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Qu’espèrent les Chrétiens Palestiniens de la visite du Pape ?

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21 mai 2014
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Qu’espèrent les Chrétiens Palestiniens de la visite du Pape ?
Barrières de sécurité érigées dans la vieille ville de Jérusalem ©Nadim Asfour/CTS

A quelques jours de la venue du pape, le patriarcat latin a organisé une conférence sur la situation des Chrétiens Palestiniens afin de présenter la condition de cette communauté et les enjeux auxquels elle est confrontée.


(Jérusalem/A.P.P) – Dix jours avant le pèlerinage du pape François en Terre Sainte prévue du 24 au 26 mai, le patriarcat latin de Jérusalem a organisé une conférence de presse sur les chrétiens Palestiniens. Des spécialistes locaux souhaitaient faire un point sur la condition des chrétiens ici aujourd’hui. En plus de proposer des chiffres précis sur l’état socio-économique de la communauté, les intervenants se sont attachés à décrire les souffrances liées à l’occupation israélienne et les attentes de la communauté avant la visite de Sa Sainteté le Pape.

Le Patriarche émérite de Jérusalem Mgr Michel Sabbah a expliqué les restrictions de mouvements imposées aux Palestiniens par l’occupation israélienne qui entravent la liberté de culte. « J’ai le droit de me rendre à Jérusalem, comme n’importe qui dans ce monde. Jésus était palestinien ! » a-t-il annoncé dès l’ouverture de la conférence.

Affirmant par ailleurs qu’il n’avait rien contre l’état d’Israël, Mgr Sabbah a vivement critiqué l’occupation israélienne et ses manquements aux droits fondamentaux de la personne humaine. Le mur de séparation empêche par exemple la majorité des chrétiens de se rendre sur les lieux saints de Jérusalem. La liberté de religion et de culte se heurte aux exigences sécuritaires des israéliens, et le patriarche émérite a insisté sur « le besoin de faire coïncider les deux, l’un ne devant pas se soumettre à l’autre. »

La venue du Pape offre un nouvel éclairage sur ce problème. Pour des raisons de sécurité, le pape visitera une Jérusalem fantôme. Les habitants seront en effet soumis à un couvre-feu imposé par les autorités israéliennes. Les habitants du quartier chrétien auront donc interdiction d’accueillir le Saint Père dans leur propre ville.

Le dimanche matin, une messe sera célébrée à Bethléem pour les chrétiens. Malheureusement, Fr. Jamal Khader, le porte parole de la visite papale a regretté pendant la conférence que seuls 9000 personnes puissent y assister grâce à des billets distribués en nombre limité dans les paroisses de Terre Sainte (Israël et Palestine). La messe dominicale qui sera au cœur du voyage pontificale est célébrée pour tout le diocèse qui inclut la Palestine, la Jordanie et Israël. Mais les chrétiens de Jordanie auront la joie de célebrer une autre messe dans le stade de Amman le 24.

Malgré ces restrictions, le pape François rencontrera quelques fidèles lors du repas de dimanche midi. Plusieurs familles partageront ce moment privilégié avec le Saint Père, dont une venue spécialement de Gaza pour l’occasion. A Gaza, d’autres chrétiens espèrent encore recevoir une autorisation spéciale pour faire le voyage jusqu’en Cisjordanie, mais rien n’est confirmé à ce jour.

Les intervenants de la conférence ont aussi débattus du rôle du pape alors même que les négociations de paix arrivent à une impasse. Fr. Jamal Khader a insisté sur le fait que cette visite était un événement historique et que le pape apporterait un message de paix, d’encouragement et d’espoir alors même que l’État israélien annonçait encore de nouvelles colonies.

Si certains étaient réservés sur la marge de manœuvre du pape quant à la condamnation de l’occupation israélienne, d’autres se sont exprimés plus fermement à ce sujet. Mme Hind Khoury, représentante du Centre Œcuménique de Théologie et de Libération Sabeel, a ainsi insisté sur le fait qu’il incombait au pape de s’exprimer clairement contre l’injustice et la violence. Selon elle, ces convictions sont au cœur du mandat papal et il est nécessaire de prendre position dans un conflit aussi inégal que le conflit israélo-palestinien.

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