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Théophilos III chez Trump à la défense de la communauté chrétienne

Rédaction
5 juin 2026
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©Maison Blanche

Le patriarche Théophile III a fait le voyage de Washington pour discuter avec le président américain Donald Trump de la sauvegarde de la présence chrétienne. Une visite commentée en Israël.


Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Theophilos III, a rencontré le président américain Donald Trump à Washington le 4 juin. Selon le communiqué officiel du Patriarcat grec-orthodoxe, cette visite avait pour objectif de défendre la présence chrétienne au Proche-Orient, la liberté de culte et l’accès aux lieux saints.

Il a aussi mentionné « la mission pastorale de l’Église, axée sur la miséricorde et la construction de la paix » et invité le président Trump à se rendre sur le site du baptême du Christ en Jordanie. Il se murmure que l’ambassade des États-Unis en Israël étudie en effet la possibilité d’un voyage officiel du président en Israël au mois de septembre.

Le patriarche a également remis au président américain la Grand-Croix de l’Ordre du Saint-Sépulcre, l’une des plus hautes distinctions accordées par le Patriarcat de Jérusalem. Le geste est hautement symbolique. Il intervient alors que les Églises de Terre sainte dénoncent depuis plusieurs années les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les chrétiens de la région : restrictions d’accès aux lieux saints, violences contre des religieux, pressions liées aux conflits et fragilisation continue des communautés chrétiennes locales.

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Dans son communiqué, le Patriarcat souligne que les discussions ont porté sur la préservation du « statu quo » des lieux saints, la défense de la dignité humaine et la promotion de la paix. Sa Béatitude Théophilos III a notamment évoqué les restrictions ayant affecté récemment l’accès à la mosquée Al-Aqsa et à l’église du Saint-Sépulcre, ainsi que les difficultés rencontrées par les fidèles musulmans et chrétiens pour pratiquer leur culte. Il a également salué le rôle du roi Abdullah II dans la protection des lieux saints et de la présence chrétienne en Terre sainte.

Une lecture israélienne centrée sur les tensions récentes

La presse israélienne a largement relayé la rencontre, mais avec un angle différent de celui du communiqué officiel.

Le quotidien Haaretz a insisté sur le contexte de tensions entre les autorités israéliennes et les Églises. Le journal rappelle plusieurs incidents qui ont suscité une vive émotion dans le monde chrétien : les restrictions imposées lors des célébrations du dimanche des Rameaux en mars 2026, l’attaque ayant touché l’église de la Sainte-Famille à Gaza en juillet 2025 ou encore l’incendie survenu près de l’église du Khader (saint-Georges) à Taybeh. Pour le quotidien, la démarche du patriarche s’inscrit dans un climat de préoccupation croissante concernant la sécurité et la liberté religieuse des chrétiens au Moyen-Orient.

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Le site Ynetnews met surtout l’accent sur le rôle historique du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, gardien de nombreux lieux saints chrétiens, ainsi que sur la dimension internationale du voyage du patriarche, présenté comme une figure majeure de l’orthodoxie mondiale.

De son côté, The Times of Israel retient principalement l’appel adressé à Donald Trump pour garantir l’accès aux lieux saints et protéger les communautés chrétiennes. Le média souligne lui aussi les controverses récentes liées aux restrictions imposées pendant la guerre avec l’Iran et les incidents visant des chrétiens à Jérusalem.

Une distinction qui interroge

Au-delà des commentaires de la presse, la remise de la plus haute distinction du Patriarcat à Donald Trump suscite aussi des interrogations parmi certains chrétiens palestiniens.

L’un d’eux a exprimé publiquement son malaise dans un court texte diffusé après la rencontre. Sans remettre en cause la légitimité des relations diplomatiques du Patriarcat, il rappelle que les distinctions honorifiques ne sont jamais neutres. « Les honneurs ont une profonde valeur symbolique », écrit-il. Ils expriment non seulement les personnes que l’on choisit d’honorer, mais aussi les valeurs que l’on souhaite mettre en avant.

Dans le contexte actuel de guerre et de souffrances humaines, ce chrétien palestinien pose une question simple : les plus hautes distinctions doivent-elles récompenser le pouvoir et l’influence, ou bien la défense de la justice, de la dignité humaine et de la paix ? Il conclut en citant les Béatitudes : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).

Cette interrogation illustre le délicat équilibre auquel sont confrontées les Églises de Jérusalem. Soucieuses de dialoguer avec les responsables politiques capables d’influencer le destin des chrétiens en Orient, elles doivent également répondre aux attentes de fidèles marqués par la guerre et par une situation régionale toujours plus fragile.

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