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Églises de Jérusalem : unité face à l’acquisition de propriétés chrétiennes

Guillaume Genet
11 juillet 2019
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Églises de Jérusalem : unité face à l’acquisition de propriétés chrétiennes
Les représentants des Églises de Terre Sainte réunis devant l'Imperial Hotel manifestent leur opposition face à l'acquisition supposément frauduleuse de biens immobiliers chrétiens © Yonatan Sindel/Flash90

C'est en priant ensemble que les chefs des Églises de Terre Sainte ont protesté contre la résolution de la Cour suprême israélienne sur la vente de propriétés dans le quartier chrétien de Jérusalem. A cette occasion, le patriarche grec-orthodoxe a annoncé pour septembre 2019 la création d'une grande "Journée internationale de prière pour la communauté chrétienne et son quartier à Jérusalem".


« Nous sommes ici debout, à Porte de Jaffa, au cœur du quartier chrétien. Nous sommes ici pour prier pour notre ville bien-aimée. Nous sommes debout, comme des disciples fidèles du Christ, sur le lieu de sa Passion« . C’est par ces mots que Theophilos III a débuté sa prière ce jeudi 11 juillet, au pied de l’Impérial Hotel. À l’appel du patriarche grec-orthodoxe, la plupart des communautés chrétiennes de Jérusalem étaient présentes à l’occasion d’un rassemblement qui avait pour but de contester la décision de la Cour suprême d’Israël. Le 10 juin dernier, l’instance avait validé la vente de propriétés de l’Église grecque-orthodoxe dans la vielle ville de Jérusalem, suscitant des craintes concernant le quartier chrétien et son accessibilité. Car les acheteurs de ces biens ne sont autres qu’Ateret Cohanim, une association juive nationaliste désireuse via le rachat de maisons palestiniennes de « judäiser » la vieille ville et d’en réduire la présence de non-juifs. L’organisation aurait acheté les propriétés par le biais de transactions osbscures et supposées frauduleuses. Face au risque de voir ces biens fonciers tomber aux mains de l’association, les chefs des Églises de Jérusalem se sont ainsi rendus devant deux des trois propriétés concernées – l’Imperial Hotel et le Petra Hotel – pour manifester leur désapprobation du jugement. « Nous refusons de laisser des groupes radicaux diluer l’intégrité et le caractère du quartier chrétien de Jérusalem » a déclaré Theophilos III, ajoutant que les chefs des communautés chrétiennes ne « resteront pas silencieux« . Le patriarche grec-orthodoxe a demandé à ce que soit respectée la loi en insistant sur les mesures légitimes que pourraient prendre les Églises pour lutter contre la confiscation de biens ou les expulsions illégales des locataires. Celui qui succéda à Irénée Ier à la tête de l’Église grec orthodoxe a rappelé l’importance de la préservation du Status Quo à Jérusalem et du rôle capital des Églises de Terre Sainte dans l’épanouissement de toutes les différentes communautés au sein de la vieille ville. Le patriarche a également tenu à remercier l’ensemble des représentants de ces Églises pour leur solidarité, précisant que toutes partageaient des croyances et un destin commun. Parmi eux, on pouvait compter la présence de la communauté latine, avec le Père Custode Francesco Patton accompagné de son vicaire évêque, du secrétaire de la Custodie et du père Ibrahim Faltas, avec Mgr Marcuzzo, auxiliaire du patriarcat latin ; mais aussi des communautés anglicane, luthérienne, éthiopienne, melkite, ou encore maronite. Tour à tour des prières ont été récitées par les différentes confessions, face aux deux édifices, invitant à la paix à Jérusalem et en Terre Sainte.

Journée internationale de prière

Les chefs des Églises se sont ensuite retrouvés dans l’Imperial Hotel pour échanger sur la question de la vente des propriétés et de leur avenir commun. Un des propriétaires de l’établissement, M. Dajani, a tenu à saluer la solidarité dont les Églises ont fait preuve et le soutien apporté par le roi de Jordanie Abdallah II, et le Président palestinien Mahmoud Abbas. Mgr Marcuzzo a lu un message de Mgr Sabbah, patriarche émérite de Jérusalem, dénonçant les pratiques économiques qui ont conduit à l’affaire, faisant référence à un épisode biblique bien connu « Vente de propriétés, négociation et argent ! Le prophète Isaïe et Jésus-Christ disaient aussi aux marchands du temple : la maison de mon Père est une maison de prière« . Le message mentionnait également qu’au regard de la loi Dieu, celle des hommes et de l’immobilier ne valait pas grand-chose et il mettait en garde contre l’injustice que ces transactions représentaient, pouvant être cause de « conflits » et « d’effusion de sang« . Par extension, Mgr Sabbah dans ce texte soulevait la question des déplacements humains que pourrait causer le changement de propriétaires des deux édifices en expliquant que le remplacement de la population jérusalémite était une « attaque à la sainteté de la ville« . « Jérusalem a besoin de voir Dieu. Les gens de Jérusalem ont besoin de voir Dieu. Voir la face de Dieu ainsi que la prière sincère sont les seuls « commerces profitables » qui existent à Jérusalem » affirme le message.

La grande annonce de la journée a, elle, été formulée par Theophilos III qui a annoncé pour le mois de septembre 2019 la création d’une grande « Journée internationale de prière pour la communauté chrétienne et son quartier à Jérusalem ». Le patriarche a invité les chrétiens du monde entier à se joindre à cette prière en se déclarant impatient de pouvoir « accueillir des dirigeants chrétiens et des fidèles du monde entier » à cette occasion. « Nous continuons notre combat pour préserver et protéger la communauté chrétienne ici en Terre Sainte« . Une initiative œcuménique bien venue face à la pression grandissante des possibles cessions immobilières à un des endroits stratégiques du quartier chrétien.

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