastoral.
Sa position tient en trois axes. Respect du droit international. Reconnaissance des droits des peuples. Défense concrète de la dignité de tous, Israéliens et Palestiniens.




