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Pour l’Australie, Jérusalem-Est n’est plus « occupée »

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9 juin 2014
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Pour l’Australie, Jérusalem-Est n’est plus « occupée »
Le premier Ministre australien Tony Abbott avec le premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu à Davos en janvier 2014. Photo © Kobi Gideon/GPO/Flash 90.

Le gouvernement australien a pris la décision de supprimer le terme « occupée » pour qualifier Jérusalem-Est. Une décision, qui, si elle a été saluée par l’Etat hébreu, n’a pas été du goût de l’Autorité palestinienne. Cette dernière menace notamment d’exhorter les membres de la ligue arabe et de la Conférence islamique de réexaminer leurs relations avec l’ex Nouvelle Hollande, si celle-ci ne revient pas sur ses positions.


(Jérusalem/MMLV) – Dans un communiqué publié le 5 juin dernier, le gouvernement australien a appuyé les propos récents de son procureur général (équivalent du Ministre de la justice dans l’ex Nouvelle-Hollande), Georges Brandis. Il avait qualifié, la semaine le terme « occupée » de « péjoratif, inapproprié et inutile », dans le cas de Jérusalem-Est. Le gouvernement Abbott (du nom du Premier Ministre), a donc officiellement supprimé cette appellation pour parler des implantations israéliennes à l‘Est de la ville sainte.

Au nom de Julie Bishop, ministre des Affaires étrangères, monsieur Brandis avait déclaré la semaine dernière au Sénat : « Des territoires faisant l’objet de négociations ne devraient pas être décrits dans un langage chargé d’un jugement de valeur négatif », Des propos qui ont immédiatement donné lieu à une vive discussion au sein de l’hémicycle. Cette suppression conférant, selon certains sénateurs, à Canberra, une position clairement pro-israélienne.

Et si cette initiative a été largement saluée par le premier, elle n’a pas spécialement été du goût des seconds…

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman a salué « l’honnêteté » et « l’intégrité » du gouvernement Abott dans la gestion du conflit entre Israël et les palestiniens. « La position australienne résulte d’un examen sérieux de la question. En cessant d’associer le terme « occupée » à Jérusalem-Est, il évite la position populiste, et ne tente pas de flatter ou de courtiser les forces islamiques extrémistes », a-t-il déclaré ; avant d’ajouter que d’autres pays feraient bien de « découvrir la bravoure et l’honnêteté dont l’Australie a fait preuve ». Il a tenu à préciser que les implantations appartenaient à l’histoire juive depuis des milliers d’années et n’avaient jamais fait partie d’un Etat palestinien, ce dernier n’ayant selon lui, jamais existé.

La nouvelle n’a pas reçu le même accueil de l’autre côté. Et la réaction de  l’homologue palestinien de monsieur Liberman ne s’est pas fait attendre. Ryad Al-Malki a déclaré être inquiet des remarques de monsieur Brandis et de la position prise par le gouvernement australien.  « Nous demandons à Canberra de donner sa position officielle sur la question dans les jours à venir », a déclaré le Ministre dans un communiqué. Il en a profité pour inviter le représentant australien auprès de l’autorité palestinienne, Thomas Wilson, à venir le rencontrer pour clarifier la position de son pays.

Si l’Australie reste sur cette décision que l’autorité palestinienne qualifie de « changement radical, honteux et scandaleux », les conséquences pourraient s’avérer désastreuses pour la politique australienne. Dans une lettre adressée à Julie Bishop en personne, le chef des négociations avec Israël, Saeb Erekat a en effet menacé d’exhorter tous les membres de la Ligue Arabe et de la Conférence islamique de réexaminer leurs relations avec le gouvernement australien. « Le terme occupation reflète un fait juridique basé sur les résolutions onusiennes », a écrit monsieur Erekat. « Ce changement démontre que l’Australie n’entend pas respecter son engagement en vertu du droit international de ne pas reconnaître la souveraineté israélienne sur toute partie du territoire palestinien occupé par Israël en 1967, y compris Jérusalem-Est ». En effet, le droit international considère à ce jour comme illégale, la colonisation des territoires arabes.

Canberra se défend de toute prise de position dans le conflit israélo-palestinien. Et justifie la suppression du terme « occupé » par un élan pacifique. « L’Australie reconnaît à Israël le droit d’exister en paix au sein de frontières sûres, et reconnaît aussi l’aspiration des Palestiniens à avoir leur propre Etat », a affirmé le Ministre australien de la Justice, Stephen Gageler.

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