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En Syrie, le prix est élevé même pour les journalistes

Carlo Giorgi
29 novembre 2013
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En Syrie, le prix est élevé même pour les journalistes
Le journaliste américain James Foley, depuis un an entre les mains des ravisseurs.

Samedi 23 novembre, deux journalistes ont été enlevés en Syrie : un chroniqueur et un photographe, tous deux suédois. Ils sont les derniers d'une longue liste de journalistes enlevés pendant le conflit syrien. Selon le Comité de protection des journalistes, il y aurait aujourd'hui en Syrie au moins 30 journalistes syriens et étrangers entre les mains des ravisseurs. Mais le nombre serait en réalité peut-être plus élevé.


(Milan) – Samedi 23 novembre, deux journalistes ont été enlevés en Syrie : un chroniqueur et un photographe, tous deux suédois (par précaution, les autorités de Stockholm préfèrent taire leur identité). Les deux Scandinaves sont les derniers d’une longue liste de journalistes enlevés pendant le conflit syrien.

Selon le Comité de protection des journalistes, basé à New York, il y aurait aujourd’hui en Syrie au moins 30 journalistes syriens et étrangers entre les mains des ravisseurs (24 autres enlevés plus tôt, auraient été libérés), tandis que depuis mars 2011, début du conflit, 52 auraient été tués.

Selon l’association pour la défense des journalistes, Reporters sans frontières (basée à Paris), au moins 60 « travailleurs dans le domaine de l’information » auraient été enlevés ou seraient détenus en Syrie, et 110 autres auraient été tués dans le conflit. Enfin, l’International Press Institute, à Vienne, a établi une liste de journalistes enlevés, arrêtés ou disparus en Syrie depuis le début du conflit : une quarantaine. Parmi ceux-ci, les journalistes arrêtés par le régime sont syriens, alors que tous les internationaux – sauf un disparu – auraient été enlevés par les rebelles.

Depuis un an, avec la prolifération des bandes armées défavorables au régime, le nombre d’enlèvements a grimpé en flèche. On compte trois raisons principales : la première est la rançon. Les bandes vivent de pillage, la nourriture et les armes coûtent cher ; enlever une personne riche et exiger de l’argent pour sa libération est une pratique devenue tout à fait banale.

La deuxième raison est «stratégique» : une personne importante est une précieuse monnaie d’échange pour négocier la libération de prisonniers politiques avec le régime. La troisième raison, la plus dangereuse, est «idéologique» : enlever ceux qui appartiennent à une autre religion par haine envers sa croyance. Dans ce cas, la vie de l’otage est vraiment en danger, parce que pour les ravisseurs, il n’est pas aussi important d’obtenir une rançon que de priver la personne de sa liberté.

« Ce n’était pas facile de dresser la liste – raconte Shadi al Kasim, administrateur de la recherche de l’International Press Institute – car il n’y a pas d’information précise sur le nombre exact de journalistes arrêtés et enlevés. Quand il s’agit de syriens disparus, dans certains cas, la source directe est la famille. La liste est constamment mise à jour. Par exemple, le gouvernement français a récemment donné des nouvelles de deux autres journalistes français enlevés, des nouvelles qui par sécurité ont longtemps été gardées confidentielles. Enfin, il faut souligner un fait : à partir du moment où l’Organisation de l’État libre d’Irak et de Syrie (un groupe rebelle lié à Al-Qaïda – ndlr) a augmenté son influence dans de nombreuses parties de la Syrie, elle a également augmenté le nombre des journalistes étrangers enlevés ».

À propos des enlèvements, il n’y a toujours aucune nouvelle concernant les religieux chrétiens détenus : les archevêques grec orthodoxe Boulos al-Yazigi et syriaque orthodoxe Yohanna Ibrahim, le jésuite italien Paolo Dall’Oglio et deux prêtres locaux : le père Michel Kayyal (catholique arménien) et le père Maher Mahfouz (grec-orthodoxe). Tous ont été enlevés en Syrie dans des circonstances diverses, entre février et août de cette année.

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