
Les évêques de la Coordination-Terre Sainte livrent un constat sévère sur la situation qu’ils ont trouvée lors de leur visite annuelle. Ils appellent la communauté internationale à agir pour la justice et la paix.
« Notre pèlerinage s’est déroulé dans une terre où les populations souffrent de traumatismes. » D’emblée, le ton est donné. Du 17 au 21 janvier 2026, les membres de la Coordination-Terre Sainte ont parcouru Israël et les Territoires palestiniens pour une mission d’écoute et de solidarité. Leur communiqué final, publié à l’issue de cette visite, dresse le portrait d’une région profondément blessée.
Les évêques commencent par évoquer leur rencontre avec des communautés bédouines de Cisjordanie, vivant « à la marge de la société », dont les déplacements sont « lourdement restreints par des colonies en expansion rapide ». Ils rapportent des « attaques de colons israéliens », une « violence et une intimidation continues », des « vols de bétail » et des « démolitions de maisons » qui laissent les habitants dans la peur permanente. À la question de savoir qui voit leur détresse, la réponse reçue est glaçante : « Personne ne nous voit ».
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Un cri que nombre de chrétiens poussent en silence. Dans Taybeh, la seule ville entièrement chrétienne de Palestine, les membres de la délégation entendent des récits semblables : « attaques incessantes de colons extrémistes », « arrachage des oliviers », « confiscation des terres » et « actes d’intimidation qui rendent la vie quotidienne insupportable » et « poussent beaucoup à l’émigration ».

Le constat s’élargit ensuite à l’ensemble de la région. « En douze mois, la Terre promise est diminuée et mise à l’épreuve », écrivent-ils. Gaza est décrite comme « une crise humanitaire catastrophique ». En Cisjordanie, les personnes rencontrées sont « démoralisées et craintives ». Les évêques s’inquiètent aussi pour « les voix israéliennes courageuses qui parlent de droits humains et civils », aujourd’hui « de plus en plus menacées », au point qu’ils redoutent qu’« elles aussi soient bientôt réduites au silence ».
Face à cette situation, les membres de la Coordination rappellent leur responsabilité chrétienne : « Donner une voix à ceux qui n’en ont pas et témoigner de leur dignité, afin que le monde connaisse leur souffrance et soit poussé à défendre la justice et la compassion ».
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Le communiqué dénonce explicitement la politique de colonisation. « Les colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, continuent de s’étendre en s’appropriant la terre d’autrui. » Et de regretter qu’à la place de l’égalité des droits s’installe « un système où la dignité et la protection dépendent du statut civil ».
Dans un passage central, les évêques affirment : « Nous reconnaissons le droit d’Israël à exister et celui des Israéliens à vivre en paix et en sécurité », mais ils appellent « avec la même force » à ce que « ces mêmes droits soient garantis à tous ceux qui sont enracinés dans cette terre ». Ils espèrent que « les efforts de paix prévaudront sur la violence » et demandent qu’il n’y ait « plus d’actes de terrorisme ni de guerre ». Ils exhortent enfin les gouvernements à « faire pression sur Israël pour qu’il respecte l’ordre international fondé sur des règles » et à « relancer des négociations significatives vers une solution à deux États ».

Au fil de leur pèlerinage, les évêques disent avoir été « profondément touchés par la foi et la persévérance des chrétiens locaux » ainsi que par « des personnes d’autres confessions qui s’efforcent de maintenir l’espérance de leurs communautés ». Ils rendent hommage à « ces voix juives et palestiniennes » qui continuent de « défendre la justice, le dialogue et la réconciliation » malgré leurs propres traumatismes.
Parmi les témoignages les plus marquants figure celui de parents ayant perdu un enfant dans le conflit. « Quand un père ou une mère supplie pour que cesse la violence, le monde doit écouter – et agir », écrivent-ils.
En conclusion, les signataires lancent un appel solennel : « Le peuple de Terre Sainte crie vers nous pour obtenir notre aide et nos prières. Il aspire à la fin de ses souffrances. Tenez-vous à ses côtés. Reconnaissez son appel à la dignité. » Et de reprendre l’invitation du patriarche latin de Jérusalem à venir en pèlerinage « comme signe d’amour, de soutien et de solidarité ».
En quittant la région, affirment-ils, ils le font « le cœur rempli de compassion pour ceux qui souffrent et inspirés par ceux qui, par leur quête de justice, maintiennent vivante l’espérance de la paix ».



