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Pas de « droit au mouvement» pour un marathonien de Gaza

Terresainte.net
10 avril 2014
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Pas de « droit au mouvement» pour un marathonien de Gaza
Des concourants du Marathon de Bethléem 2013 © palestinemarathon

Le marathon de Bethléem se courra sans le gazaoui Nader Al-Masri. Nader Al Masri avait participé aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 représentant la Palestine. Devant le refus des autorités militaires israéliennes de lui permettre se rendre à Bethléem en Cisjordanie, il avait fait un recours devant la Cour suprême israélienne. En vain. 


(Jérusalem/APP) – La Cour Suprême israélienne a interdit mardi 8 avril à un marathonien originaire de la bande de Gaza de participer au marathon de Bethléem en Cisjordanie.

C’est la deuxième édition du marathon, qui ne cache pas son engagement politique derrière le caractère sportif et touristique de l’événement. La devise de la course, « Droit au mouvement», est une référence explicite à l’occupation israélienne qui empêche les Palestiniens de circuler librement entre la Cisjordanie, Gaza, et Israël.

Ironiquement, les autorités israéliennes refusent au seul marathonien gazaoui de se rendre en Cisjordanie pour participer à cette compétition sportive.

Nader al-Masri est un des seuls athlètes à avoir pu représenter la Palestine lors de compétitions internationales. Il avait notamment été l’un des quatre sportifs, et le seul à être originaire de Gaza, à participer aux JO de Pékin en 2008.

Vendredi dernier, le coureur avait déposé une pétition auprès de la Cour Suprême israélienne pour contester la décision militaire qui l’empêchait d’aller jusqu’à Bethléem.

Selon le jugement, l’entrée en Israël des habitants de Gaza est soumise à de strictes restrictions. C’est le Ministre de la Défense israélien lui-même qui a refusé la demande d’al-Masri. Une décision que la Cour Suprême dit ne pas être en mesure de révoquer.

« Nous avons l’espoir, bien sûr, qu’à l’avenir la situation sécuritaire s’améliore et que nous puissions assouplir ces restrictions, » écrit la juge Daphné Barak-Erez dans le verdict final.

Gisha, l’organisation qui a aidé le coureur à déposer un recours en justice, analyse la situation en ces termes : « L’audience a mis en lumière le caractère arbitraire et excessif des restrictions qu’Israël impose sur la liberté de mouvement des habitants de Gaza. »

Joint au téléphone par Terresainte.net , al-Masri dit ne pas comprendre les raisons de ce refus de la part des autorités israéliennes. Selon lui, son casier judiciaire est vide et il n’a pas d’autre ambition que de faire son métier de marathonien et de participer à la course.

« Je veux courir ce marathon pour Jérusalem et je veux le gagner. Je veux représenter mon pays, la Palestine. Il n’y a pas de Gaza ou de Cisjordanie, il a y seulement la Palestine, » a-t-il déclaré.

Marié et père de cinq enfants, le coureur a déjà participé à de nombreux marathons pendant ses 14 ans de carrière. Ses conditions d’entrainement sont précaires. L’athlète, qui est employé de bureau pour l’Autorité Palestinienne, s’entraîne quatre heures par jour, avant et après ses heures de travail.

« J’habite à un kilomètre de la frontière entre Gaza et Israël, » explique-t-il, « alors je fais des allers et retours. Parfois je vais aussi courir le long de la mer. »

Ce n’est pas la première fois qu’Israël refuse aux sportifs palestiniens le droit de passage entre Gaza et la Cisjordanie. L’équipe de foot palestinienne ne peut s’entrainer pour les mêmes raisons et la FIFA a menacé Israël d’exclusion si les conditions d’entrainement des joueurs ne s’amélioraient pas d’ici la fin de l’été.