Après avoir dû rédiger des articles en étant cloîtrée pour cause de pandémie, voici le numéro écrit derrière un
ordinateur en temps de guerre. Ça n’empêchait pas toutes les sorties, mais a rendu impossible les déplacements en Galilée. C’est bêta quand c’est le sujet du dossier ! La technologie fait des merveilles, mais vous noterez un défaut d’illustrations. Nous en sommes désolés.
Le dossier n’en est pas moins passionnant, allant à la rencontre de la communauté chrétienne locale la plus nombreuse de Terre Sainte, résidant dans un seul district israélien et qui n’a pas moins besoin de notre soutien.
Dans mon précédent éditorial, j’écrivais que parfois un fil conducteur s’immisce, à mon insu, pour lier les sujets les uns aux autres. En lisant les articles, ledit fil m’a sauté aux yeux.
Alors que nous voulions creuser le sillon commencé avec le numéro de janvier : les chrétiens arabes d’Israël et l’évolution de leur identité suivant leur lieu de vie, voilà qu’il apparaît que nous enfonçons une porte ouverte. Au Moyen Âge, les seigneurs francs s’imprégnèrent du Levant, autant – sinon plus – qu’ils ne lui apportèrent. Et le Royaume latin de Jérusalem développa des accents orientaux.
Un article que nous devons à Antoine Cothier, stagiaire en 2024, et qui l’avait laissé dans la “boîte à marbre”. Le marbre dans notre jargon, ce sont des articles prêts à l’emploi. Ils doivent leur nom à la table en marbre où les typographes assemblaient les caractères de plomb, constituant des lignes et des colonnes pour l’impression de pages. Ils sont pratiques ces articles quand on a des pages à combler. Cette fois, ils devaient permettre surtout de varier les signatures d’un numéro dans lequel, départ de Cécile et guerre obligent, mon nom apparaît beaucoup trop.
Une allusion dans l’article d’Antoine Cothier sur la reine Mélisende me poussa à écrire sur celle dont j’avais croisé le souvenir à Béthanie et dont la tombe est à Jérusalem.
Au moment d’écrire ces lignes, tous les articles virevoltent dans mon esprit, comme autant de grains de blés jetés au vent lors du vannage, pour séparer le grain de la balle, l’essentiel de la forme.
Le grain est là. Nous sommes ce que le territoire où nous vivons, sa géographie comme ses conditions climatiques, son économie comme sa sociologie, ses religions comme la politique du temps, font de nous.
Mais nous ne sommes pas que cela. Pour vous en convaincre, lisez la splendide lettre pastorale du cardinal Pizzaballa (en date du 25 avril) et que vous trouverez en ligne sur www.lpj.org.
Elle est écrite à ses diocésains, dans la situation qu’ils traversent ici. Mais vous pourriez bien y trouver de quoi vivre vous aussi. Car, chrétiens, nous sommes autant façonnés par la terre que par le ciel.
Dernière mise à jour: 18/05/2026 13:50

