Terresainte.net - Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible.
Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Mourabitoun: gardiens ou mercenaires ?

Terresainte.net
22 septembre 2015
email whatsapp whatsapp facebook twitter version imprimable
Mourabitoun: gardiens ou mercenaires ?
Des femmes brandissant le Coran dans la vieille ville de Jérusalem, cherchant à dissuader les juifs d'entrer sur l'esplanade © Hadas Parush/Flash90

La sécurité israélienne les tient pour responsables des violences sur et autour du Mont du Temple. Elles se voient comme les gardiennes du Haram -Al-Sharif, le noble sanctuaire, troisième lieu saint de l’islam. Les organisations « ;Mourabitoun » et « Mourabitat » ont été déclarés illégales le 7 septembre mais les tensions autour de cet espace que judaïsme et islam tiennent pour saint sans pouvoir ni vouloir le partager demeurent.


(Jérusalem/NH) – « L’activité des groupes Mourabitoun et Mourabitat constitue une figure centrale dans tensions et de violences sur le Mont du Temple et à Jérusalem », a déclaré Moshe Ya’alon, le ministre israélien de la Défense. « Leur but est de saper l’autorité israélienne sur le Mont du Temple. […] Leur activité met en danger les touristes, les visiteurs et les fidèles du site ».

Ces gardiens, connus en arabe comme les Mourabitoun au masculin pluriel et Mourabitat féminin pluriel, sont des sentinelles des esplanades des Mosquées. Ils se définissent comme des volontaires musulmans qui campent sur l’Esplanade pour monter la garde. Selon eux, ils protègent le troisième lieu le plus saint de l’islam contre les colons et les extrémistes juifs.

Le mouvement des Mourabitoun a été déclaré illégal le 7 septembre dernier. Selon les autorités israéliennes, il serait soutenu par un mouvement islamiste en Israël. Selon le rabbin Chaïm Richman, directeur international de l’Institut du Temple, les Mourabitoun « sont des mercenaires payés. Ils reçoivent un salaire mensuel de groupes extrémistes islamistes, et leur but est de décourager les visiteurs juifs. Ils les raillent, les abreuves d’insultes et parfois les abusent physiquement. »

Mais l’esplanade des mosquées d’aujourd’hui est à l’emplacement du Temple juif incendié en 70 de l’ère chrétienne par Titus et détruit par Hadrien en 135. Certains juifs religieux souhaiteraient voir le statu quo de 1967 modifié leur permettant dans un premier temps de pouvoir prier au plus près de l’endroit où s’élevait le Saint des saints .  (sur ce sujet voir notre article : Prière polémique: Pourquoi un juif peut-il désirer prier sur l’esplanade?) Ensuite, beaucoup voudraient pouvoir reconstruire le troisième temple.

Le statu quo est ainsi régulièrement défié. Ces tentatives ont augmenté les craintes palestiniennes d’un plan israélien qui affirmerait sa souveraineté sur le site, ou encore contribuerait à le diviser. Comme c’est déjà le cas à l’al-Haram al-Ibrahimi, le lieu saint d’Abraham à Hébron, depuis 1994 et l’attaque terroriste de Baruch Goldstein qui tua 29 Palestiniens au cours d’une prière du vendredi.

« Le Mont du Temple est un déclencheur », a déclaré Avi Biton, chef de l’unité de la police israélienne dans la vieille Ville de Jérusalem. « Il est au cœur du conflit, et au cours des dernières années, nous avons vu une augmentation des juifs religieux qui veulent visiter le lieu, ce qui provoque des émotions fortes parmi les musulmans. »

Souvent de petits groupes de juifs portant la kippa se promènent sur l’esplanade entouré par une foule de paramilitaires israéliens armés. Les gardes de sécurité musulmans nommés par le Waqf islamique, et non les Mourabitoun, gardent un œil vigilant. Ces scènes rappellent la visite de l’ex-Premier ministre israélien Ariel Sharon en 2000 sur l’esplanade. Visite qui déclencha la deuxième Intifada.

Ces derniers jours, ces visites ont donné lieu à de violents affrontements entre la police israélienne, les juifs religieux et les fidèles palestiniens de la mosquée Al-Aqsa. Chacun accusant l’autre de provocations. Des dizaines de Palestiniens ont été blessés et l’intérieur de la mosquée a été endommagé tandis que la police israélienne faisait usage de grenades assourdissantes, de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène.

Le fort déploiement de sécurité à l’occasion des fêtes juives de Kippour et musulman de l’Aïd al-Adha réussira-t-il à éviter l’affrontement ?

D’un côté le Cheikh Omar Kiswani, directeur de la mosquée a déclaré : « Nous rejetons totalement cette décision d’interdire le Mourabitoun d’al-Aqsa ». Il a poursuivi :  « Chaque fidèle est un garde islamique, et tous ont le droit de venir ici. »  D’un autre côté, dans le sillage de leur célébration de Rosh Hashanah, des colons juifs ont appelé à l’assaut de l’esplanade.

La guerre des lieux saints ne fait que commencer.

Feuilletez un numéro au format PDF

Découvrez le magazine au format papierCliquez ici

La Newsletter

Abonnez-vous à la newsletter hebdomadaire

Cliquez ici