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Le pape appelle au respect du statu quo de Jérusalem

Christophe Lafontaine
24 octobre 2017
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Le pape appelle au respect du statu quo de Jérusalem
Le pape François et le patriarche Théophilos III de Jérusalem lors de leur entretien à Rome du lundi 23 octobre 2017 ©Facebook du patriarcat grec orthodoxe

Le pape  a reçu le 23 octobre 2017 au Vatican le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem. L’occasion pour le Saint-Père de défendre  le « statu quo » de Jérusalem et d’appeler à l’unité des chrétiens en Terre Sainte.


« Toute forme de violence, de discrimination ou manifestations d’intolérance contre des fidèles juifs, chrétiens ou musulmans, ou contre des lieux de culte, doit être rejetée avec fermeté », a déclaré le pape ce lundi 23 octobre 2017. Le souverain pontife faisait référence directement au « statu quo » de Jérusalem en recevant au Vatican le Patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Theophilos III. Le « statu quo » est l’ensemble des principes qui régissent les Lieux Saints dans la Vieille Ville de Jérusalem. A ce titre, eu égard aux récents événements survenus sur l’Esplanade des Mosquées (Mont du Temple) cet été, et, en écho aux récentes déclarations (en juillet et septembre) des 13 Eglises chrétiennes de Jérusalem condamnant vigoureusement les tentatives « systématiques » d’Israël « d’affaiblir la présence chrétienne » à Jérusalem, le pape a rappelé que « la ville sainte, dont le statu quo doit être défendu et préservé, devrait être un endroit où tous peuvent vivre ensemble en paix, sinon la spirale sans fin de la souffrance continuera pour tous

Le patriarche Theophilos III est en visite à Rome du 22 au 25 octobre et avait déjà rencontré le Saint-Père à deux reprises : au mois de mai 2014 lors de son pèlerinage en Terre Sainte puis quelques semaines plus tard dans les jardins du Vatican à l’occasion de la cérémonie d’invocation de la paix en Terre Sainte. Devant lui, le Saint-Père a voulu renouveler sa « proximité avec tous ceux qui souffrent des conflits qui sévissent depuis des décennies en Terre Sainte. » Il a pointé du doigt « l’incertitude de la situation et le manque de compréhension entre les parties » qui, souligne-t-il, « continuent de créer insécurité, restriction des droits fondamentaux et fuite d’un grand nombre de personnes de leurs terres. »

Appel  à l’unité des chrétiens de la Terre Sainte

Malgré le contexte, le pape lors de son audience avec le patriarche a formulé l’espoir que les différentes communautés chrétiennes vivant en Terre sainte « continuent à être reconnues comme une partie intégrale de la société, comme citoyens et croyants à part entière ». En souhaitant que les chrétiens « continuent à apporter leur contribution au bien commun et à la construction de la paix, et s’engagent à être des artisans de réconciliation et de concorde. » Mais, à une condition. L’apport des chrétiens à la société sera d’autant plus efficace s’il « existe une harmonie entre les différentes Eglises de la région. » Et le pape de les appeler à continuer à « progresser sur la voie de la pleine unité » et à renforcer leur coopération « pour soutenir les familles chrétiennes et les jeunes, afin qu’ils ne soient pas forcés à quitter leurs terres. » Et ce, malgré « les blessures du passé », « les manquements graves à la charité » et les difficultés du présent. Ne pas tendre aujourd’hui à la réconciliation serait « une faute plus grave encore » (ndlr : que les fautes du passé), a t-il ajouté. A cette fin, le Pape argentin a salué le dialogue théologique entre catholiques et orthodoxes auquel contribue activement le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, et qui est « signe d’espérance ». Dans la même perspective, le pape n’avait pas manqué, au début de sa déclaration, d’exprimer sa joie que le Patriarcat grec -orthodoxe de Jérusalem, le Patriarcat arménien de Jérusalem et la Custodie franciscaine de Terre Sainte aient travaillé ensemble dans l’harmonie sur le projet de restauration de l’édicule du Saint-Sépulcre à Jérusalem comme de la basilique de la Nativité à Bethléem.

La rencontre s’est poursuivie par la récitation d’un Notre-Père, prière œcuménique par excellence.

Theophilos III était accompagné d’une délégation de trois personnes dont l’archevêque Aristarchos, chef du secrétariat du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem. Au cours de son séjour à Rome, la délégation devait rencontrer aussi le cardinal Kurt Koch, président du dicastère pour l’unité des chrétiens, et le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Theophilos III devait aussi rencontrer le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les Etats après sa visite chez le pape. Pour mémoire, le patriarche est au cœur d’un contentieux immobilier entre Israéliens et Palestiniens à Jérusalem. Le Patriarcat, deuxième propriétaire foncier en Israël, est régulièrement critiqué par les Palestiniens d’avoir vendus des biens fonciers à l’Etat hébreu. Irénée Ier, le prédécesseur de Théophile III, a d’ailleurs été amené à la démission en 2005, accusé d’avoir contracté la vente de bâtiments historiques à Israël, dans des conditions illégales.

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